• Florian Philippot, agent du Bilderberg ?

    Florian Philippot, agent du Bilderberg ?

    Par François-Xavier Rochette (RIVAROL)

     
    NOUS l’écrivons, nous l’imprimons depuis des années : le néo-FN présidé par Marine Le Pen joue un rôle précis au sein de la république universelle, pour la république universelle. Les gens curieux qui aspirent à autre chose que suivre une marque vue à la télé l’auront peut-être d’eux-mêmes remarqué.

    Depuis le tournant républicain insufflé par Madame Le Pen au Front National (le tournant idéologique était évident lors de la présidentielle de 2007 au cours de laquelle la fille de Jean-Marie occupait déjà une place stratégique fort importante ; elle préparait en quelque sorte sa future présidence au sein du parti), les puissantes offensives de subversion sociétale opérées par la gauche, les libéraux et les media ne sont plus dénoncées, plus condamnées.

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    Au contraire, oserions-nous dire, car quand elles ne sont pas tout simplement éludées comme s’il s’agissait de choses normales, elles sont soutenues en filigrane à travers le discours néo-frontiste. Nous avons explicité les mécanismes de cette fonction sociale dévolue au néo-FN à plusieurs reprises dans RIVAROL.

    Florian l’éclaireur

    Prochainement, dans Ecrits de Paris, notre revue mère, nous évoquerons une nouvelle fois cette crypto-subversion en étudiant de plus près le rôle joué par Florian Philippot, en analysant ses idées propres, sa vision du monde et en dévoilant certaines de ses amitiés parfois fort éloquentes quant à ses ambitions politiques et personnelles.

    Cependant, comme nous l’écrirons à la toute fin de l’article prochainement publié dans le numéro 807 des Ecrits de Paris (avril 2017), l’étude de l’entreprise Philippot doit être un exercice de longue haleine tant le travail de forage biographique est immense avec ce personnage fuligineux. Jusqu’à aujourd’hui nous nous étions focalisés sur le rôle joué par Marine Le Pen et son adjoint Philippot dans ce travail de trépanation du Front national et de la mouvance nationale qui s’assèche au fur et à mesure de leurs avancées progressistes.

    Mais cette évolution ne provoquant que peu de protestation en provenance des forces dites réactionnaires (souvent plus intéressées à l’image qu’elles renvoient d’elles plutôt qu’à œuvrer sans plier pour le Bien et la Vérité), ces imposteurs, ivres de réussite, ont poursuivi à toute vapeur l’épuration du néo-FN au profit des mignons progressistes, des maçons, de gens vides. Au profit des proches en premier lieu,au profit de ceux cultivant une même idéologie sociétale progressiste qui avance au trot derrière le petit bouclier patriotique en carton.

    Philippot a servi en première ligne, en trustant toutes les radios, toutes les télés ; il a débroussaillé le terrain ; il a donné l’exemple à ses jeunes recrues qui ont écouté les centaines d’interviews du bonhomme. Il y a quelques mois sur Europe 1, Monsieur Philippot avoua sur un ton malicieux son petit secret à une personnalité (Anne Roumanoff) peu informée sur la réalité politique :

    « Finalement, je fais pousser des idées, des idées plus positives que ce que vous ne semblez penser. »

    Traduction :

    « Si vous saviez, fille ingrate, ce que je fais véritablement, vous me laveriez les pieds après avoir ciré mes mocassins ».

    Bavard incompressible, l’Enarque (attaché au Ministère de l’Intérieur mis en disponibilité pour faire de la politique) a certainement en “off” expliqué en langage symbolique sa fonction républicaine. En revanche, il ne faut pas compter sur les “catholiques” officiels de KTO, La Croix et de l’émission au nom trompeur « Face aux Chrétiens » pour dévoiler la fonction de Florian Philippot puisqu’ils sont les complices de cette subversion.

    Une preuve, s’il en fallait une, l’émission justement de Face aux Chrétiens du 29 mars dernier qui eut pour invité Florian Philippot. En effet, au cours de cette interview de 50 minutes, nous n’avons entendu aucune question liée à la religion, aux principes, aux attaques sociétales orchestrées par l’engeance progressiste.

    L’avortement ? Pas un mot, même pas une allusion.

    Le suicide assisté ? Pas un mot ?

    La pornographie partout ? Pas un mot.

    L’homosexualisme et ses lois folles ? Pas un mot.

    Les affaires de pédomanie sadique et organisée ? Connais pas.

    Les questions de toxicomanie n’ont pas été abordées.

    Rien.

    Rien sur la « culture du bonsaï », mais toujours la même rengaine autorisée, car elle l’est, sur le retour du Franc (qui vaudra toujours un euro…) et sur la SNCF de Guillaume Pepy, une SNCF à sanctuariser comme l’avortement.

    Voilà où est tombé le néo-FN sous l’égide d’agents du Système comme Madame Le Pen et Florian Philippot. Et il faut le répéter inlassablement : cette indigence discursive n’est pas une tactique politique mais l’essence d’une subversion. Derrière lui, au néo-FN, sont déjà prêts les sosies de Florian Philippot, notamment son père Daniel et son frère au carnet d’adresses gros comme un annuaire, Damien.

    L’ombre de Florian, Damien le copain

     
    Nous ne vous cachions pas notre surprise lorsque nous avions appris il y a quelques années que le propre frère de Florian Philippot, alors numéro deux du néo-FN, occupait une place très importante (et déjà depuis quelques années quand nous avons pris connaissance de cette information) à un âge bien précoce au sein du célèbre et puissant organisme de sondages et de statistiques, l’IFOP, dirigé et détenu par la non moins célèbre Laurence Parisot.


    Nous avions appris cela par hasard alors que le media obèse prétendument enclin à mettre des bâtons dans les roues de la révolution frontiste fermait étrangement sa bouche sur un point qui en disait long sur quelque complicité en haut et au centre du Système.

    Enfin ceci expliquant cela, nous avions fourni l’information aux lecteurs de RIVAROL. Certains l’ont pris à la légère. Tant pis, les choses ont évolué, et d’autres éléments biographiques de Damien Philippot, le frère noctambule, ont été révélés ici et là, d’une manière parcimonieuse (quand même) par les journaux mainstream.

    Damien Philippot, il faut le dire, est un rescapé. Il est sorti entier de l’école primaire de Bondues, l’école de tous les scandales, l’école Maxence Van der Meersch où travaillait sa défunte maman en tant qu’institutrice qui a dû en baver dans les années 2000 avec le passé sombre de cet établissement scolaire qui abrita le fou furieux, Jacques Lohez, pédophile condamné en 2004-2005 à plus de 15 ans de prison ferme pour des viols commis sur de nombreux petits enfants.

    L’affaire débute avec les plaintes de fillettes souffrant de handicaps dans l’école où il finit sa triste carrière à Lille. A la suite de la médiatisation de cette affaire lilloise, des victimes de l’école de Bondues ont également porté plainte et ont détaillé les atrocités qu’elles ont dû endurer. Plusieurs enfants ont été là-aussi abusés, des fillettes et des garçonnets de 7-8 ans. Fin 1985-début 1986, la mère d’une élève avait déjà dénoncé des faits similaires alors que l’instituteur enseignait dans une école de Bondues (Nord).

    Les non-dits de Bondues

    La petite ville bourgeoise de Bondues tombait de haut ! D’autant plus qu’au cours du procès de Jacques Lohez, une victime reprochait à tout le personnel enseignant de l’école Maxence van der Meersch de ne pas l’avoir écoutée. Une terrible affaire qui a dû perturber l’ensemble des maîtres et maîtresses de Bondues ainsi que ses habitants. Madame Philippot-Dondaine, la maman de Florian et de Damien, a dû être éprouvée par ces abominations, d’autant plus que ses enfants ont fréquenté cette école marquée à tout jamais du sceau de l’infamie, à l’époque où sévissait le prédateur pédomane.

    Dans un long papier étonnamment fourni du magazine en ligne Vanity Fair (mais qui n’est pas informé de l’histoire tragique de Bondues), nous apprenons que Marion Philippot-Dondaine, la mère de Florian et Damien Philippot, était épuisée ces dernières années comme si elle supportait le poids de ces horreurs. On comprend mieux aujourd’hui l’infinie tristesse gravée sur les visages des « frères siamois ». Las, elle succomba d’une longue maladie en 2009. Vanity Fair écrit :

    « La terre recouvre le cercueil, l’enfance disparaît, tout est possible. »

    C’est étrange. Pourquoi l’enfance disparaîtrait-elle avec la disparition de la maman ? Philippot ne cachait plus (s’il l’avait cachée) sa proximité avec le néo-FN depuis des mois. Le 5 ou 6 octobre 2009, Florian parla de l’intervention remarquée de Marine Le Pen qui cita à la télévision, en direct, le 5 octobre, un extrait du livre ordurier de Frédéric Mitterrand écrit 4 ans plus tôt, La Mauvaise vie. Selon Florian qui se livre dans Vanity Fair, sa mère aurait répondu :

    « Ma mère n’était pas franchement enthousiaste, se remémore Florian Philippot, étrangement amusé de cette anecdote. Elle m’a dit : “Oh, quand même, c’était rude. Le pauvre, il m’a fait pitié.” On n’en a plus jamais reparlé. ».

    Pourquoi Philippot a-t-il balancé une telle idiotie à la presse ? Pourquoi une institutrice de l’école primaire Maxence van der Meersh de Bondues qui fut, il y peu, l’objet d’un scandale sordide lâcherait-elle des propos empreints de commisération à l’endroit de l’azimuté Frédéric Mitterrand ?

    Ce n’est pas l’unique anomalie dans le story-telling de la famille Philippot. Damien Philippot, le frère aîné, sorti de l’ESSEC, fut donc rapidement embauché, très jeune, par Laurence Parisot, membre du Siècle et du Bilderberg.

    C’est quand même délirant, non ? Rappelons à nos lecteurs que Laurence Parisot entretient depuis de nombreuses années une amitié particulière avec l’animatrice-journaleuse Arlette Chabot. (Précisons également que Florian Philippot travailla plusieurs années à temps partiel dans différents instituts de sondages, et même pour l’IFOP où il interviewa son propre frère. Il travailla également pour l’hebdomadaire Marianne pour lequel il écrivait plusieurs articles. Il connaît bien Jean-François Kahn et son frère Axel Kahn qu’il côtoie depuis le début des années 2000.) C’est cette même Arlette Chabot qui décerna le Prix du meilleur élu local à… Steeve Briois en 2015 ! Rappelons que le maire d’Hénin-Beaumont est un proche de Florian Philippot et de Damien, le Frangin.

    Un petit mot sur Laurence Parisot qui couva la famille Philippot, républicaine et ouverte sur le monde. Depuis 1987, Laurence Parisot fait partie du petit cercle organisé à Paris par le légendaire Richard Descoings (disparu au cours d’une orgie homosexuelle) et son prédécesseur à Sciences-Po, Alain Lancelot, ainsi que l’ancien amant de Descoings, le patron de la SNCF Guillaume Pepy.

    Au début des années 1980, Parisot est tout simplement la collaboratrice d’Alain Lancelot qui l’a fait entrer à l’institut de sondage Louis-Harris en 1985 ; l’année suivante, elle en devient directrice générale. En 1990 elle prend la direction de l’institut de sondages IFOP, dont elle détient 75 % du capital. En 2007, après avoir placé Damien Philippot à un poste stratégique, elle laisse la direction pour la vice-présidence qu’elle conserve toujours aujourd’hui.

    Paradoxalement, Laurence Parisot cosigne en 2011 Un piège bleu Marine, ouvrage dans lequel elle critique le programme économique du FN rédigé en grande partie par les Philippot; comme si Parisot et ses amis d’en-haut organisaient leur propre opposition pour la contrôler complètement. Ou une partie de billard à trois bandes ! Qui l’aurait cru ?

    Les bons plans de Paul-Marie Couteaux

    C’est Paul-Marie Coûteaux, dans Vanity Fair qui, par ses propos légers, donne des indications sur l’identité de Damien Philippot, le frère “génial”. Il faut vraiment lire ce passage de l’article surprenant de Vanity Fair pour mieux la saisir, cette identité :

    « Qu’est-ce qu’elle est belle ! confie-t-il à l’un de ses amis au printemps 2009. La télé grossit; elle est beaucoup mieux en vrai. »

    Florian Philippot a eu, selon ses propres mots, un crush (un béguin en anglais), pour Marine Le Pen alors qu’il vient de sortir de l’ENA. Faute d’avoir pu décrocher la direction du Trésor en raison de son médiocre classement (34e), il a intégré l’IGA (Inspection générale de l’administration) place Beauvau, une bonne planque bien payée qui lui laisse du temps libre. La révélation a eu lieu chez le député européen Paul-Marie Coûteaux, un énarque vieille France (sic), gaulliste-souverainiste, fin lettré, ouvertement homosexuel, qu’il a approché près du jardin du Luxembourg lors d’une séance de dédicaces.

    « Florian était tout jeune énarque, se souvient le sexagénaire, mandibule taillée au scalpel. Il m’a dit qu’il avait lu tous mes ouvrages, qu’il m’admirait et qu’il était à prêt à s’engager, ce qu’il fit avec une grande efficacité, en m’aidant pour le site web du Rassemblement pour l’indépendance et la souveraineté de la France (RIF). Je connaissais déjà son frère, que j’avais rencontré dans le petit milieu gay, par l’intermédiaire d’un ami banquier. »

    Le dandy nationaliste, proche de Marine Le Pen qu’il fréquente au Parlement européen et emmène souvent festoyer à la frontière allemande, se prend d’amitié pour les frères Philippot. Il les invite au Flore, chez Lipp, dans sa maison de campagne.

    « Je les trouvais touchants; ils étaient inséparables, avoue-t-il. Nous partagions les mêmes idées sur l’Europe et nous discutions de l’avenir du souverainisme. » Philippe de Villiers a alors disparu du paysage. Rallier l’UMP leur semble impensable. Mais Marine Le Pen, qui n’a pas encore succédé à son père, a de l’avenir d’autant plus qu’il n’y a plus grand-monde autour d’elle, les mégrétistes étant partis.« Moi, je pensais qu’on pourrait l’amener dans notre giron et reconstruire avec elle la droite classique, poursuit Coûteaux. Damien, lui, prônait un rapprochement avec le Front national. Florian et lui voulaient à tout prix rencontrer Marine. »

    En mai 2009, Paul-Marie Coûteaux organise donc un dîner chez lui, rue du Vieux-Colombier, à Paris. Dans sa bonbonnière aux coloris chauds chargée d’antiquités, il a mijoté un veau aux olives. « Ah, encore un énarque ! On va se barber », l’avait taquiné Marine Le Pen. À table, elle est guillerette. La conversation coule avec les grands crus. Les Philippot évoquent leurs trajectoires : ils viennent de la gauche, abhorrent l’Europe, adulent la République. Ils sont soudés, avec une ambition farouche. Pour l’héritière du FN, ils sont un signe, celui du basculement du parti. Le lendemain, elle remercie son hôte :

    « Fumants, ces deux frères, on va travailler ensemble ! ».

    Fumeux étaient-ils surtout aux yeux des gens honnêtes qui se posaient quelques questions à leur sujet. Aujourd’hui, il faudrait indéniablement faire preuve de mauvaise foi pour dire que cette famille est “patriote”, “nationale” alors qu’elle fait partie du personnel des Bilderberg par le truchement des Laurence Parisot, des gros media, et de la Maçonnerie à laquelle appartiennent indubitablement plusieurs membres importants du Rassemblement Bleu Marine.

    Le père Philippot, Daniel, lui, se réfère à de drôles de personnalités sur son blog et cite, éhonté, au Conseil régional et sur son blog, Caroline Fourest, l’aficionado des Femen… Ce n’est plus De Gaulle le héros de cette famille, c’est Mitterrand l’ésotérique, Mitterrand l’interlope. Bienvenue au néo-FN !

    Article de François-Xavier ROCHETTE, publié le 6 avril 2017 dans le numéro 3277 de Rivarol (pour s’abonner)

    https://oddr.ovh/site/qui-est-vraiment-florian-philippot/


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