• CA y est !!! toute la presse  s’acharne sur Roland Dumas ..Mais la presse oubli ..   "quand même" comme dit Valls ..

    Dumas reporte ce que a dit Valls sur Youtube que tout le monde a entendus, avec hargne et méchanceté ,jusqu’à aujourd'hui , sauf qui a crée une frayeur général auprès des médias ou eux même ce voilent la face .Et depuis l'affaire Charlie tout part en destruction que cela soit cimetière ou autre ..Et Valls et Hollande ne fait que aggravé la situation depuis qu'ils sont au pouvoirs ..Depuis cette marche ,tout s'aggrave encore plus dans la situation de tout les Français ..

    L'ancien ministre (PS) des Affaires étrangères a estimé sur RMC et BFMTV que Manuel Valls était «probablement» sous influence juive.


    Valls sous influence juive? "Probablement, je... par BFMTV

     

    Monsieur Valls ...Par votre immigratoinisme effréné, vous avez nourri
    l'islamisme et l'antisémitisme, M.Valls! Les Patriotes mettent en garde les UMPS depuis trente ans, mais leur diagnostic a été méprisé. La France doit faire face, aujourd'hui, aux conséquences de vos politiques immigrationnistes inconséquentes. Il est trop tard, mais il faut choisir, d'urgence, choisir certaine solutions ..A défaut, vous irez faire le pitre devant des cercueils chaque mois qui vient, tentant vainement de faire regrimper votre côte de impopularité ..Quelle est la nuance entre Juifs de France ou Français juifs ?? Pourrait-on dire Catholiques de France ?? Ou Musulmans de France ?? La réponse est oui , mais Athées de France ? Plutôt. Bizarre Français catholiques ou Français juifs ou Français musulmans ou Français athées , on peut . En fait cela veut dire que la communauté des athées n'existe pas , on dit plutôt libre penseurs pour se mettre en groupe , et que selon les circonstances on va mettre en avant la religion ou le pays ou avant le pays . Dans les circonstances actuelles que vaut-il mieux dire , Juifs de France ou Français juifs ? Ou Français tout court au lieu de pavané sur les mots ..La France est la France avec un drapeau tricolore monsieur Valls ,vous faites et divisé les Français car vous ne vous considéré pas et représente pas tout le peuple Français dans son ensemble.. Et de cela les Urnes parlerons d'eux même ...


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  • L’histoire oubliée des caricatures de Charlie Hebdo ...

    L’histoire oubliée des caricatures de Charlie Hebdo

    Causeur. Daniel Leconte, vous êtes le réalisateur et le producteur de C’est dur d’être aimé par des cons, et vous, Philippe Val, celui par qui le scandale, donc le film, est arrivé : vous dirigiez alorsCharlie Hebdo et c’est vous qui avez décidé de publier les caricatures de Mahomet. Beaucoup de gens se sont demandé pourquoi, dans la flopée de reportages, émissions, documentaires diffusés après les attentats, on n’a pas pu voir ce film à une heure de grande écoute.

    Daniel Leconte. Je m’interroge, effectivement, comme vous, et je m’interdis pour l’instant de tirer de mauvaises conclusions. Dès le 7 janvier, France 2 m’a demandé une priorité sur la diffusion du film. Mais le jour suivant, on m’a dit que certaines choses ne passaient plus aujourd’hui ; quand j’ai essayé de savoir lesquelles, on m’a répondu que la Mosquée de Paris et la médiation musulmane de Paris, qui avaient porté plainte contre Charlie en 2006, n’étaient pas sur la même position aujourd’hui. Je ne dis pas que cet argument n’est pas recevable en soi, mais il aurait suffi d’organiser des plateaux pour contextualiser le film et décrypter ce qui s’est passé depuis. La vraie raison de ce refus est la gêne qu’ils ont à reconnaître que tout était déjà dit il y a neuf ans et qu’ils n’ont rien vu ou rien voulu voir. C’est humain mais tellement ordinaire.

    Philippe Val. Recevable ? C’est tout de même une façon de réviser l’histoire. Que l’on ait renoncé à diffuser ce film me paraît symptomatique de notre façon de faire l’info. On se contente de voir et de revoir la photo de ce qui vient d’arriver, mais on ne cherche pas une seconde à comprendre pourquoi c’est arrivé. L’explication se trouve évidemment dans l’histoire et l’histoire est dans le film de Daniel Leconte. Mais on préfère jeter des faits en pâture au public plutôt que de lui donner le recul historique nécessaire.

    D. L. Mais il y a des réactions beaucoup plus enthousiastes – et pas mal de retournements. Parmi les gens qui célèbrent aujourd’hui Charlie, beaucoup, au moment de la sortie du film, avaient mené une offensive extrêmement dure contre nous. Y compris dans le milieu du cinéma, avec des exploitants de salles qui avaient organisé le silence autour du film. Aujourd’hui, les mêmes diffusent une circulaire conseillant d’aller voir le film. Alors tant mieux s’ils ont compris avec le temps, mais enfin…

    Ph. V. C’est-à-dire qu’il a fallu dix-sept morts pour qu’un certain circuit de cinéma « devienne Charlie ». Et quand on leur disait que tout ce qu’on racontait pouvait finir par les atrocités que l’on a vues, ils étaient très remontés contre nous…

    Mais ils avaient le droit d’être contre les caricatures, cela les rend-il responsables des attentats ? Ce serait un comble d’interdire le désaccord pour défendre nos libertés. D’ailleurs, beaucoup de gens pensent toujours qu’il ne faut pas offenser les croyances des autres et les morts, les églises détruites après la parution du premier Charlie post-attentats ne vont pas les faire changer d’avis. Que répondez-vous à ceux qui disent que nous ne sommes pas les payeurs et que, dans un monde ouvert, la responsabilité devrait limiter notre liberté ?

    Ph. V. C’est une question bizarre ! Renonceriez-vous à dire ou à écrire des choses aussi banales que « la laïcité, ça sert à vivre ensemble » ou « les religions ne doivent pas imposer leurs réglementations dans les zones de vivre-ensemble des pays laïques », si on vous prévenait que vos propos ou écrits vont faire des morts ailleurs ? Non, tout simplement parce que cela signifierait renoncer à l’exercice de la raison. Et qu’on l’exerce avec des mots ou avec des caricatures, sérieusement ou en déconnant, au premier ou au second degré ne change rien à l’affaire. Nous avons mis des siècles à élaborer des systèmes de pensée, puis de gouvernement, fondés uniquement en raison, ce qui nous a permis de créer des sociétés où on peut vivre ensemble malgré nos différences. Et parce que des gens ne l’acceptent pas, il faudrait que nous y renoncions ? Mais renoncer à la raison, ce serait mourir !

    D. L. J’ajoute qu’après le 11 janvier, votre question est datée. Il s’est passé quelque chose d’énorme. Les Français ont dit « Non ». Ils ont donné tort à leurs « élites », et surtout à leurs « élites » médiatiques. Toutes proportions gardées, il y avait, dans l’ampleur et les motivations, quelque chose de comparable à la libération de Paris. Comme en 1944, les Français sont descendus pour honorer ceux des leurs « morts pour la France » et pour désavouer les « élites » qui les avaient trahis. Le 11 janvier, ils ont dit très calmement qu’ils refusaient de se laisser bander les yeux, parce qu’on avait touché à ce qui nous fait nous, les Français, et dans ce qu’on a de meilleur. Alors, on a essayé de nous enfermer dans ce débat sur la responsabilité, comme on l’avait déjà fait il y a neuf ans, pour nous faire taire Philippe, moi et tous ceux qui tentaient de dire la réalité des choses. Très vite, comme le soulignait Lanzmann après le 11septembre, certains médias se sont contentés de « génuflexion hâtive avant de revenir à leurs vieilles antiennes ». J’espère bien cette fois-ci que la diversion échouera.

    Une semaine après le 11 janvier, 42 % des personnes interrogées pour un sondage estimaient qu’il ne fallait pas critiquer les religions…

    D. L. Cela signifie que 58 % ont répondu le contraire…

    Ph. V. Dans une démocratie, c’est la majorité qui compte.

    De plus, il y a tous ces gens qui, dans les pays musulmans, comptent sur nous pour tenir.

    Ph. V. : Malheureusement nos « grands intellectuels » n’ont donné aucun écho au formidable texte signé par une soixantaine d’intellectuels laïques issus du monde musulman et publié par Le Monde. On devrait les aider, mais au déni de réalité, on ajoute le déni de responsabilité !

    Revenons au moment où tout a commencé. En septembre 2005, le journal danois Jyllands-Postenpublie des caricatures de Mahomet. Scandale planétaire, manifs, morts, attaques antichrétiennes. Philippe Val, comment avez-vous avez décidé de publier ces caricatures ?

    Ph. V. : Je ne trahis pas un secret, le soir du 1er février 2006 je dînais avec des confrères, patrons de journaux pour certains, lorsque la nouvelle est tombée : suite à la publication des caricatures du prophète de l’islam, le patron de France Soir, Jacques Lefranc, venait d’être licencié du jour au lendemain. J’ai dit à mes confrères : « On ne peut pas laisser virer ce type parce qu’il a fait son travail. C’est impossible. Il faut qu’on publie tous ensemble ces caricatures, comme ça le problème sera réglé. » Sur le moment, la plupart ont été d’accord. Le lendemain, je recevais des coups de fil. Serge July, deLibération, ne pouvait pas me suivre sur ce coup-là. Le patron de L’Obs de l’époque s’était mis toute sa rédaction à dos en leur soumettant l’idée. Bref, en quelques heures, la plupart des dominos sont tombés, sauf L’Express qui a publié un fac-similé des pages de Charlie Hebdo dans les siennes. Résultat, on est partis en danseuse devant le peloton et on s’est retrouvés tout seuls comme des cons.

    Pensez-vous que, si les autres avaient suivi, on aurait évité ce qui s’est passé ?

    Ph. V. Absolument ! Évidemment ! Un pays solidaire, la presse solidaire sur une valeur fondamentale, ça calme, c’est pédagogique, on aurait gagné sept ans… Et peut-être dix-sept morts. Je suis furieux ! Il y a la peine d’avoir perdu des personnes qu’on aimait et qui faisaient partie de nos vies, mais aussi la colère ! Si on n’avait pas traité la réalité avec un tel dédain, on n’en serait pas là aujourd’hui… Donc, j’ai proposé à la rédaction de Charlie de publier ces caricatures. Il faut comprendre que les dessinateurs ont une façon à eux de dire le monde, qui est le dessin, et qu’ils y tiennent beaucoup ! Les dessinateurs se sentaient très solidaires de leurs confrères danois et je n’ai pas eu de mal à les convaincre. Après, j’ai consulté la comptabilité, le standard… Parce que, tout de même, il y avait un danger physique ! Et tous m’ont dit : « On y va… On y va… » Et on y est allés.

    À ce moment-là, croyiez-vous vraiment à la réalité du danger ?

    Ph .V. Oui, parce qu’on avait énormément de menaces de mort. Tout le monde le savait. J’ai donc été placé sous protection immédiatement. Et je le suis toujours. Il y a même un type qui a été arrêté et qui a fait de la prison parce qu’il voulait m’assassiner. Mais j’ai aussi subi des pressions du pouvoir politique pour me faire renoncer. La veille de la publication, j’ai été convoqué à Matignon. J’ai envoyé mon directeur administratif. Ça ne m’intéressait pas de parler de ça avec Villepin. Après, Chirac m’a pourri sur les marches de l’Élysée, mais il a été aussitôt contredit par son ministre de l’Intérieur : Nicolas Sarkozy. Il y avait une fracture qui traversait aussi bien la droite et la gauche que le gouvernement. Et ça n’a pas beaucoup changé… Nous avons donc publié ces caricatures et il y a eu une audience en référé…

    Qui a attaqué ?

    Ph. V. Ils étaient trois : l’UOIF, une organisation d’inspiration wahhabite appelée la « Ligue islamique mondiale » et la Mosquée de Paris… Le recteur, Dalil Boubakeur, que je connais personnellement, était tout sauf chaud, il voyait plutôt en moi, traditionnellement, un allié qu’un ennemi. Les gens de l’UOIF, eux, avaient de bonnes raisons de me détester… Cela dit, tout ça n’aurait pas tenu si le président de la République n’avait pas poussé la Mosquée de Paris à attaquer… Chirac étant même allé jusqu’à proposer les services de son avocat, Francis Szpiner. Il faut savoir que huit jours plus tard, il partait en Arabie saoudite pour vendre des Mirage. S’il n’avait pas fait un geste pour se démarquer des caricatures, sa visite se serait déroulée dans une ambiance de plomb. Pour se refaire une virginité islamique, il fallait qu’il pousse au procès et qu’il le fasse savoir. Bref, ses motivations n’étaient pas seulement philosophiques ou civilisationnelles mais aussi commerciales et politiques.

    Daniel Leconte, vous avez décidé d’en faire un film. Vous sentiez que quelque chose de l’Histoire se jouait ?

    D. L. Oui. Pour moi, c’était la suite logique d’un long parcours commencé en Algérie au début des années 1980. Grâce à mes amis de l’opposition démocratique, j’ai eu la chance d’être alerté très tôt sur le danger islamiste, qui commençait à se manifester. Il y a eu une deuxième étape, très importante : en 1994, j’ai reçu Salman Rushdie sur mon plateau et, à l’époque, toute la gauche était là : Bourdieu, Derrida, Susan Sontag, Toni Morrison… ils étaient tous là !

    Vous parlez d’un autre temps… Parce que pas mal des héritiers de ces gens-là se situent plutôt dans le camp de « l’islamo-gauchisme »…

    D. L. : Oui, j’étais encore dans ma famille. Quand on recevait Rushdie, c’était au nom de cette idée d’une certaine gauche. Ensuite, il y a eu la guerre civile algérienne, je me suis senti très seul. Philippe et moi avons souvent cheminé ensemble. Je n’étais pas dans la confidence des caricatures, mais deux jours après la parution de Charlie, j’ai publié dans Libé un article intitulé : « Merci, Charlie ! » J’observais que les seuls, dans la presse française, qui avec France Soir et L’Express avaient tenu leur rang de journalistes, c’était eux. Ces caricaturistes avaient « pointé la plume dans la plaie », comme disait Albert Londres. J’ai alors proposé de remettre le prix Albert Londres à la rédaction de Charlie Hebdo. Et je réitère aujourd’hui ma demande pour les gens qui sont tombés… Philippe m’a contacté pour me remercier. C’est ainsi que nous avons pu vivre cette formidable aventure commune.

    Le montage financier a-t-il été facile ?

    D. L. Pas vraiment ! Quand j’ai démarré, toutes les chaînes auxquelles je me suis adressé ont dit non. Et vous seriez surpris de savoir lesquelles, parce qu’elles ont une très bonne réputation dans le landernau. Certains me disaient : « Mais tu es complètement dingue ! Tu veux qu’ils viennent mettre une bombe dans le hall ? » Et, au début, j’ai tourné tout seul, à mes frais et sans assurance de trouver un partenaire. Aussi, je ne remercierai jamais assez Canal et Rodolphe Belmer qui, dès qu’il a eu vent du projet, m’a dit : banco ! C’est grâce à lui que ce film s’est fait, qu’on a été en sélection officielle à Cannes et au festival de New York, et si aujourd’hui on peut voir le film à la télévision, c’est encore grâce à lui… Il a sauvé l’honneur de la télévision française.

    À l’époque, Richard Malka considérait que le simple fait qu‘un tel procès ait lieu constituait une menace à nos libertés, et c’est un peu l’ambiance du film. Aujourd’hui, on se dit qu’un procès, ça reste de bonne guerre… Après tout, c’est ça l’État de droit…

    Ph .V : Tout à fait. Faire un procès est une bonne manière de signifier son opposition. C’est mieux que de tirer dans le tas…

    D. L. Au départ, j’étais un peu comme tout le monde, je me disais : « Quand même, ils sont un peu dingues ! » Et je me souviens très bien d’avoir engueulé mon ami Szpiner: « Tu ne vas pas défendre les mecs qui attaquent la liberté d’expression ! » Après, je lui ai dit : « Finalement, c’est toi qui avais raison, même si c’était au départ pour de mauvaises raisons chiraquiennes, à l’arrivée, tu as canalisé dans un lieu démocratique une offense supposée qu’on faisait à ces gens-là, et tu leur as donné la possibilité de se défendre dans un cadre démocratique. » Le procès a permis d’exposer les arguments sur la place publique, de les confronter, et la République a tranché : elle a relaxé Charlie.

    Certes, mais elle n’a pas pour autant pris la mesure de la gravité du danger, ni progressé dans sa compréhension, et encore moins dans l’identification de ses ennemis. Parce que, tout de même, la Mosquée de Paris, ce n’est pas l’islamisme ! Qu’elle se soit lancée dans cette affaire pour satisfaire sa base aurait dû nous faire comprendre que c’était une partie de l’islam mainstream qui avait (et qui a toujours) des difficultés avec le pluralisme, la liberté d’expression et de jugement.

    Ph. V. : Nous n’avons pas de problème avec l’islam de Dalil Boubakeur, ou celui des imams de Bordeaux, Drancy, Marseille, et d’autres, qui sont des gens tout à fait respectables. Mais oui, nous avons un problème avec une partie de l’islam, depuis plus de trente ans, nous aurions dû nous en apercevoir. Le choc créé par la révolution iranienne de 1979 a permis à l’islam de rafler la mise radicale et de remplacer les idéologies mortes ou mourantes… Et aujourd’hui, cet islam idéologisé prétend être au-dessus des lois démocratiques, dans les pays où l’islam vit sous un régime démocratique. Nos élites préfèrent expliquer ce problème politique et culturel brûlant par des raisons sociales : si une partie des musulmans rejette la laïcité, c’est parce qu’on ne donne pas assez d’argent aux quartiers, parce que la colonisation, parce que ceci, cela… Et en même temps, depuis des années, on nous sert le même refrain : attention, pas d’amalgame, ça n’a rien à voir avec l’islam. C’est complètement idiot ! Si on racontait que les croisades et la Saint-Barthélemy n’ont rien à voir avec le christianisme, on passerait pour quoi ?

    Pour des négationnistes ! Mais revenons au procès. Vous gagnez en référé, mais vos adversaires attaquent au fond. Et pendant un an vous menez campagne…

    Ph. V. : Oui, nous voulions un procès exemplaire. Richard Malka et moi, nous prenons donc nos bâtons de pèlerins, si on peut dire, pour convaincre des gens de venir porter la parole de la laïcité et de la liberté de conscience, et défendre leur expression publique. Parce que la liberté de conscience, ça ne suffit pas, il faut que son expression publique soit protégée. Nous avons rallié à cette cause des personnalités diverses, de droite, de gauche, ainsi que de grands esprits musulmans ou issus du monde musulman, comme Saïd Saadi, Abdelwahab Meddeb, Mohamed Sifaoui. Et aussi, est-il besoin de le préciser, Élisabeth Badinter, Claude Lanzmann…

    Daniel, avez-vous filmé pendant cette phase ? Étiez-vous conscient des enjeux de ce procès ?

    D. L. : Oui, bien sûr, j’ai filmé tout le processus jusqu’à l’audience, y compris les discussions sur le choix des témoins. Ce qui m’a très vite frappé, c’est le fait que tous les acteurs de ce procès allaient cheminer sur une ligne de crête. Il fallait montrer qu’on pouvait critiquer et se moquer de l’islam, et de toutes les religions d’ailleurs, sans trahir d’un iota nos fondamentaux républicains, et sans stigmatiser les musulmans.

    C’était donc une occasion de déjouer le chantage à « l’islamophobie » …

    D. L. : Exactement, l’enjeu du procès, c’était d’arriver à établir un mode d’emploi de cette question pour le futur. Et la grande victoire de Philippe et des autres, c’est queCharlie est entré dans cette bagarre comme un journal de rigolos qui se foutaient de la gueule de tout le monde, et qu’au final ils ont été, à ce moment-là, les plus grands intellectuels de France ! Déjà, à l’époque, c’est en eux que les Français se retrouvaient.

    Philippe, vous êtes alors assez contesté au sein de la rédaction de Charlie. Obtenez-vous néanmoins un consensus durable sur la défense d’une laïcité qu’il faut bien dire de combat, face à la stratégie de grignotage du camp antilaïque ? Et quel est l’état de l’opinion au moment du procès ?

    Ph. V. : C’est simple : à l’intérieur de la rédaction, il n’y a aucun débat à ce sujet, et l’opinion nous est massivement favorable. En revanche, dans le milieu intellectuel et médiatique, la tendance dominante, c’est plutôt l’hostilité, en tout cas la réprobation ; des journaux nous donnent des leçons de bonnes manières démocratiques, certains essaient de démontrer de mille manières qu’on a tort, et qu’on énerve les gens. La grande expression de l’époque, c’est : « L’huile sur le feu. »

    Ça l’est toujours en 2011, après l’incendie. Charb en tire une « une » hilarante. « L’invention de l’humour » – un homme des cavernes avec le feu dans une main et de l’huile dans l’autre.

    Ph. V. En tout cas, cela témoigne d’une absence totale d’imagination dans l’invention des métaphores. Et, ce qui est plus grave, de la répétition de La Trahison des clercs. Benda a écrit ce livre après la Première Guerre mondiale, puis l’a réécrit après la deuxième. Marc Bloch parle de la même chose dansL’Étrange défaite. Et ça recommence sans cesse. Et voilà qu’à nouveau, des intellectuels tournent le dos à la raison !

    On arrive au procès, les 7 et 8 mars 2007. Il y a beaucoup de tension, du stress, l’envie d’en découdre, la peur de perdre. Est-ce qu’à tout cela s’ajoute la peur physique ? Le procès est-il un moment à haut risque ?

    P. V. : Non. Je suis bien protégé, j’ai confiance dans les policiers qui sont autour de moi. Et puis, on ne peut pas vivre tout le temps dans la peur..

    Ah bon ?

    Ph. V. Cependant, on est conscient du danger. Deux ou trois fois, j’étais sorti bêtement sans ma protection, c’était une bêtise qui aurait pu très mal se terminer, donc après, j’ai été plus prudent.

    Quels sont les grands moments du procès ?

    D.L. : Pour moi, c’est la plaidoirie de Richard, énorme… La plaidoirie de Georges Kiejman, sans doute…. Mais la plaidoirie de Richard est incroyable, c’est indiscutable !

    E. L. : Je résume pour les lecteurs. Grâce à l’une des parties adverses qui avait eu l’imprudence de brandir l’argument du « deux poids, deux mesures », Richard Malka a fait une démonstration à la fois implacable et tordante. Vous voulez l’égalité de traitement ? Vous êtes bien sûrs ? Etre logés à la même enseigne que les chrétiens ? Vous voulez cela ? Et il brandissait des unes de Charlie Hebdo où l’on voyait le père, le fils et le pape dans des positions pour le moins offensantes. J’imagine la tête des honorables hommes de religion. Pour faire bonne mesure, il a montré quelques rabbins et d’autres. Et il répétait : « Vraiment, c’est ça que vous voulez ! ». Tout le monde se marrait et, en même temps, c’était une façon magistrale de dire : C’est ça le prix de la liberté. Et ce n’est pas négociable. À la fin de la plaidoirie, ils étaient K.-O. Le procès était gagné.

    Ph. V. Pendant ce temps, moi j’étais à la fois plié de rire et épouvanté. Je me faisais tout petit en voyant ces unes plus trash les unes que les autres dont j’étais responsable… À chaque fois, il montait d’un cran, et je me disais : « Non, il ne va pas oser, non, il faut qu’il arrête… »

    D .L. : Mais attention, tout cela avait un sens. Et dans toutes ses interventions, Philippe s’est employé à le faire apparaître avec force et clarté. Il voulait que cette histoire donne à penser. Ce procès, c’était de la philosophie en action, on assistait au décryptage intellectuel d’une époque, et ce décryptage a permis de désamorcer la question de l’islamophobie et de la retourner à l’envoyeur.

    Ph. V. : Décryptage intellectuel, peut-être, je l’espère… N’empêche, je suis convaincu que l’un de nos avantages sur nos adversaires, c’est que Georges Kiejman, Malka, moi et les autres, on est plutôt des marrants… Dans ce climat dramatique, on a souvent dérapé et fait exploser de rire le tribunal, le public, et même parfois la partie adverse, qui n’arrivait pas à se retenir. Georges Wolinski disait : « Le rire, c’est le plus court chemin d’un homme à un autre. » Pendant une interruption accordée par le président pour nous permettre d’aller boire un verre d’eau, il y a eu un moment étrange. Comme la salle était absolument bondée, on était tous serrés dans l’allée centrale, et je me suis retrouvé collé à l’avocat de la Ligue islamique mondiale… Et le type me dit : « Monsieur Val, je ne suis d’accord avec rien de ce que vous dites, mais j’aimerais bien être votre ami. » Et ça, c’est très important ! C’est l’histoire de l’éternel retour de Nietzsche : si vous deviez vivre éternellement ce que vous êtes en train de vivre, accepteriez-vous de faire ceci ou cela ? Eh bien lui, s’il avait eu à vivre éternellement, il aurait préféré être de notre côté que du sien !

    On le comprend ! L’enfer avec vous, ça doit être plus marrant que le paradis avec ces messieurs.

    Ph. V. On ne peut pas ne pas citer l’intervention presque solennelle d’Élisabeth Badinter. Elle a tout dit, en très peu de mots. « Si Charlie Hebdo perd ce procès, le silence s’abattra sur nous, et c’est la pire des choses. » Et là, elle a mis tout le monde d’équerre…

    Il y a eu aussi ce petit coup de théâtre : la lettre de soutien de Nicolas Sarkozy alors candidat à la présidence de la République. Et vous avez aussi reçu celle de François Hollande. Deux futurs présidents…

    Ph. V. : L’épisode du fax de Sarkozy a été assez baroque. C’était en pleine audience, au milieu de mon très long interrogatoire par le président. Arrive alors une lettre du ministre de l’Intérieur et candidat en campagne, Nicolas Sarkozy, qui soutient spontanément Charlie Hebdo, comme il l’avait fait au moment des caricatures. Donc, il tient bon. Quant à François Hollande, il a fait preuve d’une sacrée indépendance. Ségolène Royal, qui était candidate contre Sarkozy, était, elle, hostile à la publication des caricatures et plus encore à la présence de François Hollande au procès. Elle devait être furieuse. Mais Hollande a eu le courage de venir quand même, ce qui n’a pas dû être facile…

    D. L. : Il y avait aussi Bayrou, qui était également candidat et qui, à ce moment-là, incarnait la troisième force de l’arc démocratique français. Et ce n’était pas évident pour eux, qui se présentaient aux élections, de soutenir Charlie, car ils étaient en avance sur beaucoup de gens dans leurs camps respectifs. Mais j’ai, moi aussi, une anecdote sur l’épisode Sarkozy. J’étais en train de tourner dans la salle des pas perdus quand je vois des gens arriver avec le fax de Sarkozy, pour aller le transmettre à Philippe. Là, quelqu’un de Charlie que je ne citerai pas s’exclame : « On ne peut pas accepter le soutien de Nicolas Sarkozy ! » Je m’énerve: « Mais vous êtes complètement dingues ! Vous avez le soutien d’un mec qui est probablement le futur président de la République… » Réponse : « Peu importe, c’est Sarkozy ! Il faut absolument dire qu’on ne veut pas de son aide ! »

    Ph. V. : À la suspension de l’audience, ces personnes m’ont sauté dessus pour me dire : « Il faut refuser absolument cette lettre de Sarkozy ! » Et je les ai calmés : tout ce qui venait du camp démocratique était bon à prendre.

    Bon, Charlie gagne, la laïcité est sauvée. Et on s’empresse de tout oublier. Dans les années qui suivent, où la République recule sur tous les fronts, le camp laïque est plutôt isolé, montré du doigt. Comme dirait Muray, « le réel est reporté à une date ultérieure ». Cet aveuglement volontaire intrigue…

    Ph. V. : C’est encore la même mécanique du renoncement du milieu intellectuel français dominant. Je crois que le premier ressort de ce renoncement, c’est la peur. Pour masquer cette peur, on construit un discours qui permet de se donner le beau rôle tout en évitant soigneusement la confrontation…

    D. L. : Il ne s’agit pas seulement des élites, mais d’une tendance lourde, à l’œuvre depuis longtemps dans la société française, qui consiste à se protéger des réalités, notamment des réalités totalitaires, en niant leur existence. Face au nazisme, au communisme et aujourd’hui à l’islamo-fascisme, les mêmes mécanismes de déni se mettent en marche. On ne veut pas voir, et quiconque voit doit être réduit au silence par un langage falsificateur et manipulatoire. Dans les années 1950, les communistes inventent le terme « anticommuniste primaire » pour dissuader quiconque de dénoncer le goulag. Aujourd’hui, on tente de nous faire taire par le chantage, en mettant « l’islamophobie » à toutes les sauces. Cela me rappelle une plaisanterie d’Alain Peyrefitte, ancien ministre du général de Gaulle, quand Marchais, le secrétaire général du Parti communiste de l’époque, lui reprochait son anticommunisme primaire. Il lui répondait : « Faites-moi du communisme supérieur, et je vous ferai de l’anticommunisme supérieur ! » Aujourd’hui , il pourrait dire : « Faites-moi un islam supérieur et je vous ferai de “l’islamophobie“ supérieure. »…

    Je ne suis pas sûre que les cadres de l’islam de France apprécient votre boutade. Neuf ans après le procès des caricatures, et quelques semaines après le massacre de Charlie Hebdo, la dénonciation de « l’islamophobie » bat son plein.

    D. L. : L’un des principaux problèmes, c’est que certains sujets accèdent difficilement à l’espace médiatique, ou alors dans des débats caricaturaux où les plus lucides sont invités comme repoussoirs. J’ai eu la chance de bénéficier durablement du soutien de Jérôme Clément à Arte, et je tiens à l’en remercier, car dans un environnement qui ne m’était pas toujours favorable dans la chaîne, il a toujours imposé que je puisse faire ce en quoi je croyais. Avec Belmer, il a été un compagnon de route précieux dans une période où les vrais partenaires étaient rares. J’ai traité grâce à lui des sujets comme « La nuit algérienne », « Le 11 Septembre n’a pas eu lieu », où on démontait les thèses complotistes, ou encore « La femme, l’avenir de l’islam ». En 2003, j’avais réalisé « Les Français sont-ils antisémites ? », c’était la première fois qu’on disait à la télévision qu’il y avait un antisémitisme des banlieues. Depuis, on prend des gants pour le redire…

    Ph. V. : Si nous avons perdu l’après-procès, c’est en grande partie parce que l’information est de plus en plus idéologique en France. Vers 1995, on a vu arriver des petites boutiques comme ACRIMED, assez marginales et très virulentes, qui se sont lancées dans la critique des « médias dominants ». Après tout, pourquoi pas, c’était marrant de dévoiler des collusions. L’ennui, c’est que c’est vite devenu une fabrique de complotisme. Les gens qui sont sortis de là sont devenus profs et formateurs de journalistes, et vingt ans plus tard, on se retrouve avec une génération de journalistes assez massivement convaincue qu’il faut dire certaines choses et pas d’autres, qu’il y a une vision du « Bien » par rapport à laquelle on doit se situer.

    Et voilà pourquoi votre presse est muette. Parlons, pour finir, du Charlie d’aujourd’hui. Le paradoxe, c’est que ce journal, qui est pour beaucoup de gens le symbole d’une laïcité intransigeante, est redevenu un journal gauchiste, passablement imprégné de cette vision du « Bien » que vous évoquez…

    Ph. V. : Là, je peux parler au nom de Cabu, parce que nous avions beaucoup de conversations à ce sujet et nous étions 100 % d’accord. Notre analyse était qu’il fallait un peu tordre l’ADN du titre pour le faire entrer dans l’époque. Mais les enseignes sont plus fortes que les hommes. Bien sûr, nous avons souvent réussi à rendre le journal un peu exotique à lui-même dans sa façon de traiter l’actualité et d’analyser certains sujets. Quand je suis parti, j’étais très contesté à l’intérieur du journal, surtout à cause du licenciement de Siné. Après mon départ, le journal est naturellement retourné à son ADN d’origine. Ce qui n’est bien sûr pas déshonorant.

    Dans son ADN d’origine, il y a aussi ce côté anar et paillard, gaulois et bouffeur de curés.

    Ph. V. : Wolinski, Cavanna, Cabu, les fondateurs, étaient libertaires, mais aussi farouchement laïques. Ça, c’est l’origine même du journal.

    Pour conclure, donnez-moi chacun une raison de croire que le « sursaut » du 11 janvier ne restera pas sans lendemain et que le déni de réel ne reprendra pas le dessus, comme en 2006 ou en 2011.

    D. L. : C’est que cette fois, c’est la mobilisation populaire qui a entraîné le mouvement. Les Français ont dit en masse qu’ils se battraient pour défendre leur laïcité. Et l’ampleur de la mobilisation a donné le signal des retournements de veste dans les hautes sphères. Les gens ont changé de ton. Sur les plateaux de télévision, on nous parle plus aimablement. Pour le moment…

    P. V. : Ce que nous vivons aujourd’hui a quelque chose d’inédit. D’abord, la mort de ces gens, notamment celle de Cabu, un complice durant de si longues années. Mais il appartient aussi à l’histoire et à l’enfance des Français, c’est l’image d’un homme libre, joyeux. Les gens ont soudain réalisé que, si on pouvait tuer Cabu, on pouvait tuer tout le monde. Et ce dimanche-là, quand on a marché dans les rues, on ne savait pas si les gens étaient de gauche, de droite, peu importait, ils disaient : « Je suis Charlie, je suis policier, je suis Juif… » On n’avait pas vu ça dans les rues de Paris depuis que je suis né. Ces gens-là, voilà des années qu’on ne les entend pas et qu’on ne leur parle pas. Les journaux ne leur parlent pas. Les intellectuels ne leur parlent pas. Ce jour-là, je me suis dit qu’il ne fallait pas que ce moment s’arrête. Dans une démocratie, il vaut mieux que les gens sachent qu’ils sont un peu en lien les uns avec les autres. La fenêtre qui s’est ouverte ne doit pas se refermer. Il faut qu’on continue à se parler, à parler à tous ces gens. Sinon, on est foutus.

    Posté par James

    Entretien avec Philippe Val et Daniel Leconte

    Discussion animée par Élisabeth Lévy

    Publié dans Causeur n° 80

    http://extremecentre.org/2015/02/10/lhistoire-oubliee-des-caricatures-de-charlie-hebdo/

     


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  • Charlie Hebdo : un journaliste répond au site complotiste Panamza

    Martin Boudot travaille pour l'agence "Premières Lignes", dont les bureaux sont situés dans le même immeuble que ceux de Charlie Hebdo. Le 7 janvier dernier, lors du massacre de la rédaction du journal satirique par les frères Kouachi, le journaliste s'est rendu sur le toit du bâtiment pour filmer la scène, vidéo qui sera par la suite diffusée au JT de France 2.

    Dans un texte accumulant erreurs factuelles, assertions péremptoires et spéculations complotistes, le blogueur Hicham Hamza (qui n'en est pas à son coup d'essai, voir ici, ,ici, et encore ) l'accuse d'avoir tout bonnement « falsifié » sa propre vidéo, mettant en doute le fait que Martin Boudot (qu'il n'a pas cherché à contacter) en serait réellement l'auteur et dénonçant une « altération volontaire » portant la signature de la DGSE ! Un complot aux ramifications internationales qui impliquerait le fils de Serge Dassault (sic), « le complexe militaro-industriel israélien » et « un mystérieux Polonais anonyme »...

    Les dernières phrases de ce texte aux accents paranoïaques valent tout particulièrement le détour :

    « À ce jour, écrit Hamza, une seule chose est certaine (sic) : la terrasse aux rebords blancs depuis laquelle Janek avait capturé sa vidéo a disparu. (...) L'installation qui a permis de filmer confortablement le départ tonitruant des terroristes - ainsi capturé sous le meilleur angle - n'est plus. Ce qui semblait constituer une terrasse a finalement laissé place à un toit gris et dorénavant hermétique » (!!).

    Il aurait pourtant suffi au blogueur conspirationniste de se déplacer pour constater qu'il n'en était rien, comme l'explique Martin Boudot dans la réponse qu'il a adressée à Hamza.

    Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot

    Conspiracy Watch / Observatoire du conspirationnisme
    Auteur: Rudy Reichstadt Tuesday,


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  •  Le Savez-vous 

    Achoura une fête judéo-musulmane ....

    Le monde musulman célèbre la fête de l’ Achoura. Jour de joie ou de deuil.

    Cette fête initialement juive, correspond au dixième jour du mois de Muharram, le premier mois de l’année musulmane.

     Elle revêt toutefois différentes significations pour les deux grands courants de l’Islam, le sunnisme et le chiisme. Pour les uns, elle marque le début de festivités, pour les autres c’est une journée de deuil commémorant la mort de Hussein, petit-fils du Prophète Mahomet et fils de Ali ibnou abi Talib.

    Cette date, marquant le dixième jour du mois de Muharram, premier mois de l’an 1426 de l’année de l’Hégire, incite à l’observation du jeûne. Dans certains pays sunnites, comme au Maroc, cette cérémonie est également perçue, depuis des siècles, comme celle de l’enfance et de la famille. Distribution de friandises, cadeaux, pratiques à caractères carnavalesques... l’ambiance est aux festivités.
    Ailleurs, dans les régions de confession chiite, Achoura est un signe de deuil, car il s’agit d’un jour de grande importance commémorant l’anniversaire de la mort de Hussein, petit fils du Prophète Mahomet.

    Trait d’union entre le judaïsme et l’Islam

    " Avant même d’être une fête musulmane, Achoura était une fête juive, marquant l’exode des enfants d’Israël après leur délivrance par le prophète Moïse. Le prophète Mahomet, en 622, alla à la rencontre des juifs le jour du Youm Kippour, fête de l’expiation durant laquelle ils jeûnaient. Lorsqu’il leur demanda la raison de ce jeûne les juifs répondirent "que c’était en souvenir du jour où Dieu donna la victoire à Moïse et aux fils d’Israël sur Pharaon et ses hommes" » , explique M. Rais, directeur des Affaires Culturelles de la Mosquée de Paris.

    Le Directeur de l’association des musulmans d’Ile de France, Merrun Khalil, poursuit que c’est pour cette raison, que le Prophète Mahomet ordonna aux musulmans d’observer le jeûne ce jour là, lesquels ne comprenaient pas vraiment pourquoi ils devaient perpétrer cette tradition qui n’était pas la leur. Lorsqu’ils le lui demandèrent, le prophète leur répondit humblement que c’était parce qu’il considérait Moïse comme « plus proche » d’eux.
    C’est ainsi que Achoura est entrée dans la sacralité de l’Islam. Un an plus tard, pour confirmer la continuité de la cérémonie juive et s’inscrire dans la tradition de Moïse, le Prophète Mahomet recommanda aux musulmans de jeûner deux jours, les neuvième et dixième jours du mois de Muharram qui marque Achoura. D’où l’origine étymologique de cette fête.

    « Achara » signifie dix en arabe et reprend ainsi le dixième jour de Muharram. Cette fête marque la liaison entre deux religions, le Judaïsme et l’Islam. C’est un « lien naturel et historique entre deux communautés fraternelles » que tout oppose de nos jours, expliquent unanimement M Rais et Merrun Khalil.

    Une journée entre joie et douleur

    Les musulmans considèrent de ce fait Achoura comme un jour de jeûne. Un jour de jeûne recommandé et non obligatoire. Les savants se réfèrent à
     unhadith* de Sahih de Boukhari et de Mouslim rapportant que : « aujourd’hui est le jour de Achoura, Allah n’a pas fait un devoir pour vous de le jeûner ; que celui qui le veut jeûne et que celui qui ne le veut pas, ne jeûne pas ». La cérémonie est célébrée différemment selon les écoles chiites et sunnites. Pour les chiites, Achoura est un jour de deuil important qui marque la mort de l’imam Hussein tué et décapité au combat il y a 13 siècles. Une figure emblématique du chiisme et petit-fils du Prophète Mahomet. C’est le jour du Pèlerinage à Kerbala, ville sainte au centre de l’Irak où se trouve la tombe d’Hussein. Tout au long de la journée, les hommes marchent dans les rues en se frappant la poitrine et la tête pour exprimer leur peine collective. Des manifestations impressionnantes de flagellation ont également lieu au cours de ces cérémonies expiatoires.

    Pour les pays sunnites du Maghreb, le concept est différent. Achoura, qui n’est pas mentionnée dans le Coran, est considérée comme une fête mineure. Elle symbolise l’accostage de l’Arche de Noé. Les Marocains, par exemple ont ajouté aux cérémonies religieuses des concepts culturels qui ne relèvent pas de l’Islam. Pendant deux jours, les enfants sont mis à l’honneur. Le premier jour, la tradition veut qu’on leur offre des cadeaux, des friandises, et que des spectacles viennent égayer les rues. Le deuxième jour, les enfants s’amusent à asperger d’eau les passants et leurs proches, une pratique connue de tous les Marocains sous le nom de zem-zem. _ Certaines familles en profitent pour accomplir la zakat, un des cinq piliers de l’Islam, qui consiste à faire l’aumône. D’autres visitent les cimetières, brûlent de l’encens... des rituels qui se perdent malheureusement au fil des ans.

    * Récit relatif à la vie de du prophète Mahomet, à ses paroles, à ses actes. L’ensembles des hadiths constitue la Tradition, qui, dans l’Islam, fait autorité immédiatement après le Coran

    Smahane Bouyahia -2005- 

    Achoura une fête judéo-musulmane ....

    Achoura (Tamkharit)  – En Route Vers L’apothéose De La Victoire Éclatante Du Prophète (Psl)

    AchuraLa fête de l’Achoura, célébrée le 10ème jour du mois lunaire « Mouharam » est bien antérieure à l’avènement de l’Islam ; en vérité, elle coïncidait avec la Pâque judéo-chrétienne qui marquait le début de l’année ; et ce n’est que bien plus tard que les chrétiens rompirent avec le ‘’calendrier lunaire’’ que les Ecritures Saintes avaient apporté ; oui, la Bible est très explicite :
    (1) Jéhovah dit alors à Moïse et à Aaron, au pays d’Egypte : (2) « Ce mois sera pour vous le début des mois. Il sera pour vous le premier des mois de l’année (3) Parlez à toute l’assemblée d’Israël, en disant : « le dixième jour de ce mois, ils se procureront chacun un mouton pour la maison ancestrale, un mouton par maison … (14) Et ce Jour devra vous servir de mémorial et vous devez le célébrer comme une fête pour Jéhovah dans toutes vos générations. Vous le célébrerez comme une ordonnance pour des temps indéfinis … (43) Jéhovah dit encore à Moïse et à Aaron : « Voilà l’ordonnance de la Pâque … (51) Et il arriva, en ce Jour-là même que Jéhovah fit sortir les fils d’Israël (les Juifs) du pays d’Egypte, avec leurs armées. (Exode 12 : 1-3 … 14 … 43 … 51)
    (3) Moïse dit encore au peuple : « Qu’on garde le souvenir de ce jour où vous êtes sortis d’Egypte … (4) Aujourd’hui vous sortez, au mois d’Abib … ». (Exode 13 : 3-4)
    Ce Jour de grâce et de reconnaissance, Jésus Christ fils de Marie l’a aussi célébré. Mais fait très important, il a annoncé que le sens de cette fête sera pleinement réalisé avec l’avènement de son successeur (avènement du Royaume de Dieu) :
    (7) Le Jour arriva, pendant la fête des pains sans levain, où l’on devrait sacrifier les agneaux, pour le repas de la Pâque … (14) Quand l’heure fut venue, Jésus se mit à table avec les apôtres (15) Il leur dit : « Combien j’ai désiré prendre ce repas de la Pâque avec vous avant de souffrir ! (16) Car je vous le déclare, je ne le prendrai plus jusqu’à ce que son sens soit pleinement réalisé dans le Royaume de Dieu. … Je ne boirai plus désormais du vin, jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu. … (Luc 22 : 7-18)
    Ainsi, comme annoncé par Jésus Christ, ce Jour a été aussi célébré par le Prophète Mouhammad (PSL), mais autrement, comme en témoigne le Hadith :
    – D’après Abdallah Ibn Abbas (qu’Allah l’agrée), le Prophète (PSL) est venu à Médine et a trouvé les Juifs entrains de jeûner Achoura et il leur dit : « c’est quoi donc ce jour de jeûne ? ». Ils lui dirent : « c’est un grand jour : Allah y a sauvé Moïse et son peuple. Moïse l’a jeûné en reconnaissance au Seigneur et voilà pourquoi nous le jeûnons ». Et le Prophète (PSL) de leur dire : « nous méritons Moïse plus que vous ». Et il jeûna Achoura et ordonna que le jeûne soit observé. (Bukhari et Muslim)
    La délivrance de Moïse de l’oppression de Pharaon (fir’awna) a été relatée dans plusieurs sourates du Saint Coran (10. Jonas : 90-92 – Yûnus) ; c’est là certes un fait très mémorable, mais loin de montrer la véritable grandeur de l’Achoura, comme en témoigne le hadith suivant :
    – Abu Hurayra a rapporté les propos du Prophète (PSL) : « Allah le Très Haut a prescrit aux enfants d’Israël (Juifs) le jeûne d’un jour dans l’année : le Jour de l’Achoura (10éme jour de Mouharram). Jeûnez-le et montrez-vous généreux envers votre famille ; quiconque se montrera généreux à l’endroit de sa progéniture, Allah se montrera généreux à son endroit toute l’année. C’est en effet le jour où Allah a accordé le pardon à Adam, élevé Idris à une haute dignité, sauvé Noé en le sortant de sa pirogue, sauvé Abraham du feu, révélé la Thora à Moïse, fait sortir Joseph de la prison, redonné à Jacob la vue, sauvé Job, fait sortir Jonas des entrailles du poisson, fait traverser la mer aux enfants d’Israël, pardonné à David ses péchés, donné la royauté à Salomon, pardonné à Mouhammad ses péchés passés et à venir. C’est également le premier jour de la création ; la première fois où la pluie est tombée était un jour d’Achoura, de même la première fois où la miséricorde divine est descendue sur terre. … C’est le Jour où Allah a créé le Trône, la Tablette et le Calame. C’est le Jour où l’Archange Gabriel a été créé, le Jour de l’Ascension de Jésus et ce sera le Jour de la fin du monde ».
    ‘’Autrement dit, l’Achoura est le jour anniversaire des plus grands événements de l’Univers, de l’Islam et de l’Humanité’’ (*). Ainsi, commémorer Achoura (Tamkharit), c’est rappeler les « Jours de Dieu », afin de tirer les gens des ténèbres vers la lumière, conformément à la recommandation coranique (14. Abraham : 5 – Ibrahim).
    En vérité, les récits de tous les prophètes cités tantôt dans le second hadith figurent en bonne place dans le Saint Coran qui est le rappel de tous les rappels. Et ainsi, au-delà du message d’espoir et d’espérance pour les endurants, l’Achoura est la fête du Coran, mais aussi la confirmation de tous les Livres qui lui sont antérieurs [Évangile, Thora, Psaumes] (11. Houd : 49 – Hûd). Oui, Achoura est une confirmation par excellence que l’Islam est le parachèvement du judéo-christianisme :
    (84) [ÔProphète] Dis : « Nous croyons en Dieu ; à ce qui nous a été révélé ; à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux Tribus ; à ce qui a été donné à Moïse, à Jésus, aux Prophètes de la part de leur Seigneur. Nous n’avons pas de préférence pour l’un d’entre eux : nous sommes soumis à Dieu ». (85) Le culte de celui qui recherche une religion en dehors de l’Islam n’est pas accepté. Et cet homme sera dans la vie future, au nombre de ceux qui ont tout perdu. (3. La Famille d’Imran : 84 – Al-Imrân)
    Oui, la mission du Prophète (PSL) parachève celle de tous les prophètes. Et Dieu qui l’a envoyé à toute l’humanité, lui a donné une ‘’Victoire éclatante’’ qui connaîtra inéluctablement son apothéose avec l’avènement du Mahdi (retour de Jésus fils de Marie) [(34. Les Saba’ : 28 – Saba’) ; (48. La Victoire éclatante : 1 … 28 – Al-Fat.h)]. Ainsi, du fait du caractère parabolique de la révélation coranique, il suffit à chaque instant de relativiser pour percevoir cette victoire du Prophète Mouhammad (PSL), s’en réjouir et en rendre grâce à Allah – Le Très Miséricordieux. Que vienne donc le règne du Mahdi !!!

    DOCTEUR MOUHAMADOU BAMBA NDIAYE
    Rétro confirmateur (Consolateur) du Mahdi, Son Éminence Serigne El Hadj Madior CISSE, fils spirituel de Serigne Babacar SY, khalife de Cheikh Ahmad TIDJANI Chérif – le ‘’Sceau des Saints’’ et ‘’Christ de la Parousie’’ (Jésus fils de Marie revenu). (*) (**)

     


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  • La loi Macron autorise les jours fériés musulmans en Outre-Mer : « une grande avancée pour le vivre ensemble réunionnais » 

    Un amendement présenté en janvier par six députés d’Outre-Mer et prévoyant le partage de certains jours fériés avec d’autres religions a été adopté cette nuit par l’Assemblée nationale. [...]

    Le texte adopté prévoit que certains jours fériés définis par la loi et inspirés de fêtes catholiques puissent être remplacés par « un même nombre de jours fériés locaux » dans les départements d’Outre-Mer (DOM) afin d’adapter le calendrier « aux contextes culturels et historiques particuliers en Outre-Mer ». Les jours remplaçables sont le lundi de Pâques, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, l’Assomption, la Toussaint. [...]

    Le remplacement d’un jour férié hérité d’une fête religieuse catholique serait laissé à l’appréciation du préfet, en accord avec les acteurs locaux et avant des négociations en vue d’adapter les conventions collectives. [...]

    C'est pas jolie ça ,mes frères !!!

    L’amendement défend cette disposition nouvelle comme étant un moyen supplémentaire offert aux préfets « pour favoriser l’intégration culturelle et économique des départements d’Outre-mer dans leur zone géographique en renforçant l’attrait touristiques » et « en aidant le commerce lors des célébrations concernées ».

    Idriss Issop-Banian, président du groupe de dialogue interreligieux de La Réunion, s’est réjoui de l’adoption de cet amendement et a salué auprès du Figaro « une grande avancée pour le vivre ensemble réunionnais ».

    Source


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