• Bébel doit se marrer d’être ainsi honoré .

    Hommage aux Invalides : Bébel doit se marrer d’être ainsi honoré .

    Jean-Paul Belmondo fut un grand acteur : il est naturel que les Français lui rendent hommage. Mais faut-il, comme l’a décidé l’Élysée, aller jusqu’à un hommage national dans la cour d’honneur des Invalides, historiquement réservée aux militaires ou à quelques personnalités exceptionnelles ? Peut-être Macron aime-t-il beaucoup Bébel – bien qu’il ait montré récemment des goûts plus extravagants et que cet acteur doive lui paraître vieux jeu – mais le choix des Invalides ressemble beaucoup à de la récupération politique.

    En mai 2017, juste avant sa retraite forcée, François Hollande l’avait décoré des insignes de grand officier de l’ordre national du Mérite, comme s’il voulait laisser de son mandat un geste impérissable. Son successeur l’a, en novembre 2019, nommé grand officier de la Légion d’honneur. L’interprète du Marginal s’y était prêté de bonne grâce, mais on peut douter qu’il ait accepté ces médailles par simple vanité, comme c’est souvent le cas. Il doit bien se marrer dans son cercueil, devant cet hommage officiel aux Invalides.

    On a le sentiment que la mise en scène de ces honneurs rendus à cette figure du septième art, qui a plus de 80 films à son actif, est, pour notre Président, un moyen opportuniste de rehausser sa popularité en endossant par procuration la popularité d’autrui. « Il restera à jamais Le Magnifique », a-t-il déclaré, lundi soir, rêvant, sans doute, d’avoir autant de fans et de se mettre dans la peau de « l’as des as ». Ne devient pas qui veut un monstre sacré.

    Jean-Paul Belmondo n’a pas besoin de cet hommage, venu de politiciens intéressés, pour rester éternellement dans nos mémoires. Un hommage dans un lieu culturel lui aurait certainement plu davantage. Comme tous les grands artistes, c’est son talent qui le rend immortel. Ses répliques célèbres traduisent son humour, sa joie de vivre et son détachement des honneurs illusoires, tout ce qui fait l’esprit français. Comme celle-ci, dans Un singe en hiver, d’Henri Verneuil : « Une paella sans coquillages, c’est comme un gigot sans ail, un escroc sans rosette : quelque chose qui déplaît à Dieu ! »

    Philippe Kerlouan

    Source : http://bvoltaire.fr


  • Commentaires

    1
    Vendredi 10 Septembre à 08:19

    Manipulation politique ,c'est vraiment le grand carnaval .

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