• Face aux plans sociaux, l’indifférence grandissante des candidats

    Face aux plans sociaux, l’indifférence grandissante des candidats

    Publié le 14 avril 2017 par Dominique MOREL

    Des employés de Whirlpool devant la mairie d'Amiens, le 4 février. Photo François Nascimbeni. AFP

    Des employés de Whirlpool devant la mairie d'Amiens, le 4 février. Photo François Nascimbeni. AFP

    La visite du candidat en campagne dans les entreprises en difficulté ne fait plus recette. Le distributeur de prêt-à-porter Mim a ainsi été partiellement liquidé par le tribunal de commerce de Bobigny dans la plus parfaite indifférence alors que près de 800 emplois vont être supprimés. Les 300 salariés du fabricant d’électroménager Whirlpool à Amiens, promis à la délocalisation en Pologne, ne sont pas plus prévus dans le road tour des prétendants à l’Elysée. Seule exception notable, Ecopla, en Isère : ce producteur de barquettes en aluminium, repris par un industriel italien alors qu’il existait une proposition de reprise par les salariés. Le site a reçu la visite d’Emmanuel Macron et de Benoît Hamon.

    Serait-ce l’ambiance brasero et l’odeur de merguez à l’entrée des ateliers qui feraient fuir les candidats version 2017 ? Il est plus probable que leur absence s’explique par le syndrome Florange 2012. Cette année-là, le candidat François Hollande avait fait le déplacement jusqu’aux hauts fourneaux de Moselle. Il avait alors promis une loi contraignant les grandes firmes désireuses de fermer une unité de production de la céder à un repreneur. Un an plus tard, le site, propriété du sidérurgiste Arcelor, fermait définitivement ses portes.

    Depuis, les candidats, toutes tendances confondues, ont effectué un calcul aussi cynique que politique : ils ont plus à perdre qu’à gagner à être présents sur ces champs de bataille économique. Leur capacité d’action y est inexistante. Ce n’est là, finalement, que le constat de l’impuissance du politique face à une décision économique. Qu’importe si quelques années plus tôt c’est la puissance publique qui avait privatisé Arcelor avant d’en autoriser la vente à son concurrent indien Mittal. Et même lorsque l’Etat est actionnaire, sa capacité d’action est tout aussi limitée. En 1997, déjà, Lionel Jospin, Premier ministre, futur candidat à la présidentielle et confronté à la fermeture de l’usine Renault de Vilvorde, en Belgique, avait eu ces mots : «Je ne peux apporter une réponse à une question industrielle.» 

    Franck Bouaziz

    source Libération


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