• Les Harkis, ces oubliés de l’Histoire                    

     José CASTANO

    « Les harkis, ce magma dont il faut se débarrasser sans attendre » - De Gaulle, lors du Conseil des Ministres du 4 Mai 1962 – (rapporté par Alain Peyrefitte)

    Héros pour les uns, traîtres pour les autres, l’histoire des harkis est mal connue des Français. Dans le langage courant, on désigne aujourd’hui sous le nom de harkis toutes les catégories de supplétifs de la guerre d’Algérie : harkis, moghaznis, Groupes Mobiles de Sécurité, Groupes d’autodéfense, unités territoriales et auxiliaires de la gendarmerie, à l’exclusion des appelés et des militaires sous contrat.

    C’est en janvier 1955 que, pour les besoins de guerre d’Algérie, virent le jour les premières unités musulmanes.

    A partir de 1957, las de la tyrannie du FLN qui multiplie les sévices à l’encontre des populations autochtones du bled : enlèvements, rançons, égorgements, razzias sur les douars, sévices multiples et raffinés, les habitants vont se soulever et rejoindre en masse l’armée française.

    En décembre 1958, à l’initiative du général Challe, le nombre des harkis passera de 28 000 à 60 000. Ils formeront d’efficaces groupes de combat œuvrant au plus près des soldats d’élite, paras, légionnaires et commandos.

    En 1959, 6 000 d’entre eux seront affectés dans les Commandos de Chasse créés dans chaque Secteur pour éliminer les rebelles qui ont échappé aux opérations du Plan Challe. Par ailleurs, 2000 douars représentant 55 000 hommes armés, seront placés en autodéfense, soit un total de 223 000 soldats autochtones qui combattront sous l’uniforme français avec une efficacité et une ardeur reconnues de tous…

    Fin 1958, la guerre est pratiquement terminée sur le terrain. Le FLN, exsangue, ne se maintient plus que par ses attentats sournois et barbares. R. MADAOUI, alors officier de l’Armée de Libération Nationale (ALN), rejoindra, comme sous-lieutenant, une unité régulière de l’armée française dans l’Ouarsenis puis, plus tard, les rangs de l’OAS. Il écrira : « L’espoir est si grand que la Wilaya IV (la sienne) pavoise aux couleurs de la France, que les rebelles cessent les attentats et déposent leurs armes devant les mairies ». Ainsi, les fellaghas, eux-mêmes, sûrs de leur impuissance, brandissent des drapeaux français dans leurs repaires…

    L’ex-officier de l’ALN, Ali BOUZIANE, qui rejoindra les harkis du fameux « Commando Georges », unité créée par le Colonel BIGEARD, écrira sur ce point : « La population, qui était notre raison de combattre et notre soutien, nous abandonne. J’ai confiance en De Gaulle, et mes frères dans le maquis aussi. Nous avons été trompés, et l’Algérie heureuse, nous la ferons avec lui ».

    De Gaulle, désormais installé à l’Elysée, reçoit le Bachaga BOUALAM qui lui dit : « Mon général, donnez-moi 500 000 harkis, et vous pouvez renvoyer tous les appelés chez eux ; je vous garde l’Algérie à la France. » De Gaulle ne répondra mot et, contre toute attente, se prononcera pour l’intégration, solution utopique à laquelle ni les Musulmans, ni les Européens, ni les militaires, ne croient.

    Le 19 janvier 1960, recevant exceptionnellement les élus d’Algérie, de Gaulle les sidéra en déclarant avec une certaine hauteur : « L’intégration est une connerie, d’ailleurs, l’armée ne fait que des conneries ! » Et, toisant insolemment le député musulman M’hamed Laradji, il ajouta avec un mépris glacial : « Les Musulmans ne seront jamais des Français ! ».

    Laradji qui eut dix membres de sa famille assassinés par le FLN soutint le cynisme de de Gaulle en insistant sur le fait que la politique menée par le Chef de l’Etat allait faire souffrir les Algériens pro-français… ce à quoi, la « grandeur gaullienne » répondit sèchement : « Eh bien, vous souffrirez ! ».

    Le 10 juin 1960, le colonel de l’ALN, SI SALAH, chef de la wilaya IV (Algérois),  décide de faire un putsch contre le GPRA et, reçu avec ses adjoints, les commandants Si Mohamed et Lakhdar à l’Elysée par De Gaulle, ils lui annoncent la reddition dans un premier temps des trois quarts des combattants de l’ALN. Mais De Gaulle, ne voulant déjà plus entendre parler de l’Algérie française, leur opposera une fin de non recevoir et ses services, par la voix d’Edmond Michelet, informeront le Ministre des Affaires extérieures du GPRA, Krim Belkacem, de cette proposition de reddition. Commencera alors une purge sanglante au sein de leurs partisans qui ne connaîtront aucune clémence de la part des « frères » installés en Tunisie. Le secret de cette entrevue avec le Maître de l’Elysée devant être rigoureusement gardé, tout sera mis en œuvre pour éliminer définitivement les derniers témoins et Si Salah et Si Mohamed seront tués par les troupes françaises dans des conditions plus que curieuses…

    Dès lors, cette affaire qui se présentait comme une immense occasion pour apporter une paix française à la guerre d’Algérie, se terminera dans le sang et demeurera la grande énigme de ce conflit.

    Après l’échec du putsch d’avril 1961, les harkis, soucieux, désemparés et amers, répèteront inlassablement à leurs chefs : « Il fallait déclarer la mobilisation générale en Algérie, faire une levée en masse de harkis, renvoyer tous les appelés chez eux, et on avait le monde entier avec nous. »

    Mai 1961, nouvelle décision désastreuse du général président qui atterrera les Musulmans fidèles à la France : La trêve unilatérale accompagnée de la libération de 6000 fellaghas. Dès lors, l’ALN exsangue, forte de ces renforts successifs, va se reconstituer et reprendre de plus belle ses actions meurtrières sans réelle opposition des troupes françaises, privées par ailleurs d’une partie de leurs unités d’élite dissoutes au lendemain de l’échec du putsch. A partir de ce moment, les supplétifs comprendront que, pour eux, c’est la fin… et les premières désertions verront le jour.

    Cependant, avec une inconscience révoltante, les déclarations officielles continuaient de pleuvoir. Dans une homélie fracassante, le général Gambiez s’écriait à l’adresse des harkis : «Vous avez mené le bon combat. Soyez sans crainte, la France ne vous abandonnera pas ! » Et dans une déclaration aux cadres, Pierre Messmer, le ministre des armées, affirmait avec solennité : « Pour rassurer ceux qui combattent et se sont engagés à nos côtés, nous devons leur répéter la volonté de la France de n’abandonner aucun de ses enfants. »… Cela s’adressait aux Musulmans servant sous l’uniforme français.

    Pourtant le dégagement militaire avait commencé depuis le mois de juin 1961 par le rapatriement de deux premières divisions et l’évacuation de 1000 postes de protection de la population du bled. Mais afin de rassurer les consciences, on continuait d’assurer avec une apparente conviction qu’en aucun cas la population civile n’aurait à souffrir de ces mesures ou à voir sa sécurité diminuer…        

    Quel leurre !... Pauvres Musulmans ! Vous avez accepté de servir dans les groupes d’autodéfense ou les unités combattantes, vous êtes devenus des harkis, c’est-à-dire, soldats de la France : vous serez égorgés, tués à la hache, ébouillantés, coupés en morceaux ; vous aurez les yeux crevés, les mains coupées, vous serez traînés dans les rues sous les huées d’une foule déchaînée et vous périrez après d’horribles tortures !

    Ah ! Quelle déchéance et quelle souffrance de mourir ainsi en sachant combien cette France qu’ils avaient tant aimée était veule, combien elle était lâche devant la fourberie, la trahison et le despotisme…

    Ce fut l’un des grands mensonges de ce drame algérien qui en avait vu tant, mais d’autant plus odieux qu’il couvrait l’abandon et la mort d’innombrables Musulmans livrés à la vengeance du FLN.

    Mais qui aurait pu penser, en Métropole, que depuis sept ans des soldats Musulmans pourchassaient sans répit les fellaghas, que depuis sept ans ils mouraient pour la France et l’Algérie française… et que depuis des mois on cherchait à faire oublier –comme jadis en Indochine- leur existence ?

    Mais comment cacher qu’en nombre croissant, ces Musulmans fidèles rejoignaient les combattants de la cause française… c'est-à-dire, l’OAS ?

    Si les sphères dirigeantes ne savaient plus comment cacher cette nouvelle situation, le GPRA n’ignorait pas qu’il ne pourrait leur imposer son autorité que si auparavant, l’armée française les avait désarmés.

    Du coup, l’Elysée prit peur. Il fallait à tout prix désarmer ces hommes trop zélés qui s’imaginaient encore pouvoir rester français…

    Et ce fut, alors, l’ignoble campagne de désarmement, la conclusion du pacte tacite entre le Pouvoir et le FLN…

                Après avoir évacué les postes militaires du bled et les avoir remis, intacts, aux ennemis d’hier, la troupe reçut l’ordre de désarmer les autodéfenses. Pour ces pauvres gens qui avaient eu confiance en la parole de la France et en ses officiers, la restitution des armes signifiait la mort à plus ou moins brève échéance…

    Sans doute, que les militaires avaient reçu des ordres stricts. Sans doute, ils se devaient d’obéir à ces ordres. Mais le serment de jadis de conserver l’Algérie à la France et de protéger cette population n’avait-il pas été également prononcé ?

    Le vieil honneur qui vous lie à une parole est-il une chaîne dont il est loisible de couper les anneaux ? La vie est bien longue à celui que trouble le remords…

    Dès lors, désarmés, livrés sans défense à la vindicte du vainqueur, le génocide des harkis commençait…

    Et dans toute l’Algérie on fusilla après avoir torturé, on mura dans des bâtisses de pierres, on enterra vivants, on brûla sur des bûchers, on flagella, on égorgea, on roua de coups des victimes enfermées dans des sacs, membres liés.

    Dans le Nord-Constantinois, des femmes tuèrent même des captifs à coups de dents !…

    Dans le bled où le drapeau vert et blanc remplaçait désormais le tricolore, les Musulmans qui avaient toujours été fidèles à la France s’accrochaient désespérément aux camions militaires français et, à bout de force, tombaient en pleurant dans la poussière de la route. Ce sont des images que seuls ceux qui ont une conscience ne pourront de si tôt oublier…

    Et l’horreur de la situation devint telle que le Lieutenant de Vaisseau Cucherat rejoignit les rangs de l’OAS et résuma dans un cri d’indignation à l’adresse des officiers français toute cette tragédie :

    « Il n’y a pas en ce monde d’expiation qui puisse ressusciter les harkis ébouillantés, effacer les mutilations des suppliciés… réparer le suicide des pères désespérés, ou guérir les vieillards conduits à la folie par votre traîtrise et votre lâcheté. Il n’y a pas de drogue qui puisse endormir en vous cette honte et ce remords qui vous empêcheront de plus regarder jamais dans les yeux, à supposer qu’ils vivent encore, le chef de votre ancienne harka, ou le maire de votre regroupement, et tous ceux qui avaient cru en votre parole, s’étaient engagés derrière vous et à qui vous avez menti… »

                                                                                                                                                                                                                        José CASTANO

                                                   e-mail : joseph.castano0508@orange.fr

    NB : Alors que les « gogos de service » commémorent toujours « l’appel du 18 juin », et le « 19 mars 1962 » (date du cessez-le feu en Algérie), il est bon de rappeler les ordres criminels donnés par de Gaulle lors des séances du Comité des Affaires Algériennes, qu'il présida de 1959 à 1962. Ceux-ci furent rapportés par son conseiller, Raymond Aron, dans ses mémoires « 50 ans de réflexion politique » (p.388 – Julliard) : « les harkis, pour la plupart, furent livrés à la vengeance des vainqueurs sur l'ordre peut-être du général de Gaulle lui-même qui par, le verbe, transfigura la défaite et camoufla les horreurs... ». Cette action criminelle fut dénoncée au Parlement dès mai 1962 par le Bachaga Saïd BOUALEM, Vice-président de l'Assemblée Nationale, et par le Professeur Maurice Allais, Prix Nobel d'Economie, dans son ouvrage « L'Algérie d'Evian » (L'Esprit Nouveau - mai 1962). Le président algérien Abdelhaziz Bouteflika a reconnu ce massacre en déclarant sur Radio-Beur FM, en octobre 1999, parlant de la répression contre le GIA : « Nous ne faisons pas les mêmes erreurs qu’en 1962 où, pour un harki, on a éliminé des familles et parfois des villages entiers ». (« La Croix » du 17 juin 2000).


    votre commentaire
  • M COMME MASTER, M COMME MALTHUSIANISME

     Par :Jean Claude Martinez

    M COMME MASTER, M COMME MALTHUSIANISME

    Le 4 Octobre 2016. Un accord vient d’être trouvé, entre les universités et les syndicats étudiants, pour résoudre le problème fabriqué de toute pièce de l’admission en master. De quoi s’agit-il ?

    Des décennies durant, sinon des siècles durant, tout étudiant pouvait suivre tout le parcours universitaire jusqu’à un doctorat, couronné par une thèse et le titre de docteur. Cela fonctionnait normalement dans une communauté universitaire où une seule idée régnait en maître : « au banquet de l’intelligence et des savoirs il y a de la place pour tous les étudiants ».

    Depuis deux décennies toutefois, comme venu des forêts de l’économie anglo-saxonne et ayant déjà contaminé nombre de décideurs politiques d’Europe et du monde, un virus idéologique s’est transmis aux dirigeants universitaires. Avec un tableau neurologique au niveau de l’aire de Broca du langage. Les contaminés prononcent en effet toujours les mêmes mots : « performance », « rentabilité », « marché », « coût », résultat », « sélection ».

    Cette pathologie, apparemment nouvelle, n’est en réalité que l’expression linguistique d’une affection plus générale et plus ancienne, puisque observée pour la première fois au XVIIIème siècle, chez un pasteur anglais du nom de Malthus. D’où le nom de malthusianisme, pour ce syndrome , appelé parfois aussi économisme.

    Dans le monde des universités, françaises, européennes, sinon du monde, cette affection s’est cristallisée à Bac +4. C’est à dire au niveau de ce que l’on appelait en France les DEA et DESS, au Maroc les CES, et maintenant les masters, depuis la création en 2010 de l’espace européen de l’enseignement supérieur , constitué de 47 Etats , Turquie et Russie comprise, plus l’Afrique . Tout cela au terme d’un processus, dit de Bologne, amorcé après la déclaration de la Sorbonne du 25 mai 1998.

    Concrètement, un étudiant sorti de licence, après 3 années , continuait normalement une 4ème année, connue sous le nom de master 1. Ensuite il pouvait faire une 5ème année, appelée master 2 et après, s’il le souhaitait, il commençait une thèse lui donnant le titre de docteur.

    Sous des prétextes fallacieux, depuis quelques années des universitaires et des universités se sont mis à parsemer d’obstacles ce parcours jusqu’ici naturel. Par exemple, un chercheur devra faire sa thèse de droit en 3 ans. Pourquoi 3 ans ? Pourquoi pas 4, pourquoi pas 2 ? La raison objective est aussi inexistante que celle du plafond révélé des 3% de PIB de déficit budgétaire autorisé par le traité de Maastricht. Ce chiffre est stupide. Le Nobel Stiglitz le rappelle encore dans son dernier livre (Comment la monnaie unique menace l’avenir de

    l’ Europe, Les liens qui libèrent , 2016) .Mais c’est ainsi.

    Pour les masters 2, des directeurs les dirigeant se sont mis à mettre des sélections. Sur quelles bases ? L’examen des dossiers ? Par qui ? Par le directeur du master seul. Sur la base de quels critères ? Critère inconnu, non précisé, non objectivé. Certes en tenant compte par exemple de mentions à la licence, mais pas seulement. L’air du temps, le « mainstream », le subjectif, voire l’orgueil, sont aussi entrés en ligne de compte .

    Je donne un exemple. De 1983 à 2000, je donne l’enseignement de droit fiscal général et j’anime les séminaires de doctorat du master Finances publiques et fiscalité de l’Université Paris 2. Depuis sa fondation, il ne comporte aucune barrière à l’entrée. Tous les vendredi soir de 19H à 22H et les samedi matin de 9h à 11h, dix sept ans durant, 90 à 120 étudiants suivent annuellement ce master. C’est même un rendez vous fiscal. Chaque semaine des anciens doctorants, devenus avocats, directeurs d’administration fiscale, secrétaire général de l’Organisation mondiale des douanes, professeurs, au Maroc, au Mexique, en Chine, de passage à Paris, viennent librement à ces vendredi et samedi de la fiscalité. Il y a même, des années durant , Maurice Lauré , rien moins que l’inventeur de la TVA.

    Au début de la décennie 2000, un nouveau directeur de master, décide, seul, de mettre son filtre , son écluse. Il ne recrute plus qu’une trentaine d’étudiants par an. Pourquoi ? Au nom de la sélection, justifiée par une mystérieuse élévation du niveau. Résultat : dans une salle où la veille 120 étudiants cherchaient, innovaient, pour le même coût de lumière, de chauffage et d’enseignants il n’ y en aura plus qu’une trentaine. En final, en 2009, il y en aura même 0, puisque la sélection conduit dans sa logique extrême à ne sélectionner forcément que le sélectionneur. Lui seul étant à son niveau.

    Après les Restos, les masters du cœur…

    Et nous voilà au cœur de la sélection, avec ses non dits, ses tabous voire sa corruption. Que va t il se passer en effet, dans le cadre du nouvel accord 2016 sur les masters. Quatre dérives.

    Dérive 1 vers le pharisianisme. En novembre 2016, une loi va proclamer le droit pour tout étudiant avec une licence à poursuivre sa vie étudiante. Comme la loi Veil de 1976 avait proclamé en préambule aussi le droit à la vie, comme les lois Hollande, sur l’organisation territoriale ont proclamé encore le droit à la vie pour les communes, avant d’en faire disparaître des centaines par les fusions sous chantage financier.

    Dérive 2 vers des filières masters des pauvres

    Les étudiants vont donc avoir le droit reconnu de continuer leurs études et en parallèle les universités vont avoir le droit de les sélectionner , cette fois-ci officiellement. Sur dossier, sur concours, sur critères de leurs choix. Dans le conflit de ces deux droits, lequel va l’emporter ? Evidemment le droit à la sélection. D’ailleurs l’accord d’octobre 2016 prévoit qu’un décret organisera le sort des étudiants recalés, c’est à dire privés du doit de continuer leurs études. Ils auront un recours possible auprès du recteur.

    Mais de juillet à septembre, que pourra faire le recteur pour ces étudiants qui ont un droit au master mais qui ont été refusé en master ? Il les fera inscrire d’office en master ? Evidemment que non. Où iront – ils alors ? Dans un master de refugiés à Calais ?

    Le recteur ne pourra que rechercher les quelques places de master disponibles en France et répartir les recalés comme des syriens étudiants à caser dans des universités d’accueil ou dans des ersatz de master. Qui seront évidemment des places pour les pauvres. Des sortes de « masters du cœur » que les Coluche recteurs dégoteront sur la carte universitaire du pauvre.

    Les quelques recalés riches partiront à la Catho rue d’Assas , de Lille ou d’ailleurs, en Roumanie , Belgique , Algérie, comme le font déjà les recalés du numerus clausus de médecine. Mais la masse des recalés pauvres, constituée des derniers survivants des étudiants fils et filles d’ouvriers ou de petits employés, qui avaient survécus dans la précarité aux 3 années de licence, vont avoir droit à des sortes de masters professionnels d’universités de banlieues, comme les jeunes de Creil ont aussi le droit d’aller au lycée, mais qui n’est pas celui que fréquentent les petits sélectionnés d’ Henri IV ou d’ Hélène Boucher.

    Que va t il alors se passer ? La vérité va très vite se diffuser et chacun essaiera de sauver sa peau comme il pourra. Avec les seuls moyens à la disposition des pauvres acculés dans ces cas là. Comme on fait déjà dans le monde de la GPA pour survivre ou du cobaye pour les nouveaux médicaments des laboratoires, quelques recalés iront sauter l’obstacle, avec leurs moyens du bord. Comme certains de leurs camarades d’universités d’Afrique ou du Mexique où j’ai enseigné, le font. La loi Belkacem de sélection amènera de la corruption. Au degré de marginalité que le tabou sinon l’omerta ne diront pas.

    Sélection – corruption ?

    Dérive 3 vers de la corruption. Madame la ministre sait que monsieur le président Laroussi Oueslati, de l’université de Toulon, a été condamné pour corruption dans un trafic d’inscriptions d’étudiants chinois. A ce niveau bien sûr c’est marginal. Tous les petits coups de pouce du favoritisme artisanal et sympathique, inhérents à la condition humaine et aux relations maître et disciples, ne font pas un risque sérieux de grande échelle de corruption.

    Avec la sélection officialisée qui va donner au directeur de master un droit de vie ou de mort à la poursuite des études doctorales, c’est la mise en place d’un pouvoir et depuis Montesquieu , on sait que « toute personne qui a du pouvoir est portée à en abuser ». Aux rapporteurs, de l’Assemblée nationale et du Sénat , qui vont rapporter sur le projet de loi instituant cette sélection en master, peut être faut il leur suggérer quelques brefs voyages d’information et de droit comparé dans des universités d’autres continents . Ils y découvriront comment des étudiantes et des étudiants s’adaptent pour « flexibiliser » la sélection et faire preuve de l’esprit de résilience cher à Boris Cyrulnik.

    C’est qu’avec la sélection, au nom de la performance et de la rentabilisation des moyens, chacun des acteurs, sélectionneur et sélectionné, doit rentabiliser sa situation . Et c’est cette quête de la rentabilité qui porte en germe du risque naturel de corruption.

    Mais il y a pire, avec le risque d’une quatrième dérive vers la réduction du nombre des chercheurs étrangers. Dans la sélection évidemment, l’étudiant étranger, colombien, thailandais, chilien, va subir le handicap de langue. Trois années durant, il aura ramé. Surtout avec l’angoisse chaque année de son titre de séjour à renouveler. Parce qu’en France si tout clandestin a des droits, à l’ AME notamment, l’étudiant entré avec papier et bien plus tracassé qu’un fiché S . ll suffit de se rappeler ce que la circulaire Guéant à fait vivre avant 2012 aux chercheurs étrangers.

    Le dossier de l’étudiant étranger sera probablement moins bon. A la sélection il sera donc moins bien placé. De proche en proche, on risque de voir alors l’université se mono nationaliser et s’appauvrir en réduisant son champ de recrutement. Déjà, la suppression sotte des DSU , qui créaient une passerelle par où des centaines d’étudiants étrangers sont passés , comme un sas pour accéder au master , nous a privé , dans les facultés de droit, de Chinois, de latinos, d’indiens. Avec une sélection institutionnalisée , on va encore se priver d’un supplément d’étudiants amenant à leurs camarades français l’ouverture du champ visuel.

    La sélection contre la francophonie

    Et s’il y a une sélection par concours, on verra alors une autre dérive vers la désafricanisation. Il faut faire confiance en effet au « mainstream culturel » des universitaires . Pour sélectionner, ils vont en effet caricaturer leurs références à peine secrètes : Harvard, Columbia , MIT, Chicago et autres temples de la sélection. Des épreuves, écrites , orales, seront en anglais . Comme ont le fait déjà dès la première année. Sans parler des écoles d’avocat où il y a aussi de l’anglais. Pour être bien sûr que le futur avocat dira comme au cinéma : « exception votre honneur… ».

    A ce jeu là, évidemment que les étudiants d’Afrique francophone vont être défavorisés et peu à eu éliminés . La sélection va conduire en quelques décennies à l’affaiblissement de la francophonie, puisque les élites, de Rabat à Kinshasa , trouveront plus simple d’aller apprendre à se sélectionner en anglais dans une université d’outre atlantique, que dans une caricature française d’université américaine.

    Voilà où va conduire la sélection en master. Si on en doutait, il suffit de voir qu’elle est soutenue par tous les candidats de la primaire de novembre . Or quand on sait ce que ces gens là ont fait, pendant qu’ils gouvernaient, pour le déclin du rayonnement français, s’ils ont choisi la sélection en master, il faut leur faire confiance. Ce n’est probablement pas bon pour la France


    votre commentaire
  • Rappel à l'ordre à ce petit gauchiste du Neo FNPosté par:Pieds Noirs 9A..

    Rappel à l'ordre de ce petit gauchiste

     Pas une réaction de Marine Le Pen à ce sujet sur son petit mouton qui veut nous couper les couilles !!!

    Un proche de Philippot glorifie Rocard et insulte les Pieds-Noirs

    Alexandre Benoît est aussi assistant de Sophie Montel au Parlement européen, celle qui veut sacraliser l'avortement. Un jour il fait un doigt d’honneur à Bernard Monot, député FN au Parlement européen, sans qu’il y ait aucune sanction. Lors de la mort de Michel Rocard, il a écrit : « Rocard est mort, et je suis encore mélancolique : un homme délicieux et bon, malgré nos convictions opposées. Vraiment triste. »

    Alors, quand Jean-Marie Le Pen a fait remarquer, au milieu du concert de louanges et des pleurs, que « Michel Rocard se vantait d’avoir porté des valises de billets qui servaient au FLN à acheter des armes pour tuer des Français. »

    Alexandre Benoît a rétorqué : « Pas de simples Français, des colons. Rocard l’étudiant décolonisateur avait vu et agi juste. »

    Commentaire de Minute : « Pas de simples Français, des colons », que le FLN pouvait donc assassiner. Ce petit con ajoutera peu après, devant le tollé suscité par son tweet : « Une décolonisation sans violence aurait cependant mieux valu. » Tout en précisant : « J’ai un mépris total pour les Pieds-Noirs qui ne savent que geindre sur leur petit sort de colons illégitimes. » Et puis, on ne mène pas une révolution légitime sans couper les couilles de quelques salauds de colons, pas vrai ?

    Source : http://lesalonbeige.blogs.com


    votre commentaire
  • "Les braves Charlie dorment encore"

    Laszlo Földi : une armée musulmane prête à attaquer l’Europe de l’intérieur

    LaszloFoeldi

    Interview de Laszlo Földi, expert en sécurité et en renseignement, sur la télévision hongroise M1

    Journaliste : Y a-t-il quelqu’un en Europe qui sache, à 200'000 près, combien il y a de migrants sur le continent ?

    Földi : Le problème est plus grave que ça. Est-ce que quelqu’un peut dire QUI sont ces 1 million de migrants ? De ce point de vue, la situation est catastrophique. La cause, comme je l’ai souvent dit, c’est la politique des frontières ouvertes, qui laisse entrer des foules innombrables.

    Il y a un an, un an et demi, c’était un sujet tabou ne serait-ce que d’évoquer la possibilité qu’il y ait des terroristes mêlés aux migrants. Dans une émission TV dont je tairai le nom [sur France Inter], le reporter disait qu’il serait stupide pour des terroristes de faire ces voyages dangereux en canots pneumatiques alors qu’ils peuvent voyager confortablement en avion.

    Mais le problème n’est même pas ça. Ils peuvent effectivement venir en avion. Mais le fait est que des milliers de soldats musulmans sont arrivés ici [parmi les migrants]. Il ne s’agit pas de terrorisme au sens classique, mais d’une attaque, d’une invasion qui a deux buts.

    D’abord, faire entrer en Europe le plus possible de soldats bien entraînés, dont la tâche première sera d’enrôler la population musulmane locale, les musulmans de 2e et 3e génération qui vivent dans ces zones de non-droit « qui n’existent pas ». Plus de 50% de cette population ne veulent pas s’intégrer dans la culture d’accueil. Ce sont eux les membres de cette armée potentielle.

    Journaliste : Ces réfugiés (appelons-les réfugiés sur la base de la 51e Convention de Genève), ceux qui ont fui la persécution raciale, religieuse, ethnique ou politique, affrontant des dangers mortels, pourquoi ne sont-ils pas allés dans les riches pays pétroliers voisins ?

    Földi : Il y a une seconde stratégie, en plus d’envoyer des soldats et des terroristes en Europe, c’est celle de conquérir l’Europe d’une autre manière, plus pacifique. Les pays pétroliers n’accueillent pas ces migrants parce qu’ils savent qu’ils ne sont qualifiés pour aucun travail utile, mais aussi parce qu’ils ont besoin d’une nouvelle base de masse en Europe. Pour quand il n’y aura plus de pétrole et qu’ils viendront en Europe, ils veulent créer des partis politiques pour eux. Ces gens voteront pour les partis islamiques qui seront créés en Europe. Ils auront la masse critique pour entrer au Parlement. C’est donc une occasion parfaite si l’Europe invite chez elle leurs futurs électeurs. Car il ne faut pas croire qu’ils voteront pour les partis traditionnels. Du jour où ces partis islamiques seront établis – et les pays pétroliers ont tout l’argent qu’il faut pour cela – ils [les personnes issues de l’immigration musulmane actuelle] ne voteront pour aucun autre parti.

    Journaliste : La devise de l’Union européenne, c’est « Unité dans la Diversité ». La diversité à laquelle pensaient les pères fondateurs de l’UE (Schuman) n’avait pas le même sens qu’aujourd’hui.

    Földi : Tout à fait, car, en conséquence de la migration, la structure ethnique de l’Europe va changer pour toujours. Diversité voulait dire hongrois ou français, allemand et russe. Ils ne pensaient pas qu’une loi religieuse, la charia, allait être introduite en Europe. Personne n’aurait pu y penser sérieusement.

    Si la situation ne change pas et que l’Europe continue à se débattre dans une guerre interne – car c’est ce qu’on voit - la charia aura pour conséquence, d’ici 1 à 5 ans (j’espère me tromper), que la question sera combien il y a de foyers de guerre civile.en Europe.

    Le problème des no-go zones n’est pas tant qu’on ne peut pas y entrer, ni de jour ni surtout de nuit, mais c’est que des soldats musulmans bien entraînés et bien armés sortiront de ces zones et commenceront à se répandre dans les zones environnantes et à se battre avec la population locale qui tentera de se défendre. Les autorités ne seront pas capables de gérer ce processus avec leur logique actuelle.

    Journaliste : Quelles seront les conséquences, si c’est vrai ce qu’a dit l’ambassadeur de Turquie auprès de l’UE il y a quelquess jours : que si les Turcs n’obtiennent pas l’exemption de visa ce mois-ci [octobre] (pour des séjours de 90 jours pour du tourisme ou des visites à la famille), ils annuleront l’accord avec l’UE sur les migrants.

    Földi : Des foules énormes arriveront. Les Turcs ont utilisé cette menace et tiendront cette promesse.

    Nous devons menacer la Turquie nous aussi. Lui dire qu’on l’exclura de l’OTAN. Le dilemme ici est que si la Turquie est exclue elle ne sera plus tenue de protéger ses alliés de l’OTAN.

    Journaliste : Et leur armée est la deuxième de l’OTAN par le nombre ?

    Földi : Oui. Ils représentent 10%, les Etats-Unis 75% et les autres pays au total 15%. De plus, ces 15% financent les 51% du budget, les Etats-Unis et la Turquie ensemble 49%. Cela veut dire que ces 15% ne sont pas en mesure de faire valoir leurs droits, par ex. pour la protection de l’Europe.

    Journaliste : Que peut faire l’UE contre la Turquie ?

    Földi : L’Europe n’a pas d’antidote contre la Turquie Le dernier accord signé par Merkel a été la tentative de la dernière chance. Là-dessus, personne ne peut la condamner, elle a tenté de construire une défense avec cet accord. Mais cela ne fait que rendre la Turquie encore plus sûre d’elle. Il y a une seule façon de sortir de cette situation : c’est de menacer la Turquie de l’exclure de l’OTAN. Car si elle était exclue de l’OTAN, la Turquie n’existerait plus sur la scène internationale.

    Traduction anglaise : Crossware pour Vlad Tepes Blog et Gates of Vienna

    Traduction française : Cenator pour Les Observateurs

    http://lesobservateurs.ch/2016/10/09/laszlo-foldi-armee-musulmane-prete-a-attaquer-leurope-de-linterieur/

     


    votre commentaire
  • Le Sétois Jean-Claude Martinez candidat à la présidentielle

    L 'ex-vice-président du Front national compte l'être pour la première fois. Avec, comme à son habitude, un programme à des années-lumière des programmes politiques traditionnels.

    Le Sétois Jean-Claude Martinez, ex-vice-président du FN, compte bien être candidat, pour la première fois, à la présidentielle. Il en fera l'annonce officielle ce dimanche en fin de matinée devant la prison de Carcassonne... Un lieu original pour une candidature qui l'est tout autant, au moins dans ses thèmes de campagne. "On peut s'amuser à construire des prisons, c'est une course stupide et sans fin", assène Martinez, qui propose de créer "un choc géographique" en transférant bon nombre de prisonniers vers Saint-Pierre-et-Miquelon, les îles Kerguelen ou la terre Adélie.

    Espoir d'obtenir les 500 parrainages

    "Le petit jihadiste, il trouvera que c'est pas plus mal que la Syrie." Selon lui, plus largement, il faut "penser grand spatialement et temporellement, sinon on enferme tout le monde dans l'Hexagone et nous croupissons tous". Il a bon espoir d'obtenir les 500 parrainages nécessaires pour se présenter. "Les maires sont sensibles à mon idée de transférer l'impôt sur le revenu aux communes, ce serait la fin de la désertification rurale, sanitaire et scolaire".

    Une candidature déjà envisagée en 2012

    Il doit présenter dimanche "une plaquette de 80 pages" qui contient promet-il d'autres projets loin des thématiques classiques. "En la lisant, on a l'impression de changer de planète", lance cet ovni politique, qui, à 71 ans, poursuit son chemin, même esseulé loin du FN. Il était déjà candidat aux régionales en Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, au mois de décembre dernier, ne recueillant que 0,69 % des suffrages. En 2012, il avait déjà envisagé de se présenter à la présidentielle. Mais un autre cadre du FN, Carl Lang, l'ayant aussi souhaité, il s'était effacé. Finalement, Carl Lang n'avait pas recueilli un nombre de parrainages suffisant.

    http://www.midilibre.fr


    votre commentaire