• Pour un islam Français dépouillé de sa dimension politique

    Pour un islam français dépouillé de sa dimension politique

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        Oui ! il est urgent de mettre l’islam en débat. La définition d’un islam conforme à notre modèle de société et à notre civilisation présente deux dimensions ; une dimension d’ordre juridique (légal, pas légal) et une dimension politique (conforme, pas conforme au modèle de société français) ; celle-ci transcende celle-là ; la première est objective, la seconde est subjective ; la première consiste simplement à sanctionner les dérives observables au regard de ce que la loi actuelle permet : c’est, en définitive, une affaire de simple police ; la seconde est une révision et une actualisation du contrat social qui fonde notre société au regard de l’irruption de conceptions exogènes.

         Autrement dit, une réflexion sur l’islam de France est aussi une réflexion sur notre modèle de société. Et, de même que les musulmans sont appelés à une « révision déchirante » (Abdelwahab Meddeb) de leurs dogmes pour rendre leur religion compatible avec la société française, celle-ci est invitée à une révision non moins déchirante de ses propres principes. Des principes dont certains devront être réaffirmés et d’autres infirmés. Pour être clair, l’institution d’un islam français conforme aux valeurs et à la civilisation françaises ne peut manquer, par exemple, de déboucher sur l’oubli d’une partie au moins des principes humanistes et universalistes censés fonder notre République[1]. En tout état de cause, une telle actualisation doit se traduire par une réforme de nos institutions et de nos lois.

        Une réflexion en vue de l’institution d’un islam français doit porter sur son contenu, sa pratique et son organisation. Sur le contenu, c’est-à-dire le dogme et les rituels, j’ai écrit qu’il n’était pas question de dicter aux musulmans de France ce qu’il doivent croire ni comment ils doivent pratiquer leur religion ; mais il n’est pas interdit, en revanche, de dire ce qui, dans leurs croyances et leurs rites est conforme aux us, coutumes et valeurs de la société française et ce qui ne l’est pas. Les musulmans, qui ont le sens du licite et de l’illicite, de ce qui est halal et de ce qui est ahram, comprendront parfaitement. Du reste, cela s’adresse à des gens qui, par hypothèse, ont le souci de l’intérêt national et du bien public. Le tout est, une fois les règles clairement posées, de signifier clairement aux réfractaires et aux rebelles qu’ils n’ont pas d’autre choix que de se plier. A défaut, prendre des dispositions pour les renvoyer sous des cieux plus conformes à l’idée qu’ils se font de l’islam.

        Quoique j’en aie une idée précise parce que j’y ai beaucoup réfléchi, je me garderai bien, n’étant pas théologien, d’anticiper sur ce qui devrait sortir de cette réforme. Mais beaucoup des points qui prêtent à discussion sautent aux yeux. C’est le cas de la question des lieux de cultes, de la polygamie, de l’excision, de l’allégeance prioritaire à l’islam, des revendications communautaristes, dont certaines sont anodines et d’autres, comme la demande d’application de la charia pour les musulmans[2], constituent de véritables attaques contre les fondements de notre société. A l’exception de cette dernière, que notre personnel politique n’ose pas encore satisfaire mais qu’il satisfera sans aucun doute possible lors de la prochaine législature, toutes ces dérives, sauf l’excision, trouvent grâce à ses yeux. Certaines, comme la polygamie, sont même cogérées par nos services publics, et, ce, depuis déjà trois décennies au moins. Mais j’ai souvent traité ces thèmes et nous aurons l’occasion d’y revenir.

        La question de l’organisation de l’islam est plus urgente. La première décision du Gouvernement nationiste, patriote et souverain est de dissoudre le Conseil français du culte musulman (CFCM), ce marigot où grenouillent les envoyés de puissances étrangères africaines et turque pour surveiller et contrôler leurs ouailles émigrées. En lieu et place, les musulmans de France sont invités à constituer une instance de concertation interne sur les questions religieuses proprement dites, c’est-à-dire relatives au dogme et aux modalités d’exercice du culte : une Fédération musulmane sur le modèle de la Fédération protestante. C’est une instance de droit privé (associatif) dans laquelle l’État n’a pas de représentant mais, en cas de blocage ou de conflit, c’est lui qui tranche souverainement.

        Livrés à eux-mêmes, les musulmans de France, auxquels on accorde de plus en plus rapidement (depuis Valls, trois ans de présence sur notre territoire au lieu de cinq auparavant) et sans contrepartie une citoyenneté synonyme de libertés sans limite et même d’impunité, sont prêts à servir de bras armés à la minorité la plus fanatique et, partant, la plus activiste. L’islamisme est une idéologie – et, dorénavant, une force – qui a su profiter de la mondialisation et d’internet pour se moquer des distances et des frontières, et qui exploite la faiblesse des Occidentaux mais aussi leurs erreurs souvent criminelles[3] pour recruter partout des fanatiques prêts à lui sacrifier leur vie. Dans le même temps, il met toute son ingéniosité et sa patience à gagner la sympathie et le soutien de multitudes de plus en plus prêtes à tomber dans ses bras s’il est vainqueur. Les islamistes cachent de moins en moins leurs ambitions d’islamiser l’Europe. En France, ils trouvent le soutien de plus en plus souvent affiché de millions d’immigrés ré-islamisés ou déjà fanatisés avant même d’y avoir mis un pied. Quant à leurs enfants, cela fait trente ans qu’on les éduque dans le culte de leurs origines ; et, au lieu de leur apprendre à aimer la France, on cultive le mythe de ses supposés « crimes » coloniaux, …tout en leur faisant chanter Imagine en Arabe dans les écoles ![4] Il me semble qu’un futur gouvernement patriote et souverainiste et soucieux de défendre la France devra se donner immédiatement les moyens de faire échec à cette menace. Cela passe par une nationalisation du culte musulman, autrement dit, par l’organisation d’un islam anglican.

        C’est pour s’assurer la fidélité de ses sujets contre l’influence du Pape de Rome qu’Henri VIII mit le culte catholique sous tutelle. Ce faisant, il imitait, en allant plus loin que lui, …François 1er, qui en 1516 avait signé avec le Pape Léon X à Bologne un premier concordat qui permit durant presque trois siècles à la couronne de contrôler l’Église de France. Près de trois siècles plus tard, Bonaparte en faisait de même en imposant en 1801 au Pape Pie VII le concordat de Fontainebleau. Un concordat qui, je le rappelle en passant, est toujours en vigueur en Alsace-Moselle, et dont on connaît surtout la rémunération des servants du culte par l’État mais dont on a oublié qu’il consacrait la prééminence de l’État national sur la puissance apparemment spirituelle mais, en réalité, politique et étrangère, du Pape. L’islam conquérant n’est pas un état mais c’est une puissance et une puissance étrangère menaçante, ou alors, je ne comprends rien à ce que toute la journée j’entends dans le poste et vois à la télé. Certes, son chef n’est pas identifiable (c’est le principe de base de l’islam) mais il n’en est que plus dangereux parce qu’il est insaisissable et immortel ; si son incarnation est tuée, une autre prend sa place. En tout cas, ses représentants putatifs ou ses complices (même s’ils s’en défendent) sont bien identifiés, eux. En tout cas, ceux de France. Et, même, ce sont les contribuables français qui les entretiennent. Il faudra les rassembler et leur dire quel islam elle veut, et non pour dialoguer avec eux, de puissance à puissance, comme le font Valls et Cazeneuve. « Dialoguer » avec Dalil Boubakeur, un fonctionnaire du gouvernement algérien qui a hérité de son père la Grande Mosquée de Paris, une épicerie qui ne lui appartenait pas ! « Dialoguer » avec Hassan Chalghoumi, l’obscur employé au tri de bagages de Roissy, autoproclamé imam, curieusement naturalisé en urgence (avant le délai légal), et signalé par la Police pour cause de prêche incendiaire !.. La France est tombée bien bas.

        Il ne s’agit pas de « dialoguer » avec quiconque mais, en premier lieu, de constituer une authentique instance de conseil au Gouvernement sur le modèle des hauts conseils en tout genre placés sous l’autorité du Premier Ministre et qui, conformément à leur intitulé, l’aident à se faire une idée (je ne dirai pas une religion) dans le domaine de leur compétence. Par exemple : le Haut Conseil des Finances Publiques, le Haut Conseil de l’Education, etc. En la matière, cet organe, qui, sans surprise, s’appellera le Haut Conseil du Culte Musulman, n’est pas une instance au service des musulmans mais du Gouvernement. Il sera strictement consultatif. Il doit compter des musulmans de toutes sortes mais aussi des non-musulmans, des musulmans qui ont abandonné l’islam (des apostats, diront les puristes avec une moue de dégoût et des envies de tuer dans le regard), des pratiquants, des alternatifs, des agnostiques, des athées, des culs-bénis, des laïcards, des francs-macs, des gens qui connaissent l’islam et d’autres qui ne le connaissent pas, des gens qui l’aiment, d’autres qui le haïssent, des gens qui lui font confiance, d’autres qui en ont peur, etc.

        Parce que la mission de cet organe n’est pas de vanter, de développer ou de gérer l’islam mais de dire en quoi il est neutre et en quoi il est mauvais pour la France (je ne parle pas du bien qu’ils est censé lui faire : les musulmans eux-mêmes et leurs porte-parole de la télé et de France-Culture s’en chargent abondamment). Car, s’agissant d’éclairer l’État au service de tous sur une question aussi subjective, le point de vue et les raisons de ceux qui sont le plus éloignés de l’islam sont tout aussi instructifs que ceux des spécialistes. La mission de ce Haut Conseil du Culte Musulman sera, de l’Islam, trier le bon grain de l’ivraie, c’est-à-dire définir clairement ce qui y est conforme et ce qui ne l’est pas aux valeurs, aux principes, à l’Histoire, aux fondements, en somme, de la société française et de sa civilisation afin d’adapter la politique de l’État, ses lois et, même, sa Constitution.[5]

        Créant ex-nihilo toutes les institutions de la Turquie moderne pour, en quelques années, sortir son pays du moyen-âge, Mustapha Kemal Atatürk s’inspira des Européens, en particulier des Français. Il y ajouta sa touche personnelle. Ce fut gratiné (lire) ! Et efficace au point que les anglo-saxons – qui ont pourtant enfanté Churchill – le considèrent comme le plus grand homme d’état du vingtième siècle. Sa méthode de gouvernement s’appelle la « réforme radicale ». En matière d’islam, mais pas seulement, nous serons bien inspirés de lui retourner le compliment en nous inspirant de lui pour sortir la France de l’ornière où l’UMPS la plonge depuis trente ans. Il y a urgence !

    ___________

    [1] Sous ma plume, « République » traduit la notion romaine de res publica. Il ne se réduit jamais au « régime républicain » qui n’est qu’une convention. La res publica peut très bien être défendue par un autre régime (« La monarchie aussi est une république ! » Montesquieu)
    [2] Déjà satisfaite au Royaume Uni où une cinquantaine de tribunaux proposent aux musulmans d’être jugés selon la charia.
    [3] L’invasion de l’Irak a fait trois-cent-mille victimes civiles, les drones tuent cent fois plus de civils que de terroristes, etc. Lire cet article de basta !
    [4] Pour entretenir leur nostalgie de l’idyllique pays de leurs aïeux, on devrait leur faire chanter Ou bladi, ou blada !
    [5] Par exemple, les musulmans réclament de plus en plus de mosquées. Quelqu’un a-t-il posé la question de la nécessité des mosquées ? Aujourd’hui, les musulmans revendiquent des mosquées sous prétexte que la « prière du vendredi » est un pilier de l’islam. La mosquée est-elle une prescription religieuse fondamentale ou n’est-elle pas plutôt une tradition née, à la mort de Prophète Mohamed, de la volonté de ses fidèles de perpétuer l’habitude de se réunir chez lui le vendredi, jour de marché ? La prière que, les autres jours, les fidèles effectuaient séparément, l’était, là, en commun. La dérive est telle que, aujourd’hui, certains parents font rater l’école à leurs enfants le vendredi après-midi pour qu’ils puissent se rendre, déguisés en moudjahiddines Afghans, à la mosquée… où ne sont pas censés aller à cause de leur âge. On me dira : « Les musulmans se fichent bien de ces arguties ! » Les musulmans, peut-être ; l’État et, surtout, les Français, non !

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  • Attentat de l'Etat Islamique en Isère : Vers un renforcement du gouvernement d'occupation


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  • Le Front national d’aujourd’hui ..

    Par: laflamme ..

    Steve Briois et Laurent Brice, qui a fait du chemin à rebours depuis son adhésion à l’Oeuvre française !


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  • Pour un nationalisme sain

    Décidément, être nationaliste aujourd’hui c’est avant tout se heurter aux nationalistes.

    Il n’y a pas une semaine sans qu’un sujet, qui aurait dû rester du niveau de l’anecdote racontée à un comptoir, n’en devienne une affaire d’État faisant émerger des discordes incroyables que l’on aurait pu légitimement croire impossible à voir surgir.

    La mairie de Paris a fait peindre une fresque infecte, d’un mauvais goût absolu, mais néanmoins bien digne de cet « art » contemporain et de cette culture moderne n’ayant pour seul mérite que de réactualiser l’envie de sortir son revolver lorsqu’on en entend parler.

    Cette fresque, donc, mettait à l’honneur l’Afrique, berceau de l’humanité comme chacun sait, et se distinguait par une phrase des plus infâmes « les Françaises aux Africains. »

    Quelque temps après l’agitation qu’a créée cette anti-œuvre, on apprenait qu’une certaine Electre était venue repeindre cette fresque, transformant donc ce slogan dégueulasse en un « les Françaises aux Français. »

    Le geste aurait certainement mérité d’être salué si la personne auteur de ce tag de recouvrement avait été digne d’un intérêt quelconque.

    En effet, ladite Electre est une jeune femme se revendique actrice pornographique et anime une page internet sur laquelle les valeurs du nationalisme sont loin d’être portées au pinacle.

    Outre ses origines ethnicoreligieuses des plus douteuses, une vidéo existe dans laquelle la bonne dame se fait filmer, à moitié nue, par un Noir, en train de fumer à son balcon, avant que l’extra-européen ne lui fasse dévoiler sa poitrine.

    Quelques recherches plus tard, il se révèle également que l’artiste patriote a tourné dans une production du bien nommé Marcel Herskovits, alias Marc Dorcel, titrée La Secrétaire infidèle. Tout un programme certainement, mais plus digne du néo-FN que de Charles Maurras.

    On passera sur les entretiens de l’actrice, dans laquelle elle estime que la pornographie peut être un moyen de réveiller les consciences nationales, mais que, si elle est opposée au multiculturalisme, tout de même, un beau métis asiatico-hispanique, ça ne lui déplairait pas.

    C’est un point de vue.

    Nonobstant, grand branle-bas de combat sur internet. Regardez mes amis, une femme lave l’affront fait à la France en restaurant notre honneur perdu. En voilà une qui a des couilles. Ca tweet, ça statute et ça communique sur cet exploit.

    Quelques voix nationalistes ont tout de même objecté le statut socio-professionnel pathologique de la demoiselle qui ne doit plus l’être depuis belle lurette.

    Grand mal leur en a pris. On a eu droit au grand tralala habituel. Eh oui c’est facile de critiquer quand on fait rien, elle au moins, elle agit, ce ne sont pas les guerriers du net qui sont allés nettoyer la fresque mais bien cette fière prostituée cinématographique, alors un peu de respect s’il vous plaît.

    Oui, parce qu’il y a un grand principe sur internet, c’est que si on critique une personne, c’est que forcément, on doit se retrouver dans la catégorie des individus qui passent leur temps derrière leur clavier et ne font rien pour la cause. Je pense qu’un scientifique se penchera sur le sujet un jour et pourra élaborer une théorie telle Godwin.

    Donc toi tu fais rien, salaud de critiqueur, mais elle, entre deux tournages elle fait, et elle fait pour la France, Monsieur, la vraie, celle de Dorcel.

    Et puis tant qu’à faire, parce que business is business, juste après avoir fait son coup d’éclat médiatique (enfin, médiatique, uniquement dans le milieu patriote), la couillue Electre a fait passer une enchère sur les bas qu’elle portait sur les scènes de son dernier film. « Imbibés d’orgasmes de compétition » comme en témoigné le descriptif desdits objets. 25 Euros l’enchère de départ. Pas cher mon fils pour avoir une relique d’une authentique nationaliste.

    Pas de petits profits, ça sera sûrement reversé à la cause. Sûrement.

    Entre temps, une autre anti-œuvre avait été installée à Paris. Un vagin géant. Le genre de chose qui doit faire réfléchir les gens à leur condition et à leur destinée quand ils grignotent leur MacDo à leur pause déjeuner.

    Et bien, cette œuvre-là elle a été dégradée aussi. Pas par Electre cette fois. Juste par un héros anonyme. Le genre qui ne met pas son ego en avant pour x raisons ou pour raisons classées X.

    Et bien, ce coup-ci, croyez-le ou non, ça a moins été relayé cette affaire-là.

    C’était moins sexy sûrement. Peut-être moins d’espérance d’un retour sur investissement.

    En tout cas, cela nous prouve une chose, c’est que des nationalistes qui ont des couilles, il en reste, et si Electre n’avait pas fait sa petite comm pseudo nationaliste, eh bien il y aurait eu un soldat de l’ombre qui l’aurait effacé ce tag. Et certainement même avec plus de talent, parce que, honnêtement, mais là on va me dire que je suis de mauvaise foi et que je critique sans rien faire d’autres que rester derrière mon clavier, mais son badigeon pour recouvrir le machin anti-français, en plus, il est moche.

    Marion Maréchal Le Pen Rap-RAC-Saga

    J’avais naïvement espéré, après cette sordide histoire, que notre almanach de la bêtise patriotique était bien rempli pour le mois de juin, mais c’était sans compter la famille Le Pen.

    Alors eux, ils sont toujours là où on les attend. Dès qu’il y en a une à faire, ils s’y engagent fièrement.

    Et pas à propos de pornographie : Philippot n’est pas dans le coup pour une fois. Enfin, pour ça, on va attendre que l’histoire de viol homosexuel en cours se dévoile tranquillement ; ça sera peut-être pour juillet. Histoire qu’on ne s’ennuie pas, on peut leur en être reconnaissant.

    Pas de sortie de Jean-Marie ou de déclaration croustillante telle un pain azyme du premier homme, Louis Alliot, le Français crémieusé.

    C’est cette sympathique Marion qui nous régale d’une Le Pennerie du plus bel aloi, la faisant directement entrer au Panthéon de la clownerie familiale.

    Elle est venue parler musique la Marion. Et ce n’est pas piqué des vers.

    Elle nous annonce sans détour que le rock identitaire français, elle n’aime pas. Ça serait même lamentable musicalement qu’elle nous dit l’héritière.

    Les goûts et les couleurs, vous me direz, ça ne discute pas. C’est vrai. Et on le sait qu’elle a des goûts particuliers. Quand on se fait draguer par des Maghrébins ou qu’on a des relations avec eux, forcément, ça ne se discute plus. Ça se règle plus tard.

    Néanmoins, on peut envisager avoir le droit de ne pas aimer le RIF. Surtout qu’on se dit que chez le néo-FN, on doit certainement préférer la RAF.

    Mais alors, qu’est ce qu’elle aime la Marion ? Poliment elle admet avoir des goûts rétro. Voire ringards. Sardou par exemple.

    Elle aurait pu nous dire Jean-Pax Méfret par exemple, qui a au moins le mérite d’être un Sardou avec des couilles, mais non, elle nous sort cette vieille momie UMP de Sardou. Sérieusement. Mais ce n’est pas fini.

    Histoire de montrer qu’elle est proche du peuple, elle annonce sans ambages au journaliste, qui devait se régaler, qu’elle écoute aussi du rap.

    Et pas n’importe quel rap. Pas du Goldofaf ou du Fasc hein. Non : du Maître Gims (les majuscules ne sont peut-être pas obligatoires), du Sexion d’Assaut (un groupe d’intellectuels subsahariens) dont fait partie le grand ténor Gims, et un autre couineur de micro dont j’ai oublié le nom et dont on me pardonnera de ne pas faire l’effort de le rechercher.

    Le troisième de ces larrons d’ailleurs (larron pas marron hein, parce que les marrons ils sont encore dans l’arbre à cette époque de l’année) a immédiatement écrit un tweet dans lequel il invitait Marion à écouter son prochain album appelé Négritude, pariant sur le fait qu’elle l’appréciera sûrement. Ah mais moi aussi je mets mon billet là-dessus, mon cher monsieur.

    Là aussi, certaines voix authentiquement nationalistes ont tenté de dénoncer ces propos insupportables. Et ça a été une belle volée d’un bois aussi vert que les singes du même nom.

    On est reparti sur la même base : tu critiques mais tu ne fais rien. Je vais peut-être appeler ça le point Leroy, à l’image du point Godwin, ça m’assurera une postérité certaine du coup, parce que vu le niveau du nationalisme aujourd’hui, j’ai bien peur que notre peuple disparaisse avant que l’on puisse espérer avoir une quelconque notoriété avec nos articles (et pas nos actions parce qu’on ne fait rien, note-le bien fidèle lecteur, qui toi non plus ne fais rien à part lire cet article, c’est bien connu).

    Il y aura même eu certaines personnes pour nous dire qu’elle avait raison, que le RIF c’était nul, et qu’elle avait des positions authentiquement nationalistes elle au moins, et qu’elle usait de tous les moyens pour répandre la bonne parole.

    De la métapolitique en somme. Vous savez, celle qui permet de dire ce que l’on ne pense pas pour que les gens comprennent ce qu’vous pensez mais qu’ils ne le disent pas, et pour que la France soit sauvée d’ici les cinquante prochaines années.

    Parfois, d’ailleurs, les gens sont tellement métapolitiques qu’on croirait qu’en fait, tout ce qu’ils veulent, c’est assurer leur poste de député et leur rémunération mensuelle équivalente à une année de SMIC. Eh bien, c’est là qu’on fait erreur. En fait, tout ça c’est pour la France. C’est beau à pleurer.

    Métapolitiquement parlant, nous tenons donc nos deux Jeanne d’Arc. Elles sont là. Jean-Marie avait imploré son aide, et il a été exaucé. Deux pour le prix d’une.

    La première va mener la grande charge au son de la fanfare de ses Sexions d’Assaut, qui aiguiseront leurs machettes sur les bords crasseux de leurs cases, tandis que l’autre brandira son godemichet, montée par son cheval. Et derrière elles, l’armée des cocus.

    http://www.jeune-nation.com/divers/billet-dhumeur/20353-pour-un-nationalisme-sain.html


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  •  Par: Pieds Noirs 9A..LES PORTEURS DE VALISE du FLN ...

     Article N°0521 Mars 2010 dans Archives

    LES PORTEURS DE VALISE du FLN ...

                              LES PORTEURS DE VALISES


    LES PORTEURS DE VALISES    LES PORTEURS DE VALISES du FLN ...
    LES FRANCAIS DU FLN

    Collecter et transporter des fonds pour le FLN, héberger et convoyer ses membres : à la fin des années 1950, le réseau Jeanson - une poignée d’activistes anti colonialistes - apporte « sa » réponse à l’impasse française en Algérie. En septembre 1960, le procès de ces militants est l’occasion de dénoncer une guerre que l’on refuse encore à nommer.

    Mattea Battaglia, Le Monde Magazine, 20 février 2010

    Les français découvrent l’existence du « réseau Jeanson » à la faveur d’un coup de filet de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Le 24 février 1960, Paris Presse titre sur huit colonnes : « La police arrête dix Parisiens appointés par le Front de libération nationale. Parmi eux : des professeurs, des artistes et des techniciens de la RTF ». Le 27 février, le quotidien insiste sur la composante féminine de l’organisation (« soixante femmes sur quatre vingt complices du FLN ») et publie les portraits des « Parisiennes du FLN ».

    Six ans après le début d’une guerre qu’on refuse de nommer, deux ans après le retour au pouvoir de de Gaulle qui prône désormais l’ « autodétermination »  en Algérie, l’opinion en métropole se gargarise du scandale. Voilà des hommes et des femmes représentants de la bonne société devenus les « petites mains des Arabes » ! La presse à sensation multiplie les détails sur la « tactique sentimentale des Nord Africains », mêlant commentaires racistes et sexistes. Mais elle élude les questions de fond : qu’ont en commun les individus interpellés ? Et quelles sont leurs motivations ?

    L’animateur du réseau, Francis Jeanson, rescapé de la vague d’arrestations, a déjà avancé ses propres réponses. Ce jeune philosophe (il est né en 1922 à Bordeaux), disciple de Sartre, est un collaborateur régulier des revues Esprit et Les Temps modernes. Au début des années 1950, il y a signé ses premiers articles sur l’Algérie, dénonçant tour à tour l’iniquité du statut de 1947, le racisme des colons, l’oppression subie par les Algériens. Une « situation intenable » dont il a été le témoin direct : il a séjourné en Algérie en 1943, au sein des Forces françaises libres d’Afrique du Nord, puis en 1948, pour sa lune de miel avec sa première femme, Colette.

    En 1955, Francis Jeanson franchit une étape supplémentaire en publiant L’Algérie hors la loi, coécrit avec Colette. Les Editions du Seuil ne peuvent lui refuser la parution de ce livre choc : le philosophe compte parmi leurs collaborateurs (il dirige la collection « Ecrivains de toujours »). Dans ce brûlot, il se prononce sans équivoque en faveur du FLN, au détriment de l’autre branche du nationalisme algérien, le Mouvement national algérien (MNA) de Messali Hadj. « L’Algérie hors la loi va devenir le bréviaire des anti colonialistes » note Marie Pierre Ulloa, historienne et biographe de Francis Jeanson. « Le livre se distingue de la pléiade de pamphlets sur l’Algérie pour deux raisons. D’abord, il précède la plupart des grands témoignages sur la torture, écrits pendant ou après la bataille d’Alger, en 1957. Ensuite, Francis Jeanson n’y dénonce pas seulement la torture dans la guerre, mais la guerre coloniale
    elle même ».

    LE TEMPS DE L ACTION

    Après l’écriture vient le temps de l’action. La « trahison » du gouvernement de Front républicain, élu le 2 janvier 1956 sur un programme de « paix en Algérie », accélère cette transition. Le socialiste Guy Mollet, accueilli à Alger le 6 février par des jets de tomates, cède aux « ultras ». Le 12 mars, l’Assemblée nationale vote les « pouvoirs spéciaux », par 455 voix émanant de la droite et de la gauche, y compris celles du Parti communiste. Durant ce même mois de mars, la France reconnaît l’indépendance du Maroc et de la Tunisie, mais sur l’Algérie elle ne veut rien céder. L’attitude de la gauche pousse vers la clandestinité celles et ceux qui ne se satisfont plus du seul mot d’ordre de « paix en Algérie ».

    En 1956, les Jeanson hébergent leurs premiers hôtes algériens. Salah Louanchi, responsable de la fédération française du FLN, est l’un de leurs invités privilégiés. « Il lui arrive, ainsi qu’à d’autres militants algériens, de passer la nuit dans l’appartement que Francis et Colette ont loué au Petit Clamart. Il demande aussi certains menus services : par exemple, d’être conduit en voiture d’un endroit à un autre », écrivent Hervé Hamon et Patrick Rotman dans leur enquête minutieuse sur Les Porteurs de valises (Albin Michel, 1979).

    Etienne Bolo, professeur de philosophie et lecteur au Seuil, présente aux Jeanson la jeune Hélène Cuenat. Cette enseignante en lettres, militante en rupture de ban avec le Parti communiste (le PCF exige des camarades soutenant le FLN qu’ils rendent leur carte), va devenir le numéro deux du réseau et la compagne de Francis Jeanson. « Lorsque je repense au Jeanson de cette époque, praticien, organisateur, je me dis que le fait d’avoir dirigé une collection dans une grande maison d’édition l’avait préparé à ce passage sur le terrain, note-t-elle dans La Porte verte (éd. Bouchène, 2001). Il fonctionnait avec les mêmes outils, fiches détachables, carnets à souche, planning, et puis simplement le papier et le stylo ! »

    TEMOIGNAGES DE TORTURES

    L’année 1957 est marquée par la valse des gouvernements : Guy Mollet, Bourgès Maunoury, Félix Gaillard. A Alger, les « paras » du général Massu généralisent l’emploi de la torture. Les témoignages sur leurs exactions (Pour Djamila Bouhired, de Georges Arnaud et Jacques Vergès, en 1957, Contre la torture, de Pierre Henri Simon, la même année, La Question, d’Henri Alleg en 1958, L’Affaire Audin, de Pierre Vidal Naquet, en 1958) confortent Francis Jeanson dans ses choix et attirent à lui les sympathisants. « Si nous avions pu passer des petites annonces, nous aurions refusé du monde », confiera le philosophe.

    Le 2 octobre 1957, date officielle de la création du réseau, les tâches sont soigneusement réparties. Omar Boudaoud, qui a remplacé Salah Louanchi à la tête de la fédération française du FLN, fait pression en ce sens. Francis Jeanson gère notamment l’hébergement (l’ « hôtel »), Hélène Cuenat et Etienne Bolo les déplacements (le « taxi »). Les renforts ne manquent pas : le journaliste Jacques Vignes sera chargé du franchissement des frontières. Henri Curiel va mettre au service du réseau son charisme et ses contacts avec le Parti communiste. Et superviser les transferts d’argent vers la Suisse.

    MALLES DE LUXE

    Quel argent ? « Les sommes récoltées chaque mois auprès des Algériens de France, au titre de l’ « ichtirak » (l’impôt révolutionnaire), étaient remises aux porteurs de valises, centralisées dans une dizaine d’appartements parisiens, puis entreposées dans trois autres où un décompte minutieux était effectué. Un dernier appartement centralisait la collecte », détaille Gilbert Meynier dans Histoire intérieure du FLN (Fayard, 2002). Ces flux sont réguliers : quatre cent millions de francs par mois (l’équivalent de plus de six millions d’euros 2009), estime t on. De six à dix valises de billets ! Pas vraiment des valises, d’ailleurs, plutôt des malles de luxe, transportées par les femmes du réseau.

    A partir de 1958, le FLN rétribue les principaux membres du réseau : Francis Jeanson, Hélène Cuenat et Jacques Vignes. Chacun touche soixante quinze mille francs par mois (mille deux cent euros 2009). Francis Jeanson n’élude ni les critiques sur les salaires, ni celles sur l’argent transféré ou la manière dont il est utilisé par le FLN. Dans son second pamphlet, Notre guerre (Editions de Minuit, 1960), il fait face à ses détracteurs. «  L’argent, écrit il, sert parfois à acheter des armes, et il arrive que ces armes soient dirigées contre certains Français : telle est sans doute, aux yeux de l’opinion, notre faute majeure ».

    Cette « faute » leur sera d’autant plus lourdement reprochée que le FLN a choisi, en 1958, de porter la guerre en métropole. Dans la nuit du 25 août, des « objectifs industriels », commissariats et casernes sont attaqués dans toute la France. Le 15 septembre, Jacques Soustelle échappe de peu à un attenta en plein Paris. La police et le FLN s’affrontent. Les Algériens du FLN et ceux du Mouvement national algérien (MNA) s’entretuent.

    1959 : le réseau Jeanson redouble d’activité. S’y côtoient, autour du noyau dur initial, des courants divers : artistes et comédiens recrutés par Jacques Charby, prêtres ouvriers regroupés autour de l’ abbé Davezies, anciens soldats, déserteurs ou pas, comme Jean Louis Hurst, Gérard Meïer ou Robert Bonnaud. Les « porteurs de valises » ont leur bulletin d’information, Vérités pour. Ils étendent leurs ramifications en province (à Lyon, à Grenoble, à Marseille), nouent des contacts à l’étranger (en Suisse, en Belgique, en Allemagne). Un faussaire de génie, mi artisan mi artiste, met ses talents à leur service : Adolfo Kaminsky.

    Entre Jeanson et Adolfo Kaminsky, l’accord est immédiat. « Nous étions peu nombreux, dans le réseau, à avoir l’expérience de la Résistance durant la seconde guerre mondiale, se souvient Adolfo Kaminsky, une connaissance du terrain et de la clandestinité qui faisait défaut aux plus jeunes. Nous savions, aussi, que la guerre d’Algérie ne mettait pas directement notre vie en danger : nous ne risquions pas vraiment notre peau, les Algériens si ». Quand ils se sentent « filés », les deux acolytes s’en amusent presque. « Il paraît que la police s’intéresse à nous de plus en plus »? Peut on lire dans Vérités pour, le 12 octobre 1959.

    La toile policière se resserre, jusqu’aux arrestations de février 1960. Francis Jeanson, s’il échappe à la DST, est contraint de passer le flambeau à Henri Curiel (il sera lui-même arrêté le 20 octobre 1960). « L’Egyptien a ses propres troupes, détaille Marie Pierre Ulloa, avec à leur tête Georges Mattei, qui hérite des « valises », soit de la centralisation et de la comptabilisation de l’argent, Jehan de Wangen des filières de passage aux frontières, et Martin Verlet des JR, Jeune Résistance (filière d’évasion et d’hébergement pour insoumis et déserteurs en Algérie) ». Le réseau se réorganise sans Jeanson. Le philosophe se permet encore un pied de nez aux forces de police : le 15 avril 1960, en plein Paris, il tient une conférence de presse clandestine mais retentissante. L’occasion de justifier une nouvelle fois son engagement auprès du FLN : « il fallait que fussent mis en œuvre les préceptes de cette gauche devenue platonique; en particulier sur la solidarité avec les peuples coloniaux. Il fallait que demain, une fois acquise l’indépendance de l’Algérie, des liens fussent encore possibles entre elle et la France ». L’écrivain Georges Arnaud relaye ses propos dans Paris Presse. Un « scoop » cher payé : l’auteur du Salaire de la peur sera poursuivi pour non dénonciation de malfaiteur.

    DROIT A L INSOUMISSION

    Le 5 septembre 1960 s’ouvre à Paris, devant le tribunal militaire, le procès du réseau Jeanson. Les noms des vingt quatre accusés - six algériens et dix huit métropolitains poursuivis pour « atteinte à la sureté extérieure de l’Etat » - sont encore largement inconnus des Français. C’est sans compter la détermination de leurs avocats (vingt six !) chargés de leur défense, dont Jacques Vergès et Roland Dumas. Sans compter non plus la diffusion par les Editions de Minuit, ce même 5 septembre 1960, du Manifeste des cent vingt et un sur le « droit à l’insoumission ». Paraphée par cent vingt et une personnalités publiques (André Breton, Françoise Sagan, Simone Signoret), cette déclaration marque la remobilisation de la communauté intellectuelle représentative d’une partie de la gauche. « En quelques jours, la situation est renversée : c’est le gouvernement, l’armée, leur politique, c’est la guerre d’Algérie tout entière dont le procès commence », commente Marcel Péju, des Temps modernes, dans sa préface au Procès du réseau Jeanson, la reproduction des minutes du procès publiée en 1961 par François Maspero.

    Le verdict est rendu le 1° octobre 1960. Dix ans de prison pour quatorze de ses membres : c’est le cas de Jeanson, condamné par coutumace, d’Hélène Cuenat, de Jacques Vignes, de Cécile Marion, de Dominique Darbois et de Jean Claude Paupert. Le retentissement du procès est perceptible dans les sphères intellectuelles, politiques, militaires, étudiantes. Aux yeux de Français de plus en plus nombreux, l’indépendance de l’Algérie semble inéluctable.

    Lorsqu’elle est proclamée, le 5 juillet 1962, certains « porteurs de valises » gagnent l’Algérie. Ce sont les « pieds rouges », en opposition aux pieds noirs rentrant en métropole, auxquels la journaliste Catherine Simon vient de consacrer une vaste enquête. Francis Jeanson, lui, ne suit pas le mouvement. Son but est atteint. Il pose ses valises, sans rien renier de son engagement.     
     
    Demain au service la France pour sa colonisation ..Pieds Noirs 9A..
     
     

        LES PORTEURS DE VALISES  Demain au service la France pour sa colonisation

    LES PORTEURS DE VALISES
    Recueilli par Sivéra

    LES COLLABOS DES ÉGORGEURS DU FLN
    Source : LE CRAPOUILLOT N° 109-mai-juin 1992, pages 44 ;45 ;46 ;47 ;48.)

    Le réseau Jeanson a vu le jour ou plutôt l'ombre des bas-fonds, le 2 octobre 1957, au Petit-Clamart. Auparavant, on n'avait eu à déplorer que des initiatives et prises de position personnelles. Des noms tristement célèbres viennent à l'esprit : Mandouze et ses amis, l'aspirant Maillot, sa désertion et son camion d'armes, Rousset , le premier Européen qui aida le FLN en métropole ; Etienne et Paule Bolo ; les Chaulet : Pierre, médecin, Colette, Anne-Marie, la fiancée de Salah Louanchi, chef du FLN en France.

    Quatre feuilles ont pris parti pour la rébellion : L'Express, France-Observateur, Le Monde et Témoignage Chrétien. Chaque événement un peu spectaculaire a été mis à profit par des intellectuels imprégnés de « l'esprit de la Résistance », alibi de toutes les outrances.

    Après son arraisonnement en plein vol, le 22 août 1956, Ben Bella parle, donne des noms ; Mandouze est arrêté. Aussitôt Robert Barrat, François Mauriac, Jean-Marie Domenach, André Frossard, Georges Suffert prennent sa défense - Mandouze est relâché ainsi que Cécile Verdurand, boîte aux lettres du FLN et Anne-Marie Chaulet.
    La défenestration à El-Biar, accidentelle ou suicidaire, de Me AIi Bournendjel, indigne René Capitant, Paul Teitgen. Et surtout un général extrêmement « républicain », Pâris de la Bollardière, commandant l'Atlas blidéen, demande à être relevé de ses fonctions ; il est rare qu'un militaire de haut rang doive sa célébrité à une démission en rase campagne...

    Touche pas à mon « frère »

    Depuis des années, le rôle de la Mission de France est pour le moins curieux. On y lit Hegel et l'Huma en revenant de l'usine ou du séminaire, pour se convertir au monde ouvrier au lieu de le convertir. Davezies, Urvoas feront des émules, prédestinés par leur passage à Lisieux à aider les « frères » et les « copains », avec l'absolution d'évêques dans le vent. L'abbé Urvoas est l'un des initiateurs du rendez-vous du Petit-Clamart.

    Qu'a fait jusqu'ici Francis Jeanson ? Il a, pendant - la Deuxième Guerre mondiale, découvert une Algérie trop « vichyste » à son goût. Après la guerre, il visitera avec sa femme, une partie du pays et palabrera interminablement avec les autochtones. Ils ont écrit tous les deux Colette un fascicule sur l'accouchement sans douleur, Francis plusieurs ouvrages philosophiques, notamment un Sartrequi fait, comme on dit, autorité.

    En 1955, ils ont publié L'Algérie hors la loi (Seuil), qui dit en substance - « Les départements d'Algérie ne sont pas soumis aux lois de la République ; il faut soutenir la juste cause des acteurs du mouvement national algérien. »
    En passant, le livre prend fait et cause pour ce que Témoignage Chrétien et d'autres journaux appellent la « révolte des rappelés »,ensemble de chahuts de gares et de mini-mutineries de soldats excités par la bière et chauffés par des agitateurs « pacifistes ».

    Le ler juin 1957, le Mouvement de la Paix, émanation de Moscou, organise, au siège de la Fédération de la Métallurgie CGT, un « débat » sur le problème algérien. Les prêtres-ouvriers tiennent le haut du pavé, fraternellement unis aux soutiens laïcs des Frères. Conséquence logique : le 2 octobre, chez Jeanson, tout ce beau monde définit en choeur les grandes lignes d'une action d'aide directe au FLN qui, en France comme en Algérie, élimine le MNA rival par des procédés que réprouvent poliment Barrat, Bourdet, Daniel, Martinet, Suffert et consorts.

    Les « taxis » de la Seine

    L'aide aux rebelles comportera diverses activités : hébergement, recherche de planques et véhicules sûrs, franchissement de frontières, transport et transfert de fonds, recrutement continu.
    L'hébergement ne posera guère de problèmes. Comme l'écrivent béatement les auteurs de "Les porteurs de valises" (Albin Michel),'Hervé Hamon et Patrick Rotman, « héberger un Algérien, ce n'est pas obligatoirement aider le FLN, ce peut être soustraire un homme à l'arrestation, à la torture ». Passez muscade et sortez votre carnet d'adresses.

    Tout baigne également pour les « taxis ». On trouve facilement des chauffeurs bénévoles : Hélène Cuénat, Etienne Bolo, entre autres. C'est, Francis Jeanson lui-même qui se charge d'indiquer les heures et itinéraires ; en cas de besoin, le FLN France dispose de taxis véritables conduits par des « frères » ; « il s'y règle, en roulant, maints problèmes »...
    Restent deux gros morceaux : le franchissement des frontières et le blanchiment de l'argent.

    Depuis ses premiers contacts avec Salah Louanchi, Francis Jeanson joue couramment le rôle du chauffeur-livreur-passeur. Après la réunion du Petit-Clamart, il organise de véritables filières, avec des amis dévoués à la cause qui deviennent des spécialistes. Ainsi deJacques Vignes,Ami d'enfance de Jeanson, Vignes, qui se morfond à la tête d' une petite entreprise familiale bordelaise, se jette dans les bras du FLN sans se faire prier. Il quitte Bordeaux pour Paris, y devient journaliste sportif, à la rubrique voile, sa passion, sous le pseudonyme de Philippe Vigneau. La voile lui laisse des loisirs ; utilisant sa connaissance de la région frontalière, il rend très opérationnelle une filière sur l'Espagne;

    Des Mercedes à plaque CD

    Le processus est immuable. Le FLN attendu à l'antenne de Madrid est pris en charge par Etienne Bolo, Davezies ou Vignes.
    Une voiture « ouvreuse » et le « taxi » font halte pour la nuit dans une villa relais d'Ascain,Paule Bolo s'est établie avec ses enfants : une maison occupée en permanence de façon « bourgeoise » ne saurait attirer les soupçons. Le passage de la frontière s'effectue le lendemain, à pied, à travers un sous-bois. Des véhicules, parfois Mercedes à plaque « corps diplomatique »,attendent le(s)-voyageur(s) sur le versant espagnol. Les FL (Frères larbins) quittent le(s) FLN et tournent les talons, mission remplie.

    Si le transport des cadres est important, le convoyage des fonds l'est plus encore. Il s'agit de sommes énormes. C'est très exactement l'argent d'un racket organisé. Les quatre cent mille Algériens - qui vivent en France sont tous taxés « par la persuasion et par la force » : deux mille francs 1957 mensuels pour les salariés, un pourcentage sur le chiffre d'affaires pour les commerçants, les professions libérales ou mal définies.

    Des caissiers délicats

    Les porteurs de valises vont chercher l'argent collecté par les Frères dans les villes de province, l'entreposent et le comptent dans le secret, d'appartements parisiens prêtés par des sympathisants. Le travail demande une forte main d’œuvre : comptage, recomptage, confection de liasses « convenablement présentées » (Jeanson), etc. « Des membres du réseau, à l'odorat chatouilleux, sont restés traumatisés par l'épouvantable odeur que dégageaient ces monceaux de billets » ; (cela ressemble à du Chirac), c'est,du Rotman-Hamon.

    Ces liasses si convenablement présentées ont forcément une odeur, qui n'indispose en réalité personne, pas même le délicat Robert Davezies. C'est l'argent extorqué au travail, certes ; mais aussi celui de la drogue, des hôtels de passe, des bordels, du bonneteau, des tripots chics.

    Début 1958, la masse monétaire à passer chaque mois en Suisse s'élève à quatre ou cinq cents millions. Un instant utilisée avec plus ou moins de bonheur, la valise diplomatique a vite été abandonnée, à cause de l'indélicatesse d'un diplomate. Francis Jeansonutilise dès lors les services d'un courtier qui, moyennent honnête ristourne, transmet les fonds à Genève et probablement ailleurs.

    Pas exactement la totalité des fonds. Une somme correspondant à un peu moins de un pour cent est allouée aux porteurs : trois millions en tout Là-dessus, il faut payer quelques permanents ; les Jeanson, les Bolo, Hélène Cuénat, etc. touchent soixante-quinze mille francs par mois. Il reste de l'argent pour, les voitures, les frais d'hôtel et de blanchisserie.

    Un passeur, sachant passer

    Très vite, le courtier est remplacé par un agitateur professionnel de grande classe, si l'on peut dire. Un jour d'automne 1957, Robert Barrat a présenté à Jeanson un certain Henri Curiel, communiste égyptien,
    « internationaliste coupé de tout parti »
    (Jeanson), mais pas de la finance internationale où ce fils de banquier a conservé d'utiles appuis. C'est lui qui va désormais s'occuper de passer la majeure partie de l'argent. Les liasses qui viennent des usines, des arrière boutiques, des gourbis et des claques sont rangées dans des cartons de boutiques de luxe, qu'un chauffeur de maître transporte dans une banque, toujours la même. Un coup de télex à un père dominicain établi en Suisse, et l'argent se retrouve là-bas comme par miracle, prêt à se transformer par l'opération du Saint-Esprit en dynamite et fusils-mitrailleurs.

    Passent Guy Mollet, Bourgès-Maunoury, Félix Gaillard, Robert Lacoste. Passe Sakiet-Sidi-Youssef, base FLN bombardée ;passent, le cas Alleg et l'affaire Audin. Passent les palabres interminables entre les communistes officiels et Francis Jeanson (rencontres avec Laurent Casanova, Waldeck Rochet, Kriegel-Valrimont) qui en fait parvenir des comptes rendus détaillés au FLN. L'action, qui prime, passe par le recrutement et la propagande, l'un et l'autre battant leur plein, de conserve.

    Entrée des artistes

    Les saltimbanques sont plus sensibles aux arguments de Francis Jeanson que les moscoutaires du carrefour Châteaudun. Exemple type de recrue issue des tréteaux : Jacques Charby. Fils d'un typographe cofondateur de Révolution prolétarienne, créateur avec Daniel Sorano et d'autres du Grenier de Toulouse, marié à une élève de Mandouze, Aline Bouveret, abonné au Nouvel Observateur, Charby découvre le FLN comme d'autres rencontrent Dieu et décide de l'aider. Par Anne-Marie Chaulet, puis par Colette Jeanson, Charby rencontre le chef du réseau, qui le charge de trouver des « planques » ; tâche facile dans l'accueillant milieu artiste.
    Un soir, il appelle une de ses relations de scène, Cécile Marion , et lui demande d'héberger « quelqu'un » le soir même ; sans demander « qui est-ce ? », elle acquiesce ; voilà un oui plein d'avenir : ce « quelqu'un », c'est Colette Jeanson.
    Ancienne comédienne (elle a joué en 1954 en Algérie avec Alain Cuny) passée à la médecine, Laurence Bataille, boîte aux lettres FLN remarquée par Francis, monte en grade : elle collecte l'argent avec Robert Davezies. Un sien cousin musicien, « aux dons multiples », rejoint le réseau.


    Il n'y a pas dans la troupe que des acteurs. Voici plus grave : un émule de l'aspirant Maillot , le sous-lieutenant Jean-Louis Hurst, fils d'un notable alsacien, sonne en juin 1958 à la porte de Mandouze, à Strasbourg. Quelques semaines plus tard, l'officier français « passe » à la frontière sarroise « des rebelles algériens que ses collègues, sous le même uniforme, traquent dans les djebels » (Hamon-Rotman).

    Il déserte officiellement en août 1958, peu après avoir reçu sa feuille de route pour l'Algérie. Avant de se perdre dans la clandestinité - il assurera maints passages en Allemagne il recrute un deuxième classe nommé Gérard Meier et lui donne une adresse refuge à Yverdon, en Suisse. En mai 1959, Gérard Meier, Louis Orhant, ouvrier métallurgiste, et Jacques Berthelet, principal correspondant à Lausanne de Jeanson, formeront le noyau « vétérans » de Jeune Résistance. Le mouvement tiendra sa première réunion en Forêt Noire, chez un nazi repenti et converti au pacifisme, la deuxième à Mayence, dans un local des Jeunesses socialistes allemandes. Socialisme internationaliste, quand tu nous tiens...

    Des tueurs dans Paris

    Le 15 septembre, avenue de Friedland, Jacques Soustelle échappe à un attentat à double détente. Le premier agresseur, Mouloud Ouraghi, manque sa cible et couvre sa fuite au jugé ; il blesse plusieurs personnes et doit la vie à des policiers qui le sauvent de justesse du lynchage. Le second tueur, Abdel Cherrouk, manque lui aussi sa cible, s'introduit dans une Aronde qui passait par là, mais un motard parvient à sa hauteur et le crible de balles. Un troisième tueur, Ben Zirough, est arrêté. Un groupe de protection réussit à prendre la fuite.
    Le commando a transité en avril par la frontière espagnole au cours d'une opération de routine, Jacques Vignes et Robert Daveziesont introduit en France une dizaine d'Algériens. Davezies écrira plus tard : « Que de jeunes Algériens dont j'ai été le passeur aient tiré sur Soustelle, cela ne me concerne pas. Je ne suis pas algérien, je ne participe pas aux décisions politiques et militaires des Algériens,je suis français. »

    Abdel Cherrouk et Mouloud Ouraghi sont condamnés à mort à l'aube de 1959, l'année où le réseau tourne à plein rendement. Au siège de leur société de production cinématographique, aux Champs-Elysées, Serge Reggiani et Roger Pigaut abritent des rencontres entre les chefs de wilayas. Charby a recruté André Thorent, qui a joué le Russe dans L'Amour des quatre colonels. Haddad Youssef, dit Haddad Hamada, coordonnateur du FLN en France, loge souvent chez l'acteur Paul Crauchet et le réalisateur de télévision Jacques Trebouta (son confrère Raoul Sangla achète, lui, un appartement pour le compte du FLN). Les Frères peuvent également utiliser les complaisances d'enseignants comme Janine Cahen de Mulhouse et Micheline Pouteau, professeur d'anglais à Neuilly.

    La DST attaque

    Mais, pendant qu'ils conduisent, transportent, couvrent, hébergent, protègent, ravitaillent le FLN, la DST accumule rapports, photographies, dossiers, preuves.
    Le 19 janvier 1960, rue d'Ormesson, Haddad Hamada dîne avec Allaoua Daksi chez Said Hannoun. Après le repas, les trois hommes décident d'aller prendre un café dans un bistrot du boulevard Beaumarchais où ils ont leurs habitudes. Ils viennent de commander un café lorsque plusieurs policiers les encadrent. Serein, Haddad Hamada exhibe une carte d'identité au nom de Guy Bensimon ; un chef-d'oeuvre ; les Frères disposent de papiers fabriqués par un expert, un juif polonais ancien de l'Irgoun nomméAdolfo Kaminski et surnommé « Joseph ». Mais les policiers ne s'y laissent pas prendre et embarquent les ,,trois hommes pour la rue des Saussaies.

    Dans les heures et les jours qui suivent, la plupart des « têtes » du réseau sont interpellées : Hélène Cuénat, Gérard Meier, Jacqueline Carré, Janine Cahen, Jean-Claude Paupert, Jacques Charby, Georges Berger, Micheline Pouteau, Jacques etYvonne Rispal, etc. Le juge Batigne les inculpe d'atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'État. Les hommes dont le nom commence par A, B, C... jusqu'à L partent pour Fresnes, les autres pour la Santé. Les femmes vont toutes à La Roquette.

    Les « Effelènes »

    Ces femmes, le pays va les découvrir avec stupéfaction. La presse consacre aux soeurs des Frères de vastes espaces. Sept, ont les honneurs de la Une de Paris-Presse (27 février 1960) ; pour 0,25 NF, vous aviez droit, ce jourlà, à sept photos légendées, sur toute la largeur de la page. Gloria de Herrera, « artiste peintre » américaine, et Vera Harold, céramiste bordelaise, ouvre la marche. Dans l'appartement qu'elles partageaient, se tenaient de nombreuses réunions « d'où les hommes étaient exclus ». Suivent Hélène Cuénat (Claire Allard), Dominique Darbois, photographe ; Cécile Marion ; Jacqueline Carré, camarade de couette et « couverture » du fervent catholique devenu passeur fellouze Gérard Meier ; en fin de rang, la jolie Christiane Grama, étudiante en médecine montée à Paris en compagnie du chef de la wilaya Paris-périphérie.
    Ces sept femmes et viragos sont des échantillons très représentatifs de porteuses. Hamon et Rotman l'affirment, « la majorité d'entre elles agit par conviction » ; mais la conviction n'empêche pas les sentiments, comme pouvait le laisser supposer le cri du coeur d'une prisonnière : « Les Français n'arrivent pas à la cheville des Algériens. »

    Conférence de presse

    Le chef du réseau fellagha est en liberté. Francis Jeanson a échappé à la DST. Régulièrement tenu au courant des progrès de l'instruction par son avocat, Me Dumas, « sympathisant »,il tente un coup d'audace et de publicité en donnant le 15 avril 1960 une conférence de presse clandestine en plein Paris. Y assistent quelques représentants de la presse amie, non seulement maghrébine - il est normal que les commanditaires soient représentés - mais aussi française. Le journaliste le plus connu s'appelle Georges Arnaud(Le salaire de la peur).

    En substance, Francis Jeanson annonce que, malgré le coup de filet de la DST, son organisation reste opérationnelle et continue la lutte contre « le fascisme qui menace la France ». Le coup de pub serait un énorme bide sans une erreur de la DST. Georges Arnaud, qui a rendu compte de la conférence dans Paris-Presse, est arrêté pour « non dénonciation de malfaiteurs ». Deux cents journalistes signent une « pétition de solidarité ».
    Prudent, Jeanson, par une filière qu'il connaît par cœur, passe en Suisse immédiatement après la parution et la saisie de Notre guerre ; il analyse dans ce livre les torpillages, les embûches, les trahisons dont il a été victime de la part de ses propres amis. Henri Curielest nettement visé et pour cause : depuis des mois, patiemment, l'Egyptien bolcheviste étoffe le réseau Jeanson en le truffant d'amis communistes et trotskystes. Quand Jeanson rentre à Paris, fin mai, tout est consommé. Un nouveau réseau a vu le jour en lieu et place du sien : mieux cloisonné en cellules, sections, unités et sous-groupes, le MAF (Mouvement anticolonialiste français) continue à passer des capitaux en Suisse.
    Signez, signez...

    Des capitaux mais aussi des armes ; le 10.mai 1960, on découvre chez une étudiante allemande nommée Inge Huscholz, du sous-groupe Davezies, cent vingt-sept mitraillettes dans neuf valises ; l'aide aux Frères a changé de calibre.
    Ce qui n'empêche pas deux cents « intellectuels » de signer ce qui s'appelle désormais, pour leur honte, « le manifeste des 121 », rédigé par Maurice Blanchet. Solidaire des porteurs de ,valises, ce texte admet le droit à l'insoumission : « Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d'apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français », etc.,
    Sartre et Simone de Beauvoir signent avant de partir en vacances et passent la pétition. Comme moulouds de Panurge, les vieux habitués suivent. Il y a là-dedans des « noms » : dans un certain désordre, Pierre Boulez, François Truffaut, Danièle Delorme, Françoise Sagan(1), Catherine Sauvage, Alain Cuny, Alain Resnais, Simone Signoret sans Montand, André Mandouze.Les prospecteurs de signatures tombent sur un bec : Léo Ferré les éconduit. Morvan Lebesque signe dans un premier temps puis se rétracte. Au grand mécontement de son papa, Florence Malraux signe ; ce n'est pas le premier service qu'elle rend au réseauJeanson.

    Guérilla dans le prétoire : « Au sein du collectif », Me Jacques Vergès.

    Naturellement, les « pétitionnaires » sont passibles de la loi ; beaucoup, n'attendent qu'un procès pour que l'on parle enfin d'eux ; ils seront déçus.' Pour l'instant, seul monopolise l'attention paresseuse de la gauche le procès des porteurs et des Frères arrêtés en janvier. Il s'ouvre le 5 septembre.

    Ils n'ont pas tous les mêmes avocats. Ce doit déjà être assez dur pour les Algériens de se retrouver dans le même box de l'ancienne prison du Cherche-Midi que leurs valets. S'il leur fallait en plus supporter défense commune... Les FLN sont défendus par un collectif :MMe Oussedik, Benabdallah, Zavrian, Vergès et Courrégé. Parmi les conseils des porteurs, citons Me Gisèle Halimi et MeRoland Dumas.
    Tous ont en commun des consignes strictes, qui se résument en trois points : faire durer ; retourner le procès et terroriser le tribunal ; démontrer, par l'absurde.. que l'Algérie n'est pas la France.

    C'était prévisible : tous les avocats vont s'employer, en se renvoyant constamment la balle, à bafouer la justice.

    Ecœurée par cette succession d'incidents de procédure sans justification, Me Gisèle Halimi se désolidarise au bout de quelques jours de cette pantalonnade. Me Dumas reste. «La veille de sa suspension par contumace, l'ami Vergès lui a bel et bien lancé un défi, haussant toujours la barre, histoire de vérifier jusqu'où s'aventure un avocat bourgeois». (Rotman-Hamon). Docile toutou, Me Roland Dumas saute de plus en plus haut, va de plus en plus loin, jusqu'à l'inadmissible...

    A la place d'un témoignage écrit, très attendu, Jean-Paul Sartre, en voyage au Brésil, n'a envoyé qu'un télégramme affirmant son «entière solidarité ». Qu'à cela ne tienne. Marcel Péju, des Temps Modernes, familier de Sartre et grand admirateur de Jeanson,apologiste de la désertion, commet un pastiche avec l'accord du philosophe ; Claude Lanzmann apporte quelques retouches,Paule Thévenin dactylographie, Siné signe « Sartre ». On joint le faux au télégramme et le tour est joué. Le 20 septembre, Dumasdemande au tribunal l'autorisation de lire une lettre qu'il vient de recevoir de Sartre. Et l'avocat lit le faux, qui développe le thème de la « solidarité totale » avec les porteurs de valises. Cela ne l'a pas empêché de devenir ministre des Affaires étrangères...

    Henri Curiel, enfin ...

    Le ler octobre 1960, le verdict tombe. Par contumace (il coule d'heureux jours à Nyons, en Suisse, sa villégiature de prédilection), Francis Jeanson est condamné à dix ans de prison, comme quelques autres accusés présents. Huit Français et un Algérien sont acquittés (parmi eux Lounis Brahimi et Paul Crauchet) ; Jacqueline Carré prend cinq ans ; Jacques Rispal trois ;Janine Cahen huit mois. Les condamnés attendront leur libération à Fresnes, dans d'excellentes conditions : ils publient un journal, portent leurs vêtements de ville et se promènent à peu près librement dans la prison. Il ne leur manque qu'un chef. Sera-ce Francis Jeanson ? Le 6 octobre, le philosophe est arrêté à Nyons, en compagnie de Cécile Marion. Il est libéré le 7 au matin, à cause de la perfection technique de sa fausse carte d'identité belge. Jeanson et Marion remontent en voiture, gagnent l'Allemagne, où Vignesvient les chercher pour les emmener en Belgique.

    Sera-ce alors Henri Curiel ? Traqué par la DST, peut-être renseignée par les services de renseignement américains ou autres, Curiel, pressé par ses lieutenants français et les Frères de quitter la France, temporise. Très habile à déjouer filatures et traquenards, parfois chanceux, il se sent en sécurité sur le territoire français où il peut à loisir mener le combat politique qui, seul, l'intéresse. Pour lui, « il n'est pas question de s'envoler comme des moineaux à chaque coup de pistolet ». Trop de confiance nuit ; le 20 octobre 1960, il est arrêté en compagnie de son bras droit, sa compatriote Didar Fawzy, dans l'appartement d'une figurante de cinéma nommée Arlette Denzler, doublure attitrée de Michèle Morgan.

    Pour Henri Curiel et Didar Fawzy, quatre jours d'interrogatoires précèdent la prison (il n'y aura jamais de procès). De Fresnes, Curielparvient à communiquer avec ses camarades libres. Les transports de fonds continuent sur le même rythme, selon la méthode habituelle ; les actions de propagande s'intensifient, surtout à l'adresse des forces stationnées en Allemagne. Pour les besoins de la cause, Curiel se rapproche de Hurst et de Davezies. Labbé est enfin arrêté à Lyon. Il y purge quatre mois de prison pour usage de faux papiers avant de rejoindre ses camarades à Fresnes.

    On s'évade beaucoup. « A l'extérieur, certains militants français se consacrent à la préparation des cavales. Des Jeunes qui ont vite grandi et qui s'appellent par exemple Alain Krivine ou Bernard Kouchner rôdent dans les fossés de Fresnes et relèvent les horaires des rondes. » (Hamon-Rotman).

    Pendant les pourparlers d'Evian, qui commencent le 20 mai 1960, les représentants algériens réclament l'indulgence pour les déserteurs et porteurs de valises ; ils seront naturellement entendus. Les réfractaires seront réintégrés, les porteurs de valises sortiront de prison avant l'heure, certains à l'occasion de la signature des accords.

    Jean-Pierre CHAPPUIS

    Liste non-exhaustive des porteurs de valisesFrançis JEANSON , Hélène CUENA, Dr. CHAULET et sa femme Anne-Marie, Jacques CHARBY , le professeur D'ALSACE et le professeur Pierre VEULLAY , les prêtres de la Mission de France: Abbés Pierre MAMET, Robert DAVEZIES, BOUDOURESQUE.
    Les acteurs Paul CRAUCHET ,André THORENT , Jacques RISPAIL , François ROBERT , Jacques MIGNOT , Jacques et LiseTREBOUTA , Serge REGGIANI , Catherine SAUVAGE , Roger PIGAUT , l'écrivain Georges ARNAUD , Georgina DUFOIX , GuyDARBOIS , Paul-Marie de la GORCE , Annette ROGER , Michel ROCARD , Jean DANIEL, Henri CURIEL et sa femme Rosette , Roland CASTRO , Hervé BOURGES , CASALIS , Gérard CARREYROU , Guy BRAIBANT , Pierre BOUSSEL , Marc BLONDEL , Christian BLANC , François AUTAIN , Pierre FRANK dit "Pedro", AlainGEISMAR , Jean GIOVANELLI , Bernard KOUCHNER , MarcKRAVETZ , Henri ALLEG , Françoise SAGAN , Bernard SCHREINER , Georges SUFFERT , Jacques VERGES , FrançoisMASPERO , Jacques MELLICK , Christian NUCCI , Claude OLIVENSTEIN , Jean—Marie PAUPERT , Jean-Louis PENINOU , MichelPEZET , René-Victor PILHES , Hubert PREVOT , Madeleine REBERIOUX , Pierre VIDAL-NAQUET .

    La Filière allemande :

    : Les trafiquants d'armes Georges PUCHERT (+), Dr. KRUGER, Ernest SPRINGER , Otto SCHLUTER , Marcel LEOPOLD (+ Suisse).

    --==oOo==----

    (1 )Dans "Paris-Match"du  30 septembre 2004,
    un cahier d'une trentaine de page sur Françoise Sagan.

     Extrait d'un article, signé Jacques-Marie Bourget :

    "En 1960, elle découvre la Guerre d'Algérie, et publie un papier dans "L'Express" pour sauver Djamila Bouchapa, de la torture.

    -Elle signe aussi "l'Appel des 121", qui soutient des soldats insoumis refusant de servir.

    -Elle rencontra Jeanson, le patron du réseau français de soutien au FLN.

    -Elle cacha des militants ou les exfiltra jusqu'à une frontière."

              

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