• Parachutage de migrants a Buzançais dans l'Indre ..

     

    Dans l'Indre .

    Dans cette petite localité paisible, les habitants vont être obligés de subir le parachutage de migrants

    Demandeurs d'asile : à Buzançais, le climat s'alourdit

    Les habitants de Buzançais craignent pour la tranquillité de leur ville. - Les habitants de Buzançais craignent pour la tranquillité de leur ville. - (Photo NR, Patrick Gaïda)
     
    Les habitants de Buzançais craignent pour la tranquillité de leur ville. - (Photo NR, Patrick Gaïda)

    L’ouverture annoncée d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) inquiète fortement la population. Dans les rues de la commune, hier, personne ne semblait accepter le choix de l’État.

    Monique et Juliette ne cachaient pas leur plaisir de faire des emplettes sous le soleil radieux qui illuminait Buzançais, hier après-midi. Mais leur sourire s'est figé au moment d'aborder le sujet brûlant du moment : l'ouverture prévue, avant la fin du premier semestre, de quatre-vingts places pour demandeurs d'asile dans l'ancienne gendarmerie et dans des logements sociaux. « Nous sommes contre, tonnent-elles. Il n'y a pas assez de médecins, ici. Pourquoi pas trois ou quatre familles mais pas quatre-vingts personnes dans une commune de 4.500 habitants. Et puis qui va payer ? C'est nous ! »

    " J'ai peur pour mes filles "

    L'abandon par la Ville du combat judiciaire (NR d'hier) a levé tout obstacle à la mise en œuvre du projet. Très vite, le discours des deux septuagénaires, alimenté par la rumeur et la méconnaissance du sujet, se durcit. « Il paraît qu'il n'y aura que des hommes. J'ai une petite-fille de 15 ans, moi. » L'insécurité est au centre des préoccupations. « Il y a des choses sur les trottoirs, des cannettes de bière. » La faute aux demandeurs d'asile qui ne sont pourtant pas encore arrivés ? « Ils ne sont pas loin. » Et puis, « à Paris, ils nous crachent dessus dans le métro ». Peu acceptent de témoigner sans l'anonymat. Comme ce couple de jeunes retraités, croisé aux abords du parc de jeux. Une fois rassuré, il se lâche jusqu'à tenir des propos condamnables. Les premiers d'une longue série s'allongeant au fil des rencontres. Un écho à une inscription effacée, mais lisible, sur le mur de l'ancienne gendarmerie : « Mort aux migrants ».
    Un peu plus loin, une femme de 27 ans assure qu'elle va quitter la ville : « J'ai deux filles de 3 mois et 4 ans, j'ai peur qu'ils leur fassent du mal ». Dans la rue principale, elle entame la discussion avec deux hommes de 56 et 60 ans. Eux aussi, affichent leur opposition : « Il y a beaucoup de chômage, ici. On va mettre à la porte des gens pour leur donner du boulot ». Seul Arnold, 90 ans, tente de se rassurer : « Il y a derrière un drame humain. C'est un problème compliqué qui, j'espère, va bien se terminer ».
    La plupart des commerçants rencontrés refusent de verser dans le scepticisme mais ne croient pas à l'intérêt économique de l'arrivée de demandeurs d'asile. La patronne d'un bar du centre-ville craint même pour la valeur de son commerce. Quant au boucher, il tempère : « A leur place, on serait peut-être heureux d'être accueillis ». Mais déplore un manque d'informations. « Le préfet a décidé de se déplacer ? Il serait grand temps. » Alain Espinasse doit prochainement tenir une réunion d'information à la population.

    bertrand.slezak@nrco.fr

    Bertrand Slézak  La nouvelle république

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