• Un agriculteur puydômois condamné

    Les bêtes faisaient vraiment peine à voir : un agriculteur puydômois condamné

    L’agriculteur de Saint-Diéry s’est vu retirer ses 74 bêtes sur arrêté préfectoral en début d’année. Il les laissait à l’abandon, ne les nourrissait pas correctement et ne les soignait pas. - Photo d'illustration

    L’agriculteur de Saint-Diéry s’est vu retirer ses 74 bêtes sur arrêté préfectoral en début d’année. Il les laissait à l’abandon, ne les nourrissait pas correctement et ne les soignait pas. - Photo d'illustration

    Le tribunal correctionnel de Clermont-Ferrand a décidé, mardi, d’interdire définitivement à un agriculteur de Saint-Diéry de détenir des animaux.

    Sous les yeux du président de l’audience correctionnelle, François Maury, « des photos qui se passent de commentaires », montrant « des animaux entassés, qui font peine à voir, d’une maigreur difficilement supportable, qui n’ont ni à boire, ni à manger ».

    Tout le troupeau lui a été retiré en début d’année

    À la barre, un grand gaillard de 57 ans, agriculteur depuis près de trente ans à Saint-Diéry, qui vit ses dernières heures en tant qu’éleveur bovin. Le tribunal va en effet lui interdire définitivement de détenir des animaux.

    Comment cet homme, fils d’agriculteurs, a-t-il pu laisser son troupeau de 74 bêtes à l’abandon ? Pourquoi ne s’est-il pas ressaisi lorsque les services vétérinaires sont venus l’avertir – à cinq reprises en six ans – de l’urgence de la situation ?

    « Ma femme m’a quitté, j’ai été hospitalisé, j’ai fait ce que j’ai pu, j’étais seul. » Le quinquagénaire met sa situation personnelle au cœur des débats mais ne parle jamais des animaux, si ce n’est pour préciser qu’« ils n’étaient pas tous en mauvais état ». Pourtant, en début d’année, sur arrêté préfectoral, les 74 bovins sont retirés et pris en charge par l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir (OABA) qui s’est constituée partie civile.

    « Nous savons que c’est une profession difficile et notre but n’est pas de vous accabler, insiste Renaud Portejoie, avocat de l’association. Mais vous ne pouvez pas dire que le décès de cinq ou six animaux en quinze jours, c’est un manque de chance. »

    « On a trouvé dans l’exploitation des bottes de foin à moitié pourries, des animaux dans l’impossibilité de s’abreuver, des cadavres de bêtes qu’on laissait pourrir dans les champs, renchérit le représentant du ministère public, Hervé Lhomme. C’est vraiment donner une image déplorable des agriculteurs qui, en général, se défoncent pour s’en sortir et font passer leurs bêtes avant eux. »

    Outre l’interdiction d’avoir des animaux, le prévenu est condamné à différentes peines d’amende pour un montant total de 6.760 euros. Quant à son troupeau, il est définitivement propriété de l’OABA. 

    Émilie Zaugg
    emilie.zaugg@centrefrance.com


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