• Inquiétant... De ce qui ce passe au Néo FN ..

    Inquiétant...

    Publié le 1 septembre 2015 par Dominique CHALARD

    Inquiétant...

    Le témoignage de Christiane Pujol que nous publions cette semaine est édifiant. Si nous avons décidé de lui accorder une large place, c’est qu’il est représentatif des nombreux témoignages que nous recevons de cadres et élus FN de toute la France. Clairement, il y a un problème au Front national et il dépasse la question du traitement réservé à Jean-Marie Le Pen. Il existe même indépendamment du rôle prépondérant pris par Florian Philippot dans la stratégie frontiste et dans l’établissement de la ligne politique du parti présidé par Marine Le Pen.
    De partout nous proviennent les mêmes récriminations, celles décrites par Christiane Pujol, que les plus excédés résument d’un terme : le mépris. Combien d’élus nous ont dit, preuves à l’appui, qu’ils avaient alerté les plus hautes instances du parti, et particulièrement le secrétaire général, Nicolas Bay, sur les dysfonctionnements qu’ils constataient ou dont ils étaient victimes, et que, malgré de multiples relances, en utilisant parfois d’autres canaux qu’ils pensaient d’influence, ils n’avaient jamais reçu de réponse ? Des dizaines. Une partie de nos interlocuteurs, découragée, s’est résolue à envoyer leur lettre de démission d’un parti qu’ils estiment être devenu un parti comme un autre.
    À la question de savoir pourquoi tant de messages d’alerte restent sans réponse, nous n’avons pas l’explication. Mais ce que nous avons pu constater, c’est que bien des départs auraient pu être évités si les intéressés avaient été écoutés ou reçus. Par forcément pour leur donner raison ; juste pour les entendre, juste pour leur montrer que leur parole, parfois leur colère, était prise en considération. Rien n’est pire que le mur du silence.
    En politique, l’élu, le cadre, le militant, tous ont besoin de gestes de reconnaissance et de manifestations de soutien. C’est vrai dans tous les partis et ça l’est encore plus au Front national où le combat est le plus ardu, où l’isolement – par rapport aux autres acteurs de la vie politique – est le plus grand, où les hommes et les femmes sont les moins préparés à exercer des responsabilités, où, souvent, on a beaucoup sacrifié pour défendre son idéal. En politique, on tue l’adversaire mais on prend soin des siens. Dans l’exemple qui nous occupe, le fait que personne n’ait réagi au geste ultime de Christiane Pujol, sa démission, est tout bonnement incompréhensible.
    Le Front national se flatte d’avoir compris la nécessité de s’implanter localement et d’y travailler désormais. Rien n’est moins vrai. Il ne suffit pas de présenter des candidats dans chaque canton comme ce fut le cas aux élections départementales de mars pour être implanté. Encore faut-il que ces candidats labourent le terrain du 1er janvier au 31 décembre, se fassent connaître et apprécier de la population, et n’aient pas été parachutés de nulle part en terre inconnue le temps d’un scrutin avant de retourner à leur lointain anonymat. Encore faut-il aussi, pour les candidats réellement implantés et donc réellement au fait des particularités du lieu, qu’ils soient encadrés, formés, conseillés et écoutés, et que les spécificités locales soient prises en compte au lieu de vouloir leur imposer en toute circonstance une grille de lecture et d’action à mille lieux de la réalité vécue par les habitants qui sont les électeurs.
    La cohésion d’un parti n’est pas seulement affaire de discipline. Le respect manifesté par la hiérarchie à l’égard de ses troupes est primordial. Il est encore temps de procéder aux révisions nécessaires pour redresser une situation devenue franchement inquiétante.
    Antoine Vouillazère

    source :Minute


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