• Massacre pour une bagatelle

    Les plus vénérables d’entre nos lecteurs s’en souviennent probablement, de cet hiver 1969. 

    La grippe de Hong-Kong venait de frapper le globe mais personne ne s’en inquiétait réellement. 

    C’est à peine si les médias la traitaient, et lorsqu’ils le faisaient c’était avec le sourire en coin du présentateur roué, habitué aux marronniers de l’hiver. Yves Mourousi y consacra sans doute quelques minutes au 20h, avec l’air entendu de celui à qui on ne la fait pas. Après tout à chaque fin d’année, les vieux meurent non ? C’est même fait pour ça, l’hiver. Pour rétablir la grande balance des naissance et des décès. Mettre à jour la comptabilité cosmique du Grand Architecte. Redistribuer un peu d’éternité dans les ventres parturientes de nos mères. 

    Dans la France des années 60, on est encore rempli d’un certain bon sens paysan, la mort fait encore partie de la vie. Et puis, il y a avait d’autres chats à fouetter : la conquête spatiale américaine, l’enlisement des GI’s en Cochinchine, l’invasion des mini-jupes et l’accession de Pompidou au pouvoir. C’est tout de même plus sexy qu’une poignée d’octogénaires cacochymes qui lâchent leurs derniers râles dans une literie mal famée. Pourtant, on nous raconte aujourd’hui que les morgues ne désemplissaient pas et que les hôpitaux, comme aujourd’hui, étaient saturés. 15% des cheminots furent touchés et les transports furent sévèrement perturbés, de même, de nombreux écoles et commerces se sont vus contraints de fermer.  

    Mais allons, ainsi va le monde. Notre gel hydroalcoolique, c’était le savon noir et le confinement était réservé aux astronautes qui rentraient de leur saison orbitale. Par la voix rassurante de l’ORTF, rien ne semblait pouvoir endeuiller notre nouvelle présidence et les promesses d’un futur radieux. Les hécatombes de la Seconde Guerre n’étaient pas si loin, on avait terrassé nos propres routes sur des charniers, bâti nos hôtels et nos centres thermaux sur des silos à bombes. La mort était encore présente partout, éparpillée en débris d’ossements et d’obus jusque dans les nappes phréatiques et dans les sous-sols bunkerisés des capitales européennes. Alors vous pensez, une petite grippe…on en avait vu d’autres.

    Aujourd’hui, alors que le reconfinement est sur toutes les lèvres, on peut légitimement s’interroger sur la façon dont notre monde ultra technicisé a créé une véritable phobie de la mort, une fragilité métaphysique qui l’a exilée dans une zone de non-dit, excommuniée dans des limbes virtuelles où l’inconsolé se dispute à l’impunité biopolitique. L’empire du bien a tué la mort, il l’a circonscrite dans les parousies artificières du jeu vidéo, dans la guerre chirurgicale filmée en caméra portée par des drones sentients, dans les maisons de retraites (pardon, les EHPAD) où la mémoire de nos aînés est scrupuleusement effacée par d’intransigeantes médications et par le clignotement perpétuel des postes de télévision. 

    La mort est sortie du monde, bannie de nos villes et de nos cercles domotiques, détaillé en hashtags culpabilisants et en remontrances bourgeoises. On a oublié sa munificence, les draperies baroques du deuil, les pénitences de pierre et les couronnes funèbres de joyaux et d’améthyste. Nous avons oublié de veiller sur les corps jaunis de nos agonisants, nous avons oublié la carnation livide, le durcissement final des articulations et cette luminescence d’un autre jour qui éclaire subitement les organes de l’intérieur avant l’ultime soupir. Nous avons rangé nos morts dans des tiroirs, dans des cercueils matelassés, quand nous ne les avons pas simplement incendiés comme de vulgaires fétus de paille. Pourtant la mort engraisse la vie, elle la porte dans son humus fatal, elle l’éclaire et la dispense. Nous devrions encore pouvoir nous mirer dans les cornées malades de nos mourants et accepter enfin qu’elle emporte nos rêves de vie calfeutrées, notre couffinosphère globale, cette vaste chambre d’enfant gâté qu’est devenu le monde occidental. Redonnons à la mort son faste, ses rituels, son lustre médiéval. Le fils Bedos appelle à la désobéissance hédoniste, au retour de Festivus dans un monde claquemuré par l’hygiénisme. Nous appelons simplement à la permission des cadavres.

    Par Marc Obregon

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  • Tribune censurée par le JDD !

    Il est urgent de changer de stratégie sanitaire face à la Covid-19, tribune censuré sur le JDD
    FranceSoir
     

    Le JDD devait publier une tribune signées par près de  300 scientifiques, universitaires et professionnels de santé critiquant la dérive de la politique sanitaire du gouvernement français. Ils estiment qu’elle conduit à des interprétations erronées des données statistiques et à des mesures disproportionnées. Parmi les signataires, on aurait dû trouver le sociologue Laurent Mucchielli, les professeurs Jean-François Toussaint et Laurent Toubiana.

    Voici leurs explications:

    Cette tribune devait initialement paraître dans le Journal du Dimanche (JDD) ce 27 septembre 2020. Acceptée le samedi matin par le journaliste en charge de la rubrique “Tribune/Opinions”, elle devait paraître intégralement sur le site Internet du journal et faire l’objet d’un article dans la version papier du lendemain. Le journaliste nous disait s’en féliciter car cela allait permettre un débat contradictoire avec d’autres opinions très alarmistes exprimées ce jour dans ce journal. A 16h, ce journaliste nous a pourtant prévenu que sa rédaction en chef interdisait la publication. Certitude de détenir soi-même la vérité ? Couardise ? Volonté de ne pas déplaire au gouvernement ? Nous ignorons les raisons de cette censure que personne n’a jugé utile (ou tout simplement courtois) de nous expliquer.

    Voici la tribune censurée : :

    Tandis que le gouvernement prépare une nouvelle loi (la quatrième en 6 mois !) prolongeant le « régime d’exception » qui a remplacé « l’état d’urgence » sanitaire, le ministère de la Santé a encore annoncé mercredi 23 septembre des mesures restrictives des libertés individuelles et collectives qu’il prétend fondées scientifiquement sur l’analyse de l’épidémie de coronavirus. Cette prétention est contestable. Nous pensons au contraire que la peur et l’aveuglement gouvernent la réflexion, qu’ils conduisent à des interprétations erronées des données statistiques et à des décisions administratives disproportionnées, souvent inutiles voire contre-productives.

    Que savons-nous de cette épidémie et de son évolution ?

    Le SARS-CoV-2 menace essentiellement les personnes dont le système immunitaire est fragilisé par le grand âge, la sédentarité, l’obésité, des comorbidités cardio-respiratoires et des maladies sous-jacentes de ces systèmes. Il en découle que la priorité sanitaire est de protéger ces personnes fragiles : le respect des gestes barrières et le lavage des mains en sont deux des clés.

    Le SARS-CoV-2 circule dans le monde depuis environ un an. Il continuera à circuler, comme l’ensemble des autres virus qui vivent en nous et autour de nous, et auxquels nos organismes se sont progressivement adaptés. L’espoir de faire disparaître ce virus en réduisant à néant la vie sociale est une illusion. D’autres pays, en Asie comme en Europe, n’ont pas eu recours à ces pratiques médiévales et ne s’en sortent pas plus mal que nous.

    Quant à l’évolution, l’idée d’une « deuxième vague » reproduisant le pic de mars-avril 2020 n’est pas un constat empirique. C’est une théorie catastrophiste issue de modélisations fondées sur des hypothèses non vérifiées, annoncée dès le mois de mars et ressortie des cartons à chaque étape de l’épidémie : en avril lors du soi-disant « relâchement » des Français, en mai avant le déconfinement, en juin pour la Fête de la musique, en été pour les « clusters » de Mayenne ou les matchs de foot, et à nouveau cet automne face à une augmentation des cas certes significative, mais lente et grevée d’incertitudes diagnostiques. Au final, cette prétendue « deuxième vague » est une aberration épidémiologique et l’on ne voit rien venir qui puisse être sérieusement comparé à ce que nous avons vécu au printemps dernier.

    On ne compte plus les mêmes choses

    Nous voyons enfin que, pour des raisons difficiles à cerner (panique, pression politique ou médiatique… ?), les autorités sanitaires françaises ne parviennent pas à stabiliser une communication honnête sur les chiffres de l’épidémie. Elles ont surtout abandonné l’indicateur fondamental, la mortalité, pour ne retenir que celui de la positivité de tests pourtant incapables de distinguer les sujets malades des personnes guéries. Cette politique du chiffre appliquée aux tests conduit à une nouvelle aberration consistant à s’étonner du fait qu’on trouve davantage aujourd’hui ce qu’on ne cherchait pas hier. Elle conduit par ailleurs à des classements des départements ou des régions en zones plus ou moins « dangereuses » à qui l’on donne de jolies couleurs qui cachent la fragilité et l’arbitraire du comptage : untel se retrouvera en « zone rouge » alors qu’il y a moins de dix patients en réanimation, un autre verra tous ses restaurants fermés sans que l’on ait la preuve que ce sont des lieux de contamination majeurs. Tout cela n’est guère cohérent.

    Les autorités sanitaires ne s’interrogent pas non plus sur la surmortalité à venir des autres grandes causes de décès (cancers, maladies cardio-vasculaires) dont la prise en charge est délaissée, ni sur le fait qu’une partie des sujets classifiés parmi les personnes « décédées de la Covid » sont en réalité mortes en raison d’une autre pathologie mais classifiées Covid parce qu’elles étaient également porteuses du virus. Or des études récentes montrent que ce groupe pourrait constituer jusqu’à 30% des décès au Royaume Uni ces dernières semaines. Cette façon de compter de plus en plus comme « morts du Covid » des personnes en réalité atteintes avant tout d’autres maladies est probablement l’explication principale du fait que, comme cela est écrit en toutes lettres sur le site de l’INSEE : « depuis le 1ᵉʳ mai, on ne constate plus en France d’excédent de mortalité par rapport à 2019 ».

    Il découle de tout ceci qu’il n’y a pas de sens à paralyser tout ou partie de la vie de la société en suivant des raisonnements qui sont parfois erronés dans leurs prémisses mêmes. Il est urgent d’arrêter l’escalade, d’accepter de remettre à plat nos connaissances scientifiques et médicales, pour redéfinir démocratiquement une stratégie sanitaire actuellement en pleine dérive autoritariste.


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  • Piqûre de rappelle ...


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  • Il faut faire mal aux infidèles et égorger les Juifs et les Chrétiens


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  • Isère: le corps de Victorine, 18 ans, a été retrouvé



    Boulevard Voltaire
    Victorine, 18 ans, était portée disparue depuis samedi soir.

    Elle n’était pas rentrée chez elle à Villefontaine.

    Son corps sans vie a été découvert, à la mi-journée, ce lundi, entre le stade de la Prairie, à proximité duquel elle avait disparu, et le hameau de Saint-Bonnet, rapporte Le Dauphiné. Selon nos confrères, le corps n’était pas dénudé. La procureure de Vienne a précisé, le 28 septembre, à 14 h, les circonstances de la découverte « d’un corps qui reste à identifier formellement ». Dans un premier temps, « les enquêteurs ont découvert ses baskets, le sac à main, ainsi qu’un masque chirurgical » près d’un ruisseau. En progressant, ils ont découvert un corps qui, pour le moment, n’a pas été formellement identifié, selon les mots de la procureure de Vienne Audrey Quey. Une deuxième équipe de techniciens en identification criminelle vient, à son tour, d’arriver sur les lieux.

    Un appel sur Facebook pour chercher Victorine

    Victorine Dartois, étudiante à l’université Lyon 3, avait disparu samedi 26 septembre, vers 19 heures, alors qu’elle devait rentrer chez ses parents. Elle avait passé la journée avec des amis dans les boutiques au Village de Marques et devait rejoindre le domicile familial situé dans le quartier des Fougères, à Villefontaine, explique Le Dauphiné. Mais elle n’est jamais arrivée. Plusieurs battues avaient été organisées, ce dimanche, aux abords du stade où Victorine a été aperçue vers 19 heures sur les vidéosurveillances de la ville, et à l’étang Saint-Bonnet, pour tenter de retrouver la jeune femme, en vain.

    Près de 300 personnes y avaient participé après l’appel lancé sur Facebook par Romane, la sœur de Victorine. Ambroise Savatier, collaborateur d’élu local et habitant la commune s’est joint au mouvement : « Je me suis porté volontaire dès la publication de l’annonce. Etant père de famille, je n’osais imaginer ce que devaient ressentir les parents de cette jeune fille et encore moins ce qu’ils vivent aujourd’hui » témoigne-t-il , ému, ce lundi au téléphone. Suite à cette battue, les gendarmes ont préféré se passer des civils dont le nombre brouillait le flair des chiens ». En tout, 130 gendarmes, dont des équipes cynophiles, appuyés par un hélicoptère de Lyon et des équipes de plongeurs, ont participé aux recherches.
    Enquête pour enlèvement, séquestration et homicide volontaire

    80 enquêteurs sont désormais mobilisés, précise le chef d’escadron Bosserelle. L’enquête est menée sous les qualificatifs d’enlèvement, séquestration et homicide volontaire. Elle a été confiée à la section de recherches de Grenoble, appuyée par des équipes de gendarmerie. Un appel à témoins est désormais lancé.

    Toute personne ayant des renseignements pouvant aider l’enquête est priée de joindre le numéro vert : 0 800 200 142.


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