• Quatre policiers en garde à vue, soupçonnés de viol en réunion

     Seine-Saint-Denis : quatre policiers en garde à vue, soupçonnés de viol en réunion

    Un jeune homme d’une vingtaine d’années aurait subi des violences lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois. Le médecin qui l’a examiné lui a prescrit 60 jours d’interruption de travail. Il est toujours hospitalisé.

    LE MONDE | 04.02.2017 à 16h22 • Mis à jour le 05.02.2017 à 06h38 |Par Julia Pascual

    Quatre policiers d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) sont en garde à vue depuis jeudi 2 février dans la soirée, après l’ouverture par le parquet de Bobigny d’une enquête pour viol en réunion lors de l’interpellation d’un jeune homme.

    D’après une source proche de l’enquête au Monde, des images de vidéosurveillance ont permis de cerner plus précisément le déroulé des faits, qui se sont déroulés jeudi, vers 17 heures, dans la cité des 3 000. « On est sur un contrôle d’identité qui dégénère, il y a des échanges de mots mais on ignore ce qui se dit », précise cette source. Les quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain (BST) d’Aulnay-sous-Bois se seraient scindés en deux binômes.

    Soixante jours d’ITT

    Deux agents « tentent de maîtriser l’individu » pendant que leurs deux collègues se placent dos à la scène, en sécurisation. « Assez rapidement, ils font usage de gaz lacrymogène », ce qui aurait eu pour effet de gêner un des policiers interpellateurs, au point qu’il se baisse au sol. « Son collègue est seul, il sort sa matraque télescopique et porte des coups au niveau des jambes de l’individu dans l’idée, on pense, de faire fléchir ses genoux ». La source ajoute : « D’après les images, le pantalon de la personne interpellée semble glisser tout seul ». Celle-ci aurait plutôt indiqué que ce sont les policiers qui lui ont volontairement baissé.

    « Sur la vidéo, on voit un coup de matraque télescopique, à l’horizontale, vers la victime. Le coup traverse le caleçon, nous pensons que c’est celui-ci qui entraîne la blessure. »

    Le jeune homme, âgé de 22 ans, présente une section du sphincter anal et une lésion du canal anal de dix centimètres de profondeur. Une blessure qui lui vaut, à ce stade, soixante jours d’interruption totale de travail. La garde à vue des policiers devait prendre fin dans la soirée de samedi. Le parquet pourrait décider d’ouvrir une instruction judiciaire pour faire toute la lumière sur les faits.

    « Des sanctions adaptées »

    Dans un communiqué, le ministre de l’intérieur, Bruno Le Roux, a affirmé « souhait [er] que toute la lumière soit faite sur les accusations d’une extrême gravité portées à l’encontre de ces fonctionnaires ».

    « L’enquête, et notamment l’exploitation des images du dispositif de vidéoprotection de la ville, ainsi que celles qui auraient été tournées par plusieurs témoins, permettra à la justice d’établir la vérité des faits. »

    « S’il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n’ont pas été scrupuleusement respectées, des sanctions adaptées seront évidemment prises », annonce le ministre de l’intérieur.


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