• Deux blessés à bord d'un train Thalys dans une fusillade, un homme interpellé en gare d'Arras

     
    Par  francetvinfo.fr..
     
     
    Un homme a été arrêté en gare d'Arras (Pas-de-Calais), vendredi 21 août 2015, après des coups de feu à bord d'un train Thalys.

    Un homme a été arrêté en gare d'Arras (Pas-de-Calais), vendredi 21 août 2015, après des coups de feu à bord d'un train Thalys. (MAXPPP)

    Deux personnes ont été blessées, selon un dernier bilan, par un homme armé à bord d'un Thalys entre Amsterdam et Paris, vendredi 21 août.

    Le train a été arrêté peu après 18 heures, avant d'être dérouté vers la gare d'Arras (Pas-de-Calais), où l'individu a été arrêté.Le suspect était lourdement armé. Il avait notamment une arme de guerre, de type kalachnikov, et avait, entre autres, neuf chargeurs sur lui. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête.
      Suivez notre direct  Deux soldats américains auraient maîtrisé le tireurLes deux blessés sont les deux Américains qui ont maîtrisé l'auteur des tirs, selon le parquet. 
    Le pronostic vital de la personne touchée par balle n'est pas engagé, la seconde a été blessée plus légèrement, victime de coups, selon la même source.
     "Deux militaires américains auraient entendu dans les toilettes le bruit de la culasse d'une arme lourde en train d'être chargée", selon La Voix du Nord. "Ils seraient intervenus à temps pour maîtriser l'homme avant qu'il ne puisse utiliser l'arme dans la rame. Les coups de feu se seraient produits à ce moment-là."
    Jean-Hugues Anglade, qui était à bord, avait d'abord été annoncé parmi les blessés, selon le quotidien La Voix du Nord (abonnés) et un autre journaliste local. A priori, selon France Inter, il aurait été "choqué", et peut-être blessé à la main en tirant l'alarme.
     Bernard Cazeneuve se rend sur place"Les voyageurs sont en sécurité, la situation est maîtrisée. Le train est à l’arrêt et les services d’urgence sont sur place", a fait savoir la SNCF, en réponse aux voyageurs qui l'interpellaient.
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, est attendu sur place, a précisé Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'Intérieur.
    Il a confirmé à l'AFP qu'un homme avait ouvert le feu dans le train, ajoutant qu'à ce stade "on ignore tout de ses motivations".

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  • FN : "L'exclusion de Jean-Marie Le Pen aura un impact négatif"

    Publié le 21 août 2015 par Dominique CHALARD..

    (photo sipa press)

    (photo sipa press)

    Comprenez-vous l'exclusion, jeudi soir, de Jean-Marie Le Pendu Front national?
    Je viens de l'apprendre en lisant le communiqué publié. Je suis très surprise, d'autant qu'en quittant le siège du parti, tout à l'heure, j'avais compris que le bureau exécutif devait se retrouver vendredi matin pour discuter de nouveau le sujet.

    Le communiqué publié jeudi soir indique que le bureau exécutif a pris sa décision "à la majorité requise". Et pourtant, vous n'avez pas été mise au courant?
    Certains, comme Louis Aliot ou moi-même, sont partis avant la fin des débats. Mais, encore une fois, nous devions nous revoir vendredi matin ou communiquer par mail. Je trouve très étonnant que le communiqué soit sorti aussi vite. C'est comme s'il avait été préparé en avance. Je réagis à chaud, mais je déplore cette décision et la méthode opérée. Tout cela est assez surprenant.

    "Nous donnons l'image d'un parti divisé"

    Vous étiez donc présente dans l'après-midi au siège du parti. Comment se sont passés les échanges?
    Chacun a exprimé son point de vue. Contrairement à ce qui a été dit, les échanges n'étaient pas tendus. Il y avait une écoute respectueuse et tout le monde a pu faire valoir sa position. Pour ma part, j'ai estimé que Jean-Marie Le Pen devait rester dans le mouvement. Son exclusion du parti aura un impact négatif sur le plan moral - on ne jette pas comme ça, à 86 ans, le père fondateur de son parti - mais aussi sur le plan politique pour le FN.

    C'est-à-dire?
    Je peux me tromper, mais les candidats FN aux prochaines régionales risquent de subir les conséquences directes de cette décision. Nous donnons l'image d'un parti divisé et une partie de nos militants peuvent être déçus.

    Gaël Vaillant - leJDD.fr


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  • Massacre des travailleurs de la mine de El Halia le 20 août 1955

    Par Madame Marie-Jeanne Pusceddu

    Publié le 20 août 2015 par Dominique CHALARD..

    Massacre des travailleurs de la mine de El Halia le 20 août 1955  par Madame Marie-Jeanne Pusceddu

    Massacre des travailleurs de la mine de
    El Halia le 20 août 1955
    par Madame Marie-Jeanne Pusceddu

    El-Halia est attaqué entre 11 h 30 et midi le 25 août 1955.


    C'est un petit village proche de Philippeville, sur le flanc du djebel El-Halia, à trois kilomètres environ de la mer. Là vivent 130 Européens et 2000 musulmans. Les hommes travaillent à la mine de pyrite, les musulmans sont payés au même taux que les Européens, ils jouissent des mêmes avantages sociaux. Ils poussent la bonne intelligence jusqu'à assurer leurs camarades Degand, Palou, Gonzalès et Hundsbilcher qu'ils n'ont rien à craindre, que si des rebelles attaquaient El-Halia, "on se défendrait" au coude à coude.

    A 11 h 30, le village est attaqué à ses deux extrémités par quatre bandes d'émeutiers, parfaitement encadrés, et qui opèrent avec un synchronisme remarquable. Ce sont, en majorité, des ouvriers ou d'anciens ouvriers de la mine et, la veille encore, certains sympathisaient avec leurs camarades européens... Devant cette foule hurlante, qui brandit des armes de fortune, selon le témoignage de certains rescapés, les Français ont le sentiment qu'ils ne pourront échapper au carnage. Ceux qui les attaquent connaissent chaque maison, chaque famille, depuis des années et, sous chaque toit, le nombre d'habitants. A cette heure-là, ils le savent, les femmes sont chez elles à préparer le repas, les enfants dans leur chambre, car, dehors, c'est la fournaise et les hommes vont rentrer de leur travail. Les Européens qui traînent dans le village sont massacrés au passage. Un premier camion rentrant de la carrière tombe dans une embuscade et son chauffeur est égorgé. Dans un second camion, qui apporte le courrier, trois ouvriers sont arrachés à leur siège et subissent le même sort. Les Français dont les maisons se trouvent aux deux extrémités du village, surpris par les émeutiers, sont pratiquement tous exterminés. Au centre d'EI- Halia, une dizaine d'Européens se retranchent, avec des armes, dans une seule maison et résistent à la horde. En tout, six familles sur cinquante survivront au massacre. Dans le village, quand la foule déferlera, excitée par les "you you" hystériques des femmes et les cris des meneurs appelant à la djihad, la guerre sainte, certains ouvriers musulmans qui ne participaient pas au carnage regarderont d'abord sans mot dire et sans faire un geste. Puis les cris, l'odeur du sang, de la poudre, les plaintes, les appels des insurgés finiront par les pousser au crime à leur tour. Alors, la tuerie se généralise. On fait sauter les portes avec des pains de cheddite volés à la mine. Les rebelles pénètrent dans chaque maison, cherchent leur "gibier" parmi leurs anciens camarades de travail, dévalisent et saccagent, traînent les Français au milieu de la rue et les massacrent dans une ambiance d'épouvantable et sanglante kermesse. Des familles entières sont exterminées: les Atzei, les Brandy, les Hundsbilcher, les Rodriguez. Outre les 30 morts il y aura 13 laissés pour morts et deux hommes, Armand Puscédu et Claude Serra, un adolescent de dix-neuf ans qu'on ne retrouvera jamais. Quand les premiers secours arrivent, El-Halia est une immense flaque de sang.

    Le groupe de fellagha est commandé par Zighout Youcef. 123 des personnes qui l'habitent, de toutes religions, de tous sexes, de tout âge et de toutes opinions politiques sont massacrés de la façon la plus ignoble que l'on puisse imaginer. (71 européens, 52 musulmans, 120 disparus). Outre les égorgements des hommes (après ablation du sexe et vision du viol de leurs femmes et de leurs filles) et l'éventration des femmes, méthode habituelle, on note pour la première fois des personnes dépecées, vraisemblablement tant qu'elles étaient vivantes.

    Ce massacre résulte des nouvelles consignes du FLN qui a échoué dans sa tentative de mobiliser massivement les français musulmans d'algérie contre la france, que ce soit par la propagande ou par la terreur. Il a également échoué dans sa tentative de créer une force militaire suffisante pour gagner des combats contre l'armée française, par manque de soutien extérieur susceptible de lui procurer des armes, aussi parce que les paras et autres troupes de choc, ramenées d'Indochine, implantent de nouvelles formes de guerre, avec des unités mobiles, et le début des opérations héliportées. Enfin de plus en plus nombreux sont les musulmans qui portent les armes françaises, d'abord protection des sections administratives spéciales nouvellement implantées, gendarmes des groupes mobiles de sécurité, puis progressivement et de plus en plus, auto défense des villages et troupes combattantes, les harkis.

    Le FLN a alors décidé de faire régner la terreur, il renforce ses politiques d'attentat aveugles dans les villes, son extermination systématique des européens, ses actions de sabotage de récolte, de routes, de réseau ferré, de lignes téléphoniques qui le conduiront à la victoire. Il vise aussi les nationalistes modérés type Ferhat Abbas, dont le neveu, qui gérait sa pharmacie est égorgé pour l'exemple. Abbas comprendra parfaitement qu'il n'est plus possible de tenter une troisième force et rejoindra le Caire.

    El Halia aura une autre conséquence, le gouverneur général Soustelle, qui était venu en algérie avec la volonté de trouver une solution politique, voyant le massacre, déçu de ses contacts, décide "qu'on ne discute pas avec des gens comme ça". Lors de l'enterrement des victimes, les personnes présentes, menées par le maire, piétineront les gerbes et couronnes offertes par les autorités préfectorales et militaires et feront une conduite de Grenoble au sous préfet.

    Soustelle écrira : "Les cadavres jonchaient encore les rues. Des terroristes arrêtés, hébétés, demeuraient accroupis sous la garde des soldats….Alignés sur les lits, dans des appartements dévastés, les morts, égorgés et mutilés (dont une fillette de quatre jours) offraient le spectacle de leurs plaies affreuses. Le sang avait giclé partout, maculant ces humbles intérieurs, les photos pendues aux murs, les meubles provinciaux, toutes les pauvres richesses de ces colons sans fortune. A l'hôpital de Constantine des femmes, des garçonnets, des fillettes de quelques années gémissaient dans leur fièvre et leur cauchemars, des doigts sectionnés, la gorge à moitié tranchée. Et la gaieté claire du soleil d'août planant avec indifférence sur toutes ces horreurs les rendait encore plus cruelles "

    Le 20 août 1955, "une date terrible, une date inoubliable" dira Yves Courrière dans son "Histoire de la guerre d'Algérie" (ed. Taillandier). Ce jour-là, Zighout Youssef, le chef de la willaya 2, lance la population civile de certains douars du Nord-Constantinois contre les Européens. A El-Halia, petit centre minier près de Philippeville, cent trente-deux personnes sont assassinées dans des conditions barbares. Marie-Jeanne Pusceddu témoigne: Le 20 août 1955 j'étais à El-Halia

    Je m'appelle Marie-Jeanne Pusceddu, je suis pied-noir, née à Philippeville en 1938 de parents français, d'origine italienne. Mes parents étaient des ouvriers; toute ma famille, frères, oncles, cousins, travaillait à la mine d'El-Halia, près de Philippeville. Ce petit village d'El-Halia n'était qu'un village de mineurs, d'artisans qui travaillaient dur dans la mine de fer. Il y avait également des ouvriers arabes avec qui nous partagions, au moment de nos fêtes respectives, nos pâtisseries et notre amitié. Ils avaient leurs coutumes, différentes des nôtres, nous nous respections. Nous étions heureux. Les "événements d'Algérie" ont commencé en 1954. Mais pour nous, la vie était la même, nous ne nous méfions pas de nos amis arabes.

    Je me suis mariée le 13 août 1955, nous avons fait une belle fête et tous nos amis étaient là, notamment C., le chauffeur de taxi arabe que nous connaissions bien. Avec mon mari, nous sommes partis en voyage de noces. Le 19 août 1955, avec mon mari André Brandy (ingénieur des mines employé au Bureau de la recherche minière d'Algérie ), nous avons pris le taxi de C. pour rentrer à El-Halia. Pendant le trajet, C. nous dit: "Demain, il y aura une grande fête avec beaucoup de viande". Je lui répondis: "Quelle fête ? Il n'y a pas de fête". Je pensais qu'il plaisantait. Le lendemain, 20 août, tous les hommes étaient au travail à la mine sauf mon mari. Il était juste midi, nous étions à table, quand soudain, des cris stridents, les youyous des mauresques et des coups de feu nous ont surpris. Au même moment, ma belle-sœur Rose, sa petite dernière Bernadette (trois mois) dans les bras arrive, affolée, suivie de ses enfants, Geneviève 8 ans, Jean-Paul 5 ans, Nicole 14 ans, Anne-Marie 4 ans. Son aîné Roger, âgé de 17 ans, était à la mine avec son père. Avec ma mère, mon frère Roland de 8 ans, Suzanne ma soeur de 10 ans, Olga mon autre soeur de 14 ans et mon mari, nous avons compris qu'il se passait quelque chose de grave. Les cris étaient épouvantables. Ils criaient: "Nous voulons les hommes". Je dis à mon mari : "Vite, va te cacher dans la buanderie!".

    Nous nous sommes enfermés dans la maison, mais les fellaghas ont fait irruption en cassant la porte à coup de hache. A notre grande stupeur, c'était C., le chauffeur de taxi, "l'ami" qui avait assisté à mon mariage. Je le revois encore comme si c'était hier. Il nous a poursuivis de la chambre à la salle à manger, puis dans la cuisine; nous étions pris au piège. C., avec son fusil de chasse, nous menaçait. Il a immédiatement tiré sur ma pauvre mère, en pleine poitrine, elle essayait de protéger mon petit frère Roland. Elle est morte sur le coup avec Roland dans ses bras, lui aussi gravement atteint. Ma belle-sœur Rose a été tuée dans le dos. Elle gardait son bébé contre le mur, ma jeune soeur Olga s'est jetée, dans une crise d'hystérie, sur le fusil, il a tiré à bout portant, la blessant salement. Il nous narguait avec son fusil. Bravement et affolée, je lui dis: "Vas-y! Tire! Il ne reste plus que moi". Il a tiré, j'ai reçu la balle à hauteur de la hanche, je n'ai même pas réalisé et il est parti. J'ai pris les enfants, les ai cachés sous le lit avec moi, mais je souffrais trop et je voulais savoir si mon mari était toujours vivant. Je suis allée dans la buanderie et me suis cachée avec lui derrière la volière. Les fellaghas, les fils de C., sont revenus. lls se dirigeaient vers nous en entendant un bruit, mais l'un d'eux a dit en arabe: "C'est rien, c'est les oiseaux". Et nous sommes restés, apeurés, désemparés, sans bouger jusqu'à cinq heures de l'après-midi.

    Les cris, les youyous stridents, la fumée, le feu, quel cauchemar ! ...Un avion de tourisme est passé au-dessus du Village et a donné l'alerte. L'armée est arrivée à dix-sept heures. Et là, nous sommes rentrés dans la maison pour constater l'horreur. Mon petit frère Roland respirait encore; il est reste cinq jours dans le coma et nous l'avons sauvé. Malheureusement, ma soeur Olga a été violée et assassinée, ma soeur Suzanne, blessée à la tête, elle en porte encore la marque. Puis l'armée nous a regroupés. Ma famille Azeï, tous massacrés au couteau, la soeur de ma mère, son mari, ses deux filles dont l'une était paralysée, l'une des filles qui était en vacances avec son bébé a été, elle aussi, assassinée à coups de couteau (c'est la fiancée de son frère, qui s'était cachée, qui a tout vu et nous l'a raconté). Le bébé avait été éclaté contre le mur. Puis, mon cousin a été tué à coups de fourchette au restaurant de la mine, le frère de ma mère, Pierrot Scarfoto a été, lui aussi massacré, en voulant sauver ses enfants, à coups de couteau, les parties enfoncées dans la bouche, ainsi que mon neveu Roger, âgé de 17 ans. Mon père, sourd de naissance, blessé à coup de couteau, s'était réfugié dans une galerie abandonnée. Il n'a pas entendu l'armée, on ne l'a retrouvé que quinze jours plus tard, mort à la suite de ses blessures. Il a dû souffrir le martyre. Mon jeune frère Julien a été également massacré.

    Treize membres de ma famille ont ainsi été martyrisés, massacrés par le F.L.N.

    Je suis restée à l'hôpital près de trois mois, j'avais fait une hémorragie interne avec infection, car les balles fabriquées étaient bourrées de poils, de bris de lames de rasoir. Nous avions échappé à la mort, mais pas à la souffrance. Mon mari fut muté à Bougie, mais le Chantier ayant subi une attaque, il a dû fermer; puis à Ampère, près de Sétif, et finalement au Sahara. Mais les femmes n'étaient pas admises. J'ai été recueillie avec mes deux frères à Lacaune-les-Bains, chez les soeurs de Saint-Vmcent-de-Paul, j'y étais déjà venue plus jeune.

    Le fellagha meurtrier de ma famille a été arrêté, j'ai dû venir témoigner pendant trois ans en Algérie, car j'étais le seul témoin. Mon témoignage fut mis en doute, du moins la façon dont les miens ont été massacrés. Ils ont déterré ma mère pour voir si je disais la vérité, je n'en pouvais plus. On a retiré plusieurs balles et la seule chose de positive dans tout ce cauchemar, c'est le collier qu'elle portait et que l'on m'a remis ; collier dont je ne me séparerai jamais.

    Marie-Jeanne Pusceddu

    LA LISTE DES VICTIMES DU VILLAGE MINIER DE El HALIA

    - À la suite de la parution du témoignage de Marie-Jeanne Pusceddu , des lecteurs nous ont demandé des précisions sur cette tragédie. Nous ne pouvons, pour le moment, que donner la liste des victimes (avec les âges).

    Les tués

    Atzei Emmanuel 56 ans ; Atzei Conchita ; Atzei Marie-Louise 28 ans ; Atzei Sylvain 19 ans ; Brandy Paul 41 ans ; Brandy Rose, 34 ans ; Brandy Roger 17 ans ; Crépin Roger 34 ans ; Vve Crépin Noémie ; Vve Clérin Ernestine 47 ans ; De Frino Henri 26 ans ; Degand Clorind 62 ans ; Gaudisio Louis 50 ans ; Hundsbichler yves 3 ans, Hundsbichler julien 38 ans ; Hundsbichler Henri 2 ans ; Hundsbichler Marie 9 mois ; Menant Julien 56 ans ; Menant Marcelle 47 ans ; Napoleone Yvonne née Atzei 20 ans ; Napoleone Daniel enfant ; Paiou Armand 58 ans ; Pusceddu Anna ; Pusceddu Olga 14 ans ; Pusceddu Julien 20 ans ;Rodriguez Marie ; Rodriguez François 7 ans ; Rodriguez Jacqueline 4 ans ; Rodriguez Henri 5 ans ; Russo Lucrèce 49 ans ; Scarforto Pierre 48 ans ; Varo Martial 26 ans ; Zabatta Josiane, 12 ans.

    Les blessés

    Mme d'Agro 55 ans ; Clérin Aline 22 ans ; Clérin Jean-Pierre 15 ans ; Monchatre Monique ; Brandy Geneviève 8 ans ; Brandy Marie-Jeanne 17 ans ; Pusceddu Jeanne 10 ans ; Pusceddu Roland 8 ans ; Lopez Antoinette ; Capitano Henzo 19 ans ; Bertini Albert 14 ans ; Larivière Alfred 31 ans ; Gaudisio Marie ; Requard Claire.

    Les disparus

    Pusceddu Armand 57 ans ; Serra Claude, 19 ans.

    Massacre des travailleurs de la mine de
    El Halia le 20 août 1955
    par Madame Marie-Jeanne Pusceddu

    El-Halia est attaqué entre 11 h 30 et midi le 25 août 1955.


    C'est un petit village proche de Philippeville, sur le flanc du djebel El-Halia, à trois kilomètres environ de la mer. Là vivent 130 Européens et 2000 musulmans. Les hommes travaillent à la mine de pyrite, les musulmans sont payés au même taux que les Européens, ils jouissent des mêmes avantages sociaux. Ils poussent la bonne intelligence jusqu'à assurer leurs camarades Degand, Palou, Gonzalès et Hundsbilcher qu'ils n'ont rien à craindre, que si des rebelles attaquaient El-Halia, "on se défendrait" au coude à coude.

    A 11 h 30, le village est attaqué à ses deux extrémités par quatre bandes d'émeutiers, parfaitement encadrés, et qui opèrent avec un synchronisme remarquable. Ce sont, en majorité, des ouvriers ou d'anciens ouvriers de la mine et, la veille encore, certains sympathisaient avec leurs camarades européens... Devant cette foule hurlante, qui brandit des armes de fortune, selon le témoignage de certains rescapés, les Français ont le sentiment qu'ils ne pourront échapper au carnage. Ceux qui les attaquent connaissent chaque maison, chaque famille, depuis des années et, sous chaque toit, le nombre d'habitants. A cette heure-là, ils le savent, les femmes sont chez elles à préparer le repas, les enfants dans leur chambre, car, dehors, c'est la fournaise et les hommes vont rentrer de leur travail. Les Européens qui traînent dans le village sont massacrés au passage. Un premier camion rentrant de la carrière tombe dans une embuscade et son chauffeur est égorgé. Dans un second camion, qui apporte le courrier, trois ouvriers sont arrachés à leur siège et subissent le même sort. Les Français dont les maisons se trouvent aux deux extrémités du village, surpris par les émeutiers, sont pratiquement tous exterminés. Au centre d'EI- Halia, une dizaine d'Européens se retranchent, avec des armes, dans une seule maison et résistent à la horde. En tout, six familles sur cinquante survivront au massacre. Dans le village, quand la foule déferlera, excitée par les "you you" hystériques des femmes et les cris des meneurs appelant à la djihad, la guerre sainte, certains ouvriers musulmans qui ne participaient pas au carnage regarderont d'abord sans mot dire et sans faire un geste. Puis les cris, l'odeur du sang, de la poudre, les plaintes, les appels des insurgés finiront par les pousser au crime à leur tour. Alors, la tuerie se généralise. On fait sauter les portes avec des pains de cheddite volés à la mine. Les rebelles pénètrent dans chaque maison, cherchent leur "gibier" parmi leurs anciens camarades de travail, dévalisent et saccagent, traînent les Français au milieu de la rue et les massacrent dans une ambiance d'épouvantable et sanglante kermesse. Des familles entières sont exterminées: les Atzei, les Brandy, les Hundsbilcher, les Rodriguez. Outre les 30 morts il y aura 13 laissés pour morts et deux hommes, Armand Puscédu et Claude Serra, un adolescent de dix-neuf ans qu'on ne retrouvera jamais. Quand les premiers secours arrivent, El-Halia est une immense flaque de sang.

    Le groupe de fellagha est commandé par Zighout Youcef. 123 des personnes qui l'habitent, de toutes religions, de tous sexes, de tout âge et de toutes opinions politiques sont massacrés de la façon la plus ignoble que l'on puisse imaginer. (71 européens, 52 musulmans, 120 disparus). Outre les égorgements des hommes (après ablation du sexe et vision du viol de leurs femmes et de leurs filles) et l'éventration des femmes, méthode habituelle, on note pour la première fois des personnes dépecées, vraisemblablement tant qu'elles étaient vivantes.

    Ce massacre résulte des nouvelles consignes du FLN qui a échoué dans sa tentative de mobiliser massivement les français musulmans d'algérie contre la france, que ce soit par la propagande ou par la terreur. Il a également échoué dans sa tentative de créer une force militaire suffisante pour gagner des combats contre l'armée française, par manque de soutien extérieur susceptible de lui procurer des armes, aussi parce que les paras et autres troupes de choc, ramenées d'Indochine, implantent de nouvelles formes de guerre, avec des unités mobiles, et le début des opérations héliportées. Enfin de plus en plus nombreux sont les musulmans qui portent les armes françaises, d'abord protection des sections administratives spéciales nouvellement implantées, gendarmes des groupes mobiles de sécurité, puis progressivement et de plus en plus, auto défense des villages et troupes combattantes, les harkis.

    Le FLN a alors décidé de faire régner la terreur, il renforce ses politiques d'attentat aveugles dans les villes, son extermination systématique des européens, ses actions de sabotage de récolte, de routes, de réseau ferré, de lignes téléphoniques qui le conduiront à la victoire. Il vise aussi les nationalistes modérés type Ferhat Abbas, dont le neveu, qui gérait sa pharmacie est égorgé pour l'exemple. Abbas comprendra parfaitement qu'il n'est plus possible de tenter une troisième force et rejoindra le Caire.

    El Halia aura une autre conséquence, le gouverneur général Soustelle, qui était venu en algérie avec la volonté de trouver une solution politique, voyant le massacre, déçu de ses contacts, décide "qu'on ne discute pas avec des gens comme ça". Lors de l'enterrement des victimes, les personnes présentes, menées par le maire, piétineront les gerbes et couronnes offertes par les autorités préfectorales et militaires et feront une conduite de Grenoble au sous préfet.

    Soustelle écrira : "Les cadavres jonchaient encore les rues. Des terroristes arrêtés, hébétés, demeuraient accroupis sous la garde des soldats….Alignés sur les lits, dans des appartements dévastés, les morts, égorgés et mutilés (dont une fillette de quatre jours) offraient le spectacle de leurs plaies affreuses. Le sang avait giclé partout, maculant ces humbles intérieurs, les photos pendues aux murs, les meubles provinciaux, toutes les pauvres richesses de ces colons sans fortune. A l'hôpital de Constantine des femmes, des garçonnets, des fillettes de quelques années gémissaient dans leur fièvre et leur cauchemars, des doigts sectionnés, la gorge à moitié tranchée. Et la gaieté claire du soleil d'août planant avec indifférence sur toutes ces horreurs les rendait encore plus cruelles "

    Le 20 août 1955, "une date terrible, une date inoubliable" dira Yves Courrière dans son "Histoire de la guerre d'Algérie" (ed. Taillandier). Ce jour-là, Zighout Youssef, le chef de la willaya 2, lance la population civile de certains douars du Nord-Constantinois contre les Européens. A El-Halia, petit centre minier près de Philippeville, cent trente-deux personnes sont assassinées dans des conditions barbares. Marie-Jeanne Pusceddu témoigne: Le 20 août 1955 j'étais à El-Halia

    Je m'appelle Marie-Jeanne Pusceddu, je suis pied-noir, née à Philippeville en 1938 de parents français, d'origine italienne. Mes parents étaient des ouvriers; toute ma famille, frères, oncles, cousins, travaillait à la mine d'El-Halia, près de Philippeville. Ce petit village d'El-Halia n'était qu'un village de mineurs, d'artisans qui travaillaient dur dans la mine de fer. Il y avait également des ouvriers arabes avec qui nous partagions, au moment de nos fêtes respectives, nos pâtisseries et notre amitié. Ils avaient leurs coutumes, différentes des nôtres, nous nous respections. Nous étions heureux. Les "événements d'Algérie" ont commencé en 1954. Mais pour nous, la vie était la même, nous ne nous méfions pas de nos amis arabes.

    Je me suis mariée le 13 août 1955, nous avons fait une belle fête et tous nos amis étaient là, notamment C., le chauffeur de taxi arabe que nous connaissions bien. Avec mon mari, nous sommes partis en voyage de noces. Le 19 août 1955, avec mon mari André Brandy (ingénieur des mines employé au Bureau de la recherche minière d'Algérie ), nous avons pris le taxi de C. pour rentrer à El-Halia. Pendant le trajet, C. nous dit: "Demain, il y aura une grande fête avec beaucoup de viande". Je lui répondis: "Quelle fête ? Il n'y a pas de fête". Je pensais qu'il plaisantait. Le lendemain, 20 août, tous les hommes étaient au travail à la mine sauf mon mari. Il était juste midi, nous étions à table, quand soudain, des cris stridents, les youyous des mauresques et des coups de feu nous ont surpris. Au même moment, ma belle-sœur Rose, sa petite dernière Bernadette (trois mois) dans les bras arrive, affolée, suivie de ses enfants, Geneviève 8 ans, Jean-Paul 5 ans, Nicole 14 ans, Anne-Marie 4 ans. Son aîné Roger, âgé de 17 ans, était à la mine avec son père. Avec ma mère, mon frère Roland de 8 ans, Suzanne ma soeur de 10 ans, Olga mon autre soeur de 14 ans et mon mari, nous avons compris qu'il se passait quelque chose de grave. Les cris étaient épouvantables. Ils criaient: "Nous voulons les hommes". Je dis à mon mari : "Vite, va te cacher dans la buanderie!".

    Nous nous sommes enfermés dans la maison, mais les fellaghas ont fait irruption en cassant la porte à coup de hache. A notre grande stupeur, c'était C., le chauffeur de taxi, "l'ami" qui avait assisté à mon mariage. Je le revois encore comme si c'était hier. Il nous a poursuivis de la chambre à la salle à manger, puis dans la cuisine; nous étions pris au piège. C., avec son fusil de chasse, nous menaçait. Il a immédiatement tiré sur ma pauvre mère, en pleine poitrine, elle essayait de protéger mon petit frère Roland. Elle est morte sur le coup avec Roland dans ses bras, lui aussi gravement atteint. Ma belle-sœur Rose a été tuée dans le dos. Elle gardait son bébé contre le mur, ma jeune soeur Olga s'est jetée, dans une crise d'hystérie, sur le fusil, il a tiré à bout portant, la blessant salement. Il nous narguait avec son fusil. Bravement et affolée, je lui dis: "Vas-y! Tire! Il ne reste plus que moi". Il a tiré, j'ai reçu la balle à hauteur de la hanche, je n'ai même pas réalisé et il est parti. J'ai pris les enfants, les ai cachés sous le lit avec moi, mais je souffrais trop et je voulais savoir si mon mari était toujours vivant. Je suis allée dans la buanderie et me suis cachée avec lui derrière la volière. Les fellaghas, les fils de C., sont revenus. lls se dirigeaient vers nous en entendant un bruit, mais l'un d'eux a dit en arabe: "C'est rien, c'est les oiseaux". Et nous sommes restés, apeurés, désemparés, sans bouger jusqu'à cinq heures de l'après-midi.

    Les cris, les youyous stridents, la fumée, le feu, quel cauchemar ! ...Un avion de tourisme est passé au-dessus du Village et a donné l'alerte. L'armée est arrivée à dix-sept heures. Et là, nous sommes rentrés dans la maison pour constater l'horreur. Mon petit frère Roland respirait encore; il est reste cinq jours dans le coma et nous l'avons sauvé. Malheureusement, ma soeur Olga a été violée et assassinée, ma soeur Suzanne, blessée à la tête, elle en porte encore la marque. Puis l'armée nous a regroupés. Ma famille Azeï, tous massacrés au couteau, la soeur de ma mère, son mari, ses deux filles dont l'une était paralysée, l'une des filles qui était en vacances avec son bébé a été, elle aussi, assassinée à coups de couteau (c'est la fiancée de son frère, qui s'était cachée, qui a tout vu et nous l'a raconté). Le bébé avait été éclaté contre le mur. Puis, mon cousin a été tué à coups de fourchette au restaurant de la mine, le frère de ma mère, Pierrot Scarfoto a été, lui aussi massacré, en voulant sauver ses enfants, à coups de couteau, les parties enfoncées dans la bouche, ainsi que mon neveu Roger, âgé de 17 ans. Mon père, sourd de naissance, blessé à coup de couteau, s'était réfugié dans une galerie abandonnée. Il n'a pas entendu l'armée, on ne l'a retrouvé que quinze jours plus tard, mort à la suite de ses blessures. Il a dû souffrir le martyre. Mon jeune frère Julien a été également massacré.

    Treize membres de ma famille ont ainsi été martyrisés, massacrés par le F.L.N.

    Je suis restée à l'hôpital près de trois mois, j'avais fait une hémorragie interne avec infection, car les balles fabriquées étaient bourrées de poils, de bris de lames de rasoir. Nous avions échappé à la mort, mais pas à la souffrance. Mon mari fut muté à Bougie, mais le Chantier ayant subi une attaque, il a dû fermer; puis à Ampère, près de Sétif, et finalement au Sahara. Mais les femmes n'étaient pas admises. J'ai été recueillie avec mes deux frères à Lacaune-les-Bains, chez les soeurs de Saint-Vmcent-de-Paul, j'y étais déjà venue plus jeune.

    Le fellagha meurtrier de ma famille a été arrêté, j'ai dû venir témoigner pendant trois ans en Algérie, car j'étais le seul témoin. Mon témoignage fut mis en doute, du moins la façon dont les miens ont été massacrés. Ils ont déterré ma mère pour voir si je disais la vérité, je n'en pouvais plus. On a retiré plusieurs balles et la seule chose de positive dans tout ce cauchemar, c'est le collier qu'elle portait et que l'on m'a remis ; collier dont je ne me séparerai jamais.

    Marie-Jeanne Pusceddu

    LA LISTE DES VICTIMES DU VILLAGE MINIER DE El HALIA

    - À la suite de la parution du témoignage de Marie-Jeanne Pusceddu , des lecteurs nous ont demandé des précisions sur cette tragédie. Nous ne pouvons, pour le moment, que donner la liste des victimes (avec les âges).

    Les tués

    Atzei Emmanuel 56 ans ; Atzei Conchita ; Atzei Marie-Louise 28 ans ; Atzei Sylvain 19 ans ; Brandy Paul 41 ans ; Brandy Rose, 34 ans ; Brandy Roger 17 ans ; Crépin Roger 34 ans ; Vve Crépin Noémie ; Vve Clérin Ernestine 47 ans ; De Frino Henri 26 ans ; Degand Clorind 62 ans ; Gaudisio Louis 50 ans ; Hundsbichler yves 3 ans, Hundsbichler julien 38 ans ; Hundsbichler Henri 2 ans ; Hundsbichler Marie 9 mois ; Menant Julien 56 ans ; Menant Marcelle 47 ans ; Napoleone Yvonne née Atzei 20 ans ; Napoleone Daniel enfant ; Paiou Armand 58 ans ; Pusceddu Anna ; Pusceddu Olga 14 ans ; Pusceddu Julien 20 ans ;Rodriguez Marie ; Rodriguez François 7 ans ; Rodriguez Jacqueline 4 ans ; Rodriguez Henri 5 ans ; Russo Lucrèce 49 ans ; Scarforto Pierre 48 ans ; Varo Martial 26 ans ; Zabatta Josiane, 12 ans.

    Les blessés

    Mme d'Agro 55 ans ; Clérin Aline 22 ans ; Clérin Jean-Pierre 15 ans ; Monchatre Monique ; Brandy Geneviève 8 ans ; Brandy Marie-Jeanne 17 ans ; Pusceddu Jeanne 10 ans ; Pusceddu Roland 8 ans ; Lopez Antoinette ; Capitano Henzo 19 ans ; Bertini Albert 14 ans ; Larivière Alfred 31 ans ; Gaudisio Marie ; Requard Claire.

    Les disparus

    Pusceddu Armand 57 ans ; Serra Claude, 19 ans.


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  • Il se fait passer pour un aveugle et braque une passante à Sedan .

    Rédaction en ligne Accueil (lunion.com)

    La présence d’esprit de la victime et Facebook ont permis d’interpeller un habitant de Sézanne, dans la Marne, auteur d’un vol avec violence perpétré le 3 juillet à Sedan.

    Le braquage s’était déroulé rue de l’Hôtel-Massart à Sedan le 3juillet.

    Le braquage s’était déroulé rue de l’Hôtel-Massart à Sedan le 3juillet.

    À29 ans, Damien Brasseur affiche déjà un casier judiciaire bien fourni. Pas moins de seize condamnations et près de huit années passées derrière les barreaux pour deux braquages. L’homme, qui réside à Sézanne, près d’Épernay, sortait d’ailleurs à peine de détention quand il décide de commettre un nouveau vol avec violence le 3juillet dernier à Sedan.

    Accro à l’héroïne, il décide de «braquer» un dealer pour se fournir en stupéfiants. Il se rend en Belgique avec sa compagne mais revient bredouille. Au retour, le couple décide de s’arrêter à Sedan pour, dira-t-il lors de sa garde à vue, «faire une pause pipi».

    Il est 20h30, lorsqu’il demande à sa compagne de stationner la voiture rue de l’Hôtel-Massart...


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  • Soldats français d’Algérie dans la seconde guerre mondiale

     

    AVANT-PROPOS : Note du Webmaster :
    Après la sortie récente du film « INDIGENES » il convient de faire remarquer que sur 240.000 soldats constituant l’Armée d’Afrique, la population Pied-noire d’Afrique du Nord a fourni 170.000 hommes – au moins 17 classes – soit 17% de la population totale Européenne, hommes, femmes et enfants confondus, un effort supérieur à celui consenti par la population de la métropole pendant la guerre de 1914/1918.
    Il faut aussi rappeler que les soldats « indigènes » étaient « engagés volontaires » et non « appelés » comme leurs camarades de combats Pieds-noirs.
    Il n’est pas non plus inutile de rappeler que « l’apartheid » n’ayant jamais existé en Afrique du Nord, comme voudraient aujourd’hui le laisser croire certains beaux esprits, la distinction entre les combattants selon leurs origines ethniques ou religieuses n’a jamais été effectuée, ainsi que cela apparaît clairement dans l’article ci-dessus. Ceci a permis au Maréchal JUIN (natif de Bône et vainqueur de Monte Cassino) de parler de « l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui toujours régna dans les rangs de l’armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises et le mieux aimées « , citation qui figure dans l’article, mais qu’il n’est pas inutile de répéter.
    Ainsi mon père Ernest BELASCO était-il Spahi, puis Chasseur d’Afrique et mon oncle Henri ROUBAUD, Tirailleur Marocain (Témoignage de Henri Belasco).

    Fidèles à leur réputation, spahis et tirailleurs algériens ont fait preuve d’un courage exceptionnel dans les combats les plus durs et les plus meurtriers de la seconde guerre mondiale. Partout, en Belgique, en France, en Italie, en Tunisie, ils se sont illustrés pour l’honneur de la France.

    Tirailleurs et spahis algériens sont engagés au Levant et au Maroc, notamment en 1925, contre Abdelkrim. Dans les années 1930, pour réagir à la montée des périls, les Régiments de tirailleurs algériens (RIA) voient leur nombre porté à seize (huit stationnés en Algérie et huit en France).
    Le 3 septembre 1939, la France déclare la guerre à l’Allemagne et envoie plusieurs régiments de tirailleurs algériens en Tunisie, car l’attitude de l’Italie demeure incertaine. D’autres rejoignent le Levant.

     

    La « Drôle de guerre » est mise à profit pour créer sept nouveaux régiments, ainsi que des unités de soutien. En 1939, la France possède par ailleurs quatre Régiments de spahis algériens (RSA). Avec deux régiments de spahis marocains, ils forment trois brigades à cheval qui sont engagées à partir du 10 mai 1940 au Luxembourg et en Belgique. Elles reviennent ensuite défendre le sol national. Le 6è RSA, quant à lui, a été envoyé début mai en Savoie au sein de la 1re brigade de spahis pour parer à toute menace italienne.
    Les 13 et 14 mai 1940, les 14è et 15è RTA occupant le secteur à l’Est de Sedan au sein de la 3è division d’infanterie nord-africaine font preuve de la même combativité que leurs aînés de 1914-1918. Le 15 mai, la 3è brigade de spahis retarde les Allemands, notamment grâce au 2è RSA qui, doté d’un seul canon antichar, résiste pendant dix heures à La Horgne face à l’assaut des panzers et des Stukas.
    Hélas, malgré les tentatives de rétablissement auxquelles participent les Algériens, le front a été percé définitivement par les Allemands. Sur les 123.000 Algériens engagés pendant cette campagne, 2.600 ont été tués et 40.000 ont été faits prisonniers.
    L’armistice du 22 juin 1940 entraîne la dissolution de nombreuses unités, et l’État français de Vichy n’est autorisé à entretenir en Algérie que six régiments de tirailleurs algériens, étroitement surveillés par les commissions d’armistice.
    A cette époque, le 29è RTA demeure stationné au Levant. Le 1è régiment de spahis algériens est stationné à Médéa et le 3è à Batna. Ces régiments d’Afrique du Nord, privés de logistique et soumis aux contrôles de l’ennemi, continuent à s’entraîner dans une demi-clandestinité et avec des moyens réduits. A la suite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord de novembre 1942, la lutte reprend sur le sol tunisien.
    Les tirailleurs comme les spahis font de nouveau honneur à leur vieille réputation. En effet, les six régiments de tirailleurs d’Algérie, mal équipés, mal armés, suivis plus tard par le régiment revenu de Syrie, ont à lutter dans le désert contre l’ Afrika Korps de Rommel et ses alliés italiens.
    Toutefois, la vaillante armée d’Afrique, matériellement soutenue par les Alliés, participe activement à la libération de la Tunisie. Celle-ci se solde par la capitulation germano-italienne du Cap Bon, en mai 1943. Les soldats algériens contribuent donc, par leur opiniâtreté, à faire acquérir de nouveaux titres de gloire à l’armée française qui voit la victoire revenir dans son camp.
    Dès le début de 1944, dans les rangs soit de la 3è Division d’infanterie algérienne (DIA) soit des divisions marocaines, les 1è, 2è, 3è,7è, 9è régiments de tirailleurs algériens combattent en Italie au sein du « Corps expéditionnaire français » que commande le général Juin. La 3è division d’infanterie algérienne compte 16.840 hommes, dont 60% d’Algériens. Trois autres régiments de spahis algériens seront engagés en Italie durant la campagne.
    Comme leurs autres camarades africains, les Algériens ont à surmonter les difficultés de combats rendus pénibles et meurtriers par la rudesse du terrain, et l’acharnement défensif des troupes de Kesselring, notamment autour de Monte Cassino. Les combats de Monna-Casala, du Rapido, de Castelforte, du Garigliano, ou livrés au printemps pour percer les lignes Gustav, Dora et Hitler, jalonnent leur marche victorieuse. Le 18 mai 1944, la 3è DIA perce à San Oliva et ouvre la route de Rome. La  » Ville éternelle  » est atteinte le 3 juin. Les efforts conjugués de l’armée française et de ses alliés entraînent enfin, le 3 juillet 1944, le recul ennemi sur ce front. Sienne, ville à la richesse architecturale reconnue, est libérée sans destruction. Cette division, qui a perdu 6.276 hommes en six mois, doit être rapatriée en Algérie à l’été 1944. Mais la France a pris une revanche retentissante sur les Allemands et la gloire auréole de nouveau ses drapeaux.

    Les tirailleurs et spahis algériens participent bientôt à la libération du sol métropolitain. Il s’agit en effet, dans le cadre de l’opération Anvil-Dragoon, de libérer la Provence de la 19è armée allemande, retranchée sur le « Südwall ». A cette fin, les 3è et 7è tirailleurs, le 2è spahis débarquent à Saint-Tropez le 16 août 1944 avec la 3è DIA, puis mènent avec les Forces françaises de l’Intérieur -en insurrection depuis le 19 – les combats de Toulon et Marseille.
    Le général de Lattre, qui commande le 2è corps d’armée,a promis au général américain Patch de faire tomber les deux places en 15 jours. Encerclé complètement le 21 août par le 3è régiment de tirailleurs algériens qui s’est infiltré par des pistes réputées impraticables, Toulon est isolé. La place capitule finalement le 27, et Marseille le 28. Les Français font 44.000 prisonniers.
    En moins de dix jours, l’armée de de Lattre a gagné la bataille de Provence. ..
    C’est ensuite pour la 3è DIA la marche fulgurante vers le Nord par la vallée du Rhône au milieu d’une population en délire. En septembre, la 1è brigade de spahis algériens arrive, ainsi que le 1è régiment de spahis algériens le mois suivant. Le 18 mai 1944. L’armée française pourchasse les Allemands à travers le Jura, puis au-delà des Vosges.
    Le 14 novembre 1944 débute son offensive en Alsace. L’hiver 1944-1945 est rigoureux, et la résistance des soldats indigènes est mise à rude épreuve: le thermomètre descend en effet jusqu’à -24°C. Les pertes de la 3è DIA s’élèvent, chiffre révélateur, à 109 % à la mi-décembre, tous les hommes de la division ayant été au moins une fois blessés ou malades. Malgré l’âpre résistance allemande, Strasbourg est libérée, notamment par le 7è RTA. Le 9 février 1945, l’Alsace tout entière se débarrasse du joug allemand.
    Les RTA qui n’ont pas bénéficié de permissions depuis le début d’août 1944 connaissent enfin un début de relève par des troupes d’Afrique noire. Mais il faut accélérer la curée : spahis et tirailleurs reçoivent bientôt l’ordre de franchir le Rhin par la Forêt Noire. Stuttgart est atteinte le 25 avril 1945 par les 2è et 3è RSA.
    Les 1er et 9è Tirailleurs participent de leur côté aux opérations de la 4è division marocaine de montagne. Dès le débarquement en France, ils sont lancés sur le front des Alpes puis participent brillamment aux opérations offensives en Alsace, à Mulhouse et dans la région de Colmar jusqu’en février 1945, perdant au cours de cette campagne une grande part de leurs effectifs.
    Le 2è Tirailleurs participe au nettoyage des positions ennemies dans la Tarentaise et en Maurienne dans les rangs de la 2è Division d’infanterie marocaine (DIM). Il occupe ensuite Modane.
    Le 6è Tirailleurs et le 1er Spahis sont impliqués, avec la 2è division blindée, dans l’attaque du redoutable camp retranché de Royan, ceinturé de fossés antichars et d’ouvrages bétonnés entre le 13 avril et le 18 avri11945. Le 1er RSA participe ensuite au débarquement sur l’Île d’Oléron.
    Enfin, le 29è Tirailleurs, rentrant des opérations de Corse et de l’Île d’Elbe, part combattre dans les Alpes près de la frontière italienne. Survient alors la victoire finale…
    De 1942 à 1945, les soldats algériens furent 134.000 à servir dans l’armée d’Afrique sur 290.000 musulmans. Comme leurs camarades marocains et tunisiens, ils ont paré leurs fanions de gloire et forcé l’admiration, et leurs drapeaux ont pu flotter victorieusement sur l’Allemagne vaincue. Spahis et tirailleurs furent partout des modèles de discipline et de bravoure au service de la France, reflétant parfaitement «  le souvenir de l’héroïsme le plus pur et de la fraternité qui toujours régna dans les rangs de l’armée d’Afrique, tant il est vrai que c’est dans son sein et au creuset des batailles que les deux races se sont toujours le mieux fondues, le mieux comprises et le mieux aimées « ,selon la citation du maréchal Juin.

    Capitaine Olivier Lahaie, Service historique de l’armée de Terre
    ADA n° 278. mars 2003

     Source : Algérianie


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