• Gaspard Glanz et l’irrépressible désir du martyre…

    Gaspard Glanz et l’irrépressible désir du martyre…

    Gaspard Glanz et l’irrépressible désir du martyre…

    Dans le journalisme comme dans bien d’autres professions, on se fait généralement une spécialité : la culture, les chiens écrasés, la politique, les mafias, la cybercriminalité, la conquête spatiale, les zones de conflit, le reportage de guerre… À chacun son domaine et à chaque domaine ses héros.

    Celui du jour s’appelle Gaspard Glanz et les professionnels de la profession montent à la une pour lui décerner la palme du martyre.

    Le garçon a été interpellé samedi, durant l’acte XXIII des gilets jaunes, à Paris, et embarqué pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique » : c’est que, au lieu de se diriger dans son nez, son majeur s’était ostensiblement et malencontreusement dressé vers les forces de l’ordre. Sorti lundi de garde à vue, Gaspard Glanz sera jugé à paris le 18 octobre et a interdiction, d’ici là, de paraître aux petites sauteries en jaune du samedi après-midi ainsi qu’aux défilés du 1er mai.

    Sitôt dit, sitôt contesté, au micro des collègues assemblés devant le commissariat du XIIe : « Je me rendrai, malgré l’interdiction, à la manifestation de samedi et à celle du 1er mai », a-t-il assuré, « parce que je suis journaliste, c’est mon travail, et j’habite à Paris ».

    Gaspard Glanz est une belle personne, comme on dit aujourd’hui ; c’est, du moins, ce que je déduis de sa fiche Wikipédia. Né en 1987, on le voit en 2006 en pointe dans les manifs contre le « contrat première embauche ». À 19 ans, dirigeant du syndicat UNL à Strasbourg, il use encore ses fonds de culotte sur les bancs du lycée… C’est le début d’une belle carrière qui l’emmène à l’université de Rennes-II, foyer bien connu de l’extrême gauche estudiantine. Il va débuter son activité journalistique (filmer les manifs pour Taranis News, l’agence qu’il a créée) en 2009 lors d’un sommet de l’OTAN à Strasbourg. On devine les reportages qui vont s’ensuivre : Sivens, Notre-Dame-des-Landes, la jungle de Calais, les manifs contre la loi Travail à Paris, Nuit debout et, pour finir, les gilets jaunes.

    Comme le disait, lundi, Kaspar Vogler, cinéaste venu le soutenir : « Gaspard Glanz incarne, avec quelques autres, une certaine forme d’indépendance. Même si son information peut être un peu partisane, c’est nécessaire aujourd’hui. » Un peu partisane, en effet. En témoignent, d’ailleurs, ses commentaires qui fleurissent sur Twitter, par exemple celui-ci à l’intention du ministre de l’Intérieur : « Tu es une grosse merde. Une grosse merde bien pourrie. » Ou encore celui-là, sous la photo de douze fonctionnaires de police de Rennes : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer. » Ça, c’est du journalisme, coco !

    Cela lui vaut, en tout cas, d’être estampillé martyr par Le Monde ou Libération. Du côté des autorités, évidemment, ce n’est pas tout à fait le même son de cloche. Gaspard Glanz, déjà condamné quatre fois, est fiché S. Réputé plus activiste tendance Black Blocs que journaliste, on le soupçonne de menées pouvant « porter atteinte à la sûreté de l’État ». Reporters sans frontières et le SNJ dénoncent, quant à eux, des « atteintes à la liberté d’informer » et les avocats le « harcèlement judiciaire ».

    On notera, au passage, que le SNJ n’est pas rancunier, sachant que Gaspard Glanz leur a abondamment craché dessus. C’est d’autant plus drôle lorsqu’on sait qu’il réclame une carte de presse qui, en principe, le protégerait, mais que celle-ci est refusée aux indépendants de la profession (de plus en plus nombreux) mais accordée seulement aux salariés. Et à qui le doit-on ? Au SNJ…

    Marie Delarue

    Source : http://bvoltaire.fr


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